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Modifié le 10/03/2025
Même lorsqu’il est en parfaite santé, les besoins du chat âgé diffèrent de ceux du chat adulte, et adapter son alimentation peut contribuer à soutenir un vieillissement sain, et la longévité de l’animal.

Un animal âgé, c’est quoi exactement ?
On entend aussi parfois les mots mature, senior, ou gériatrique, quelles sont les différences ?
Aujourd’hui, les contours restent assez flous. Le consensus de l’AAHA, l’association américaine des hôpitaux vétérinaires pour animaux de compagnie, définit le stade senior comme correspondant au dernier quart de la vie de l'animal. Mais plusieurs publications vont plus loin en différenciant 3 stades : mature, sénior et gériatrique.
Le stade « mature » correspond à la première phase de vieillissement, lorsque les premiers changements physiologiques apparaissent, mais restent invisibles. L’animal est en bonne santé, mais cela devient intéressant de faire de la prévention, avec un suivi plus régulier et plus ciblé, et un accompagnement nutritionnel.
Au stade gériatrique, il convient d’aller davantage dans la correction des problèmes que dans leur prévention.
Pour le stade « senior », c’est entre les deux, c’est un stade où on commence à voir les modifications liées à l’âge, mais sans qu'une maladie y soit associée.
Sur le plan nutritionnel, on va parler de l’accompagnement de l’animal qui n’a pas encore basculé dans le vieillissement pathologique, c’est-à-dire plutôt les stades matures et senior. Le stade « gériatrique » est généralement le stade où l’animal bascule dans ce qu’on appelle le vieillissement pathologique, avec apparition de maladies comme l’arthrose ou la maladie rénale chronique.

A quel âge observe t-on ces différents stades ?
On considère que les chats sont matures à partir de 7 ans, et au stade gériatrique après l’âge de 15 ans.
Y a-t-il beaucoup de chats âgés en France ?
Oui, car les chats vivent plus longtemps qu’avant. En 20 ans, l’espérance de vie moyenne des chats a augmenté de près de quatre ans. Aujourd’hui, plus de 40% des chats en France ont plus de 8 ans.
Pourquoi les besoins nutritionnels évoluent ?
Avec l'âge, le métabolisme va changer, notamment la manière de digérer, l’activité, le renouvellement des cellules et des organes. Cela engendre plusieurs modifications, la première étant celle du besoin énergétique.
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L'évolution des besoins énergétiques
En première phase de vieillissement, les chats ont tendance à avoir des besoins énergétiques qui diminuent. En seconde phase de vieillissement, à l’inverse, ils auront des besoins énergétiques qui augmentent. En moyenne, cette inversion des besoins se fait vers l’âge de 12 ans chez le chat, mais cela reste une moyenne, tous les individus sont différents ! En pratique, cette augmentation des besoins énergétiques est visible, car le chat commence à perdre progressivement du poids, et ce en dehors de tout contexte pathologique.
Quel aliment donner à un vieux chat ?
Comment prendre en compte cette modification des besoins énergétiques dans l'alimentation du chat âgé ?
De façon tout à fait pratique, si vous voyez votre chat mature prendre du poids en ne changeant pas sa ration, alors il faut réagir afin de prévenir le surpoids ou l'obésité. Les conséquences du surpoids ou de l’obésité sont en effet plus graves chez l’animal senior, qui du fait de son âge est déjà prédisposé à plusieurs maladies chroniques. Rationner l’aliment en cours plus sévèrement peut être inadapté, car cela peut conduire à des carences en nutriments essentiels. A ce stade, il est prudent de choisir un aliment avec une densité énergétique diminuée, généralement inférieure à 3500 kcal/kg, voire encore moins si l’animal est sédentaire. A l’inverse, si l’animal maigrit malgré des rations augmentées, il est préférable de choisir un aliment calorique, avec une densité énergétique autour de 4000 kcal/kg.
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Adapter l'apport en protéines
La plupart des besoins en nutriments essentiels reste constant, sauf cas particuliers. Concernant les protéines, le besoin par rapport à un animal adulte est stable à augmenté. Il faut donc avant tout choisir un aliment avec des protéines de bonne qualité, c’est-à-dire avec un aminogramme équilibré et une bonne digestibilité. Et dans un second temps, éventuellement augmenter l’apport en protéines si cela ne suffit pas à maintenir une masse musculaire adéquate. Mais pour cela, le maintien d’une activité régulière est également important !

Quels sont les autres cas particuliers ?
Est-ce qu’il y a d’autres nutriments dont il faut augmenter ou diminuer l’apport ?
Le nutriment le plus important à prendre en compte chez l’animal âgé, tout particulièrement le chat, c’est le phosphore. Le phosphore est un minéral essentiel, qui est éliminé par le rein. Avec l’âge, il semblerait que le phosphore puisse être moins bien éliminé par voie rénale, voire engendrer une toxicité rénale dans certains cas particuliers. Chez l’animal senior, il est donc conseillé de modérer l’apport en phosphore. Il n’y a pas encore de consensus pour l’apport idéal, mais les études conseillent un apport entre 1,5 et 2 grammes pour 1000 kcal apportées par l’aliment. Cela est valable chez l'animal qui n'est pas au régime. Chez un animal en surpoids ou prédisposé au surpoids, comme l'apport calorique est réduit, alors l'aliment choisi pourra être légèrement plus riche en phosphore.
Quels nutriments qui ont un effet bénéfique sur l’animal senior ?
Chez l’animal en bonne santé, les nutriments bonus les plus intéressants car ayant le plus d’effets démontrés, ce sont l’EPA et le DHA, les acides gras oméga-3 issus des huiles d’origine marine, comme l’huile de poisson ou l’huile d’algues. Ces oméga-3 ont un effet anti-inflammatoire, ainsi qu’un effet protecteur sur la fonction rénale et la fonction cardiaque, et permettraient aussi de mieux accompagner le vieillissement cérébral. L’apport généralement conseillé pour cela est de 1g pour 1000 kcal apportées par l’aliment chez un animal qui n’a pas de restriction calorique. Enfin, un apport plus important en nutriments à effet antioxydant comme la vitamine E, le sélénium, la lutéine, le lycopène de tomate ou encore la taurine peut aider à limiter de vieillissement cellulaire.
Le processus de vieillissement comprend plusieurs phases chez l’animal, au cours desquelles des modifications physiologiques d’abord invisibles s’installent peu à peu. Au stade gériatrique, l’animal peut basculer dans le vieillissement dit pathologique, avec apparition de maladies chroniques. La nutrition s’intègre dans une prise en charge globale de l’animal, afin de lui permettre de vieillir dans les meilleures conditions possibles. Cela passe par le maintien du poids de forme, que l’animal ait tendance à grossir ou à perdre du poids, une modération de l’apport en phosphore, ainsi qu’un apport en nutriments pouvant soutenir l’organisme, comme l’EPA, le DHA et les antioxydants.