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Modifié le 24/01/2025
Les plantes invasives – ou plutôt envahissantes devrait-on dire puisque “invasif” est une traduction peu heureuse d’un terme anglais – sont au cœur d’un débat entre botanistes, horticulteurs, pépiniéristes et autres amoureux de la nature. Quels sont les végétaux concernés, à tort ou à raison, par cette large dénomination ? Petit tour d’horizon des Espèces Exogènes Envahissantes dont il faut se méfier, des plantes exotiques à maîtriser, des mauvaises herbes à arbitrer, de quelques autres à surveiller… et des divers moyens de les contenir !

Un point sur les plantes envahissantes et les espèces invasives
Pour simplifier on pourrait dire que les plantes envahissantes regroupent dans le jargon quotidien et l’inconscient collectif trois types de végétaux…
Les Espèces Exogènes Envahissantes
Les espèces dites invasives ou plutôt les EEE, Espèces Exogènes (ou Exotiques) Envahissantes font l’objet d’une liste très officielle. Cette liste répertorie donc les espèces introduites par l’homme en dehors de leur zone d’origine naturelle et qui ont un impact effectivement ou potentiellement néfaste, entre autre, pour la biodiversité de leur nouvel habitat. On y retrouve à ce jour, pour la zone Europe, plus de 60 espèces.
Cette liste inclut des plantes aquatiques et des plantes terrestres mais également des invertébrés, des poissons, des reptiles et amphibiens, des oiseaux ou encore des mammifères. Pour la France, on surveillera selon les régions des espèces aussi variées que la jacinthe d’eau, l’herbe de la pampa pourpre ou quelques variétés d’acacia, l’esturgeon sibérien ou l’écrevisse de Murray, frelons et coccinelles asiatiques.
Il ne faut bien entendu ne pas encourager leur introduction, signaler leur présence dans le milieu naturel et tout faire pour les maîtriser activement dans le domaine privé.
Les plantes exotiques

Il est important de préciser que toutes les espèces exotiques ne sont pas pour autant invasives. Certaines présentent des avantages pour le milieu, d’autres s’adaptent sans rompre l’équilibre. Nous chérissons la plupart d’entre elles au jardin pour leur qualité hautement ornementale.
On pourra en citer de nombreuses qui ne présentent pas de soucis et qui s’adaptent bien à la plupart de nos climats (en fonction de leur rusticité, elles nécessitent parfois une protection hivernale comme un voile d’hivernage par exemple).
La plupart des palmiers sur lesquels nous revenons largement dans notre article : Palmier, plantation, entretien et taille.
Nombre de plantes grasses comme les agaves, les cactus, les aloès, etc. Découvrez cette grande famille à travers notre articles sur les succulentes et nos conseils pour entretenir les cactus et les plantes grasses.
Le bananier que nous vous présentons dans notre article consacré à ses variétés, plantation et entretien et que vous pourrez également cultiver en pot ou encore les yuccas.
Des grimpantes comme la passiflore ou la bignone. Et la liste est encore bien longue…
Les “mauvaises herbes”

En réalité, des adventices devrait-on dire ! Car aux yeux de la biologie, des biologistes et des amoureux de la nature (au naturel !), l’herbe mauvaise n’existe pas.
Certaines de ces herbes mal-aimées surprennent même par leur utilité dès lors que l’on veut bien leur accorder un peu d’attention, ce que nous faisons dans notre article Quelles sont les “mauvaises herbes” du jardin dans lequel nous vous présentons, entre autres, les tenaces mais décoratifs liseron, chardon et prêle des champs, le vigoureux chiendent, les ravissantes renoncules et potentilles rampantes, les très utiles et par ailleurs comestibles ortie et pissenlit.
Des rampantes, grimpantes et couvrantes bien encombrantes
Chaque plante indésirable ou envahissante pourra faire l’objet d’une prise en charge. Une fois repérée, interrogez-vous sur les raisons qu’elles ont de vous déranger et trouvez une solution équilibrée, menez une action dans le respect de l’environnement. Petit tour d’horizon de quelques “mauvaises herbes” rampantes, grimpantes et couvrantes bien connus ou facilement repérables.
Le gaillet gratteron, quel pot de colle !

Vous ne connaissez peut-être pas son nom mais vous avez forcément croisé son chemin.
Tout droit venue d’Eurasie, cette longue tige carrée de près de 2 m de long, s’accroche aux vêtements lors de promenades dans les champs, investit les massifs en s’accrochant aux autres plantes pour grimper, rampe avec vigueur dans les rangs potagers et les champs de céréales.
À la vue, il n’est pas si désagréable que ça avec son vert lumineux, sa multitude de petites feuilles et sa longue floraison blanche. Au toucher, il est velu, agrippant à en être presque collant.
On le trouve souvent aux côtés des orties car comme elle, il affectionne les sols riches en général, riches en azote en particulier. Ce n’est d’ailleurs pas leur seul point commun puisque tous deux s’avèrent comestibles.
Des solutions manuelles et naturelles existent pour se débarrasser des sujets déjà installés. Pour l’ortie, un couvert bien opaque sera le plus efficace.
Le gaillet gratteron exige un arrachage systématique, manuellement car, peu enraciné, il se soulèvera facilement. Équipez-vous de gants de jardinage tout de même.
Arracher à la fourche-bêche, déraciner à la binette voire au couteau désherbeur seront des solutions à privilégier pour d’autres adventices particulièrement redoutables comme les eurasiens liseron des haies et herbes aux goutteux, l’américaine et très allergisante ambroisie à feuille d’armoise, la tenace renouée du Japon ou encore la préhistorique prêle des champs.
Retrouvez tous nos conseils pour un désherbage écologique et nos solutions pour éliminer les mauvaises herbes.
Un arrachage méticuleux sera presque toujours la règle dans le cas des adventices. Et les conseils qui suivent pour éviter leur réapparition seront également souvent applicables à tous.
Des astuces contre la (ré)apparition

Tonte ou fauchage réguliers réduiront généralement la prolifération de la plupart des adventices.
Pour éviter une nouvelle installation, évitez quand cela est possible l’utilisation excessive d’engrais (dans le cas du gaillet grateron ou de l’ortie, d’engrais azotés).
Dans les massifs ou sur des zones délimitées, le paillage sera un allié hors norme. Envie d’en savoir plus ? Découvrez comment choisir votre paillage et comment l’utiliser.
Vous pourrez également choisir l’option couvre-sol végétal en plantant de ravissantes pervenches – les petites, les Vinca minor – ou un très graphique lierre que nous vous aidons à choisir dans notre article sur les différentes variétés de lierre, leur plantation, culture et entretien.
Et pourquoi ne pas joindre l’utile à l’agréable en occupant le sol avec des engrais verts couvrants comme la vesce de printemps ou divers trèfles. Envie d’en savoir plus sur le sujet ? Découvrez nos conseils sur pourquoi et comment semer des engrais verts.
Dans le cas de zones en friche, une couverture totale pourra être une solution. Carton, bâche opaque, diverses solutions seront envisageables.
Surveillez une éventuelle repousse et arrachez dès apparition, avant la montée en graines qui favorise la prolifération.
Amenez vos déchets verts en déchetterie, ne les jetez pas dans un coin du jardin ou sur le tas de compost, ils y prolifèreraient de nouveau.
Petits arbustes et grandes herbacées à surveiller

En sous-bois, dans les champs, au jardin ou dans les pièces d’eau, certaines plantes exotiques prennent leur aise, parfois un peu trop. Une surveillance s’impose pour ne pas les laisser s’installer au détriment d’autres et devenir l’unique paysage. Petite revue de solutions.
Il ne s’agit pas, pour les plantes autorisées dans tous les cas, de les éradiquer mais bien de maîtriser leur évolution au jardin et de veiller à ce qu’elles ne “s’échappent” pas dans la nature.
Ainsi, ne vous privez pas de l’esthétisme d’un buddléia, plus communément appelé arbre aux papillons, mais assurez-vous de le tailler annuellement, juste après la floraison pour éviter la formation de graines et donc la prolifération.
Certaines plantes aquatiques, jadis communes et célèbres, sont à présent listées comme EEE, c’est le cas de la célèbre jacinthe d’eau, de diverses jussies ou encore de la salvinie géante.
D’autres plantes de bassin demanderont seulement à être contenues.

Les lentilles d’eau, par exemple, certes très esthétiques et lumineuses auront la fâcheuse tendance à se développer fortement et rapidement. Elles restent utiles en raison de l’ombre qu’elles apportent aux poissons de surface. Une solution ? La présence de poissons herbivores justement friands de lentilles d’eau. Découvrez-en plus sur le sujet avec nos articles Quels poissons choisir pour mon bassin de jardin et Comment nourrir ses poissons au bassin.
Des spécimens plus verticaux comme la thalie et son beau feuillage exotique ou le fenouil aquatique seront plantés dans des pots ou des paniers. Certaines plantes de berges pourront également être contenues par une barrière anti-rhizomes. Enfin là encore, une taille régulière et sévère permettra une certaine maîtrise.
Vous aurez de toute façon toujours des alternatives pour un décor végétal de qualité. Découvrez avec notre article quelles plantes aquatiques choisir pour un bassin de jardin.
La barrière anti-rhizome citée ci-dessus sera un obstacle de grande utilité pour de nombreuses plantes à rhizome traçants et à racines drageonnantes.
Sa pose sera indispensable lors de l’installation de la quasi-totalité des bambous. Découvrez cette monumentale graminée (plutôt considérée comme une plante arbustive d’ailleurs) dans notre article consacré au bambou, ses variétés et sa culture.
Dans la famille des graminées traçantes, on pourra également citer les élégants et non moins envahissants roseau commun et roseau des bois,
D’autres graminées comme les carex – dont la laîche du Japon – verront leur germination freiner par l’installation d’un paillage épais à leurs pieds.
Envie d’en savoir plus ? Retrouvez notre article sur les différentes espèces et variétés de graminées et leur culture.