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Jardin

Quelles sont les “mauvaises herbes” du jardin ?

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7 min de lecture

Modifié le 09/01/2025

Plutôt que l’appellation consacrée de “mauvaises herbes”, vous pourrez préférer le terme d’herbes indésirables ou encore d’adventices. Car si cette végétation spontanée nous dérange parfois pour la concurrence qu’elle fait à nos plantations ou pour des raisons esthétiques, elle reste un vecteur de biodiversité et présente parfois des qualités insoupçonnées. Ces herbes sont pour certaines si jolies que l’on peine à croire qu’elles n’ont pas leur place au jardin. Elles ont souvent des choses à nous dire sur notre environnement, la nature du sol, de l’air, la vitalité des lieux. Ainsi, si on s’en débarrasse, c’est après réflexion et avec méthode. Petit tour d’horizon de ses hôtes plus ou moins rebelles et des méthodes pour les maîtriser…



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Des “mauvaises herbes” vraiment très insistantes

Elles prennent place dans le jardin avec rapidité, aisance et persévérance. Traçantes, à stolons ou profondément enracinées, elles sont parmi les plus difficiles à maîtriser et à déloger…


Le liseron

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Ses jolies fleurs en trompette, blanches striées de rose ou parme très pâle parsèment de longues tiges pouvant atteindre le mètre. Le liseron des champs rampe, ondule, grimpe et se classe allègrement parmi les plus envahissantes des “mauvaises herbes”. En s’enroulant autour des tiges, le bien-nommé “boyaux du diable” étouffe ses victimes. Doté, qui plus est, d’un puissant système racinaire, il prend facilement ses aises, colonise et s’installe profondément, prenant la place et les nutriments destinés aux autres végétaux.

On doit tout de même lui reconnaître…

  • ses talents de marqueur, il signalera la présence d’azote et l’absence de silice dans le sol ;

  • son caractère mellifère, il séduit les pollinisateurs, bourdons, papillons… tout au long de l’été ; il attire également un efficace prédateur des pucerons, une minuscule mouche appelée syrphe ;

  • son apport au compost grâce à la richesse de sa composition en azote et oligo-éléments.

On s’en débarrasse…

  • au jardin, en supprimant impérativement ses racines par arrachage intégral et minutieux et en couvrant le sol densément ;

  • au potager, en ayant recours à des cultures couvrantes ou réputées nettoyantes, certains légumes comme la pomme de terre ou certains engrais verts.

Envie d'aller plus loin sur le sujet ? Découvrez pourquoi et comment semer des engrais verts.

Le chardon des champs

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Très présent en France, il y est déclaré comme nuisible. Feuillage dentelé piquant et très coriace, il s’enracine

en profondeur grâce à une racine pivotante de quelques

2 m de long et prolifère en surface grâce à un système de rhizomes horizontaux très dynamiques.

Certes la floraison mauve est du plus bel effet en été mais les graines qu’elle produit sont infiniment nombreuses, de dissémination facile dans un large rayon, ce qui fait du chardon des champs une plante particulièrement invasive.

On doit tout de même lui reconnaître…

  • son intérêt pour les insectes pollinisateurs.

On s’en débarrasse…

  • par un arrache régulier, répété, en profondeur ;

  • par la plantation de luzerne qui ferait disparaître le chardon, ou presque, en une ou deux années.


La prêle des champs

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Très reconnaissable avec ses allures de tige effeuillée, c’est l’herbe de toutes les difficultés. L’absence de feuilles justement la rend insensible aux désherbants, la longueur de ses rhizomes – ils peuvent s’enfoncer à plus de 5 m – résistante à l’arrachage et sa reproduction par diffusion de spores difficile à maîtriser.

On doit tout de même lui reconnaître…

  • ses qualités antifongiques et répulsives ; en décoction ou en purin, elle sera très efficace contre le mildiou, la rouille, la moniliose, la cloque, la tavelure, la fonte des semis et repoussera limaces et pucerons.

On s’en débarrasse…

  • par un apport de chaux qui en atténuant l’acidité du sol ralentira la progression de cette plante particulièrement acidophile. Le chaulage reste toutefois une méthode à utiliser avec parcimonie, suivez les instructions inscrites sur le produit.


Le chiendent

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Avec ses grandes tiges et feuilles vert franc, il ressemble à s’y méprendre à… de l’herbe.

Le chiendent se propage partout, très vite et cette graminée vivace s’avère très résistante à l’arrachage grâce à ces rhizomes souterrains aussi robustes qu’envahissants.

On doit tout de même lui reconnaître…

  • son utilité en plantation fourragère.

  • qu’il n’est pas inesthétique et peut être toléré dans la pelouse

On s’en débarrasse…

  • par un désherbage manuel minutieux et régulier ;

  • par un paillage compact, très épais, mais qui ne fera que ralentir le processus.


Nous terminerons cette sélection en mentionnant deux ravissants couvre-sols : les Renoncule & Potentille rampantes.


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Elles sont toutes deux ultra vigoureuses et proposent une belle et lumineuse floraison jaune. La première – plus connue sous le nom le bouton d’or – aime les sols compacts et lourds ; la seconde s’épanouit en milieu humide et en sol azoté. Toutes deux produisent en masse des stolons, tiges horizontales qui s’enracinent à chaque nœud et produisent à ce niveau de nouvelles pousses. L’arrachage doit être régulier, minutieux. Procédez de préférence avec une gouge de désherbage.

En prévention, paillez car elles sont friandes de terres nues, réduisez les apports azotés (arrêtez fumier, compost très mûr, corne broyée ou sang desséché pour un temps), faites un apport de paille ou de sciure ou, au potager, plantez des plantes gourmandes en azote justement comme le poireau, les chicorées, les choux.


Zoom sur 2 adventices comestibles et utiles

Armoise, bardane, amarante, nombres d’herbes indésirables sont en réalité des plantes comestibles dont les racines, feuilles ou fleurs entrent depuis l’aube des temps dans la composition de mets plus ou moins élaborés. Zoom sur deux stars : l’ortie et le pissenlit


L’ortie

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Qui s’y frotte, se gratte. Ses feuilles urticantes sont le cauchemar des jardiniers et des promeneurs distraits. Pourtant, cette plante vivace reste un don de la nature… ah, si seulement elle n’était pas si invasive avec ses rhizomes traçants, très traçants !

On doit tout de même lui reconnaître…

  • elle est comestible donc – crue en salade quand il s’agit de jeunes pousses, hachées et assaisonnées façon pesto, cuite en soupe, en cake, en tarte ;

  • ses qualités de couvert pour une faune qui s’avérera très utile au jardin ;

  • utilisé en purin, elle constitue un formidable engrais grâce à sa forte teneur en azote ;

  • en pulvérisation, ce purin repoussera également très efficacement pucerons et acariens ;

  • si vous pratiquez le compostage, elle est un excellent activateur ; coupez-la et mélangez-la à votre tas de compost ou pulvérisez ce dernier avec du purin.

Envie d’en savoir plus sur le sujet ? Découvrez comment réussir son compost et que mettre dans celui-ci.

On s’en débarrasse…

  • par une couverture totalement opaque durant plusieurs mois.


Le pissenlit

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Ses fleurs jaunes si reconnaissables marquent souvent l’arrivée du printemps, les boules plumeuses qui se forment en fin de floraison font la joie des enfants qui s’amusent de ses ailettes qui s’envolent au vent. Le pissenlit habille de ses longues feuilles dentelées nos champs, nos bords de route et, parfois au grand dam des jardiniers, nos pelouses. C’est vrai qu’il est quelque peu envahissant et bien résistant mais il mérite qu’on le laisse s’épanouir, au moins par endroit…

On doit tout de même lui reconnaître…

  • riche en fer et en vitamines A et C, il est comestible de la feuille à la fleur. On mange ses feuilles en salade que l’on agrémente de lardons ou de croûtons aillés et frits. On le déguste en soupe agrémentée d’un peu de crème. De ses fleurs on fait un délicieux miel ;

  • extrêmement mellifère, il est un excellent allié des butineurs en général et des abeilles en particulier.

On s’en débarrasse…

  • en l’arrachant manuellement au couteau désherbeur, racine incluse, avant que ne survienne la floraison ;

  • en paillant pour limiter son enracinement et donc faciliter son arrachage ;

  • pour le gazon, éventuellement un désherbant sélectif qui ne s’attaquera qu’aux adventices de types pissenlit mais aussi liseron, pâquerette, etc.

Envie d'en savoir plus sur la gestion des adventices sur votre pelouse? Découvrez nos articles sur l’entretien du gazon en automne.

Envahissantes, certes, mais si superficielles !

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Ces annuelles sont pléthore dans nos jardins et tendraient à être plus “vivaces” qu’on ne le croit. Au jardin, au champs comme au potager, elles viendront concurrencer leurs voisines en imposant une végétation généreuse.

Pour n’en citer que quelques-unes…

  • Le mouron des champs avec son port rampant et ses jolies petites fleurs rouges, le mouron des oiseaux tout aussi tapissant et ravissant avec sa floraison blanche tant appréciée des oiseaux justement.

  • L’oxalis, que l’on a tendance à confondre avec le trèfle, bien qu’il ne compte que 3 feuilles.

  • Le séneçon et ses feuilles caoutchouteuses ou la cardamine et son feuillage arrondi, tous deux très communs dès lors que vous ne pratiquez pas le paillage.

  • La capselle bourse à pasteur, présente dans les sols calcaires, qui présente une rosette un peu semblable au pissenlit (et qui comme lui se déguste en salade quand elle est jeune et encore tendre) que surplombent petites grappes de fruits et minuscules fleurs blanches.

Toutes ces “mauvaises herbes” sont superficielles, elles seront donc faciles à déloger.

À la main, avec un sarcloir, une binette, une serfouette, supprimez-les avant la floraison pour éviter qu’elles ne ressèment.


Un résumé des solutions à envisager

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Les “mauvaises herbes” sont souvent envahissantes, elles se propagent rapidement et généreusement. Mais elles ont aussi leur lot de qualités ! Il s’agit donc de trouver un juste équilibre dans la gestion de leur présence.

En effet, installées dans vos massifs, votre gazon et votre potager, les adventices entrent en concurrence avec vos plantations. En colonisant vos allées et terrasses, elles nuisent parfois à l’esthétisme des lieux. Mais, laissées libres de se développer, elles apportent aussi diversité à vos espaces extérieurs et nourriture aux butineurs.

Vous pourrez choisir de laisser libre cours à leur développement dans certains endroits du jardin, certaines parcelles difficiles d’accès ou à l’abri des regards, et contribuer ainsi à la biodiversité.

Et, parallèlement, vous pourrez décider de préserver des espaces de leur intrusion.

Par anticipation, surveillez ces espaces et arrachez ou fauchez les plantes indésirables dès leur apparition. Il s’agit là d’intervenir avant la montée en graines et ainsi de stopper net la prolifération. Vous pouvez également, en cas d’espaces très délimités, avoir recours au paillage. Envie d’en savoir plus sur le sujet ? Nous vous disons comment choisir votre paillage et comment l’utiliser.


On met la main à la terre
On met la main à la terre ! - © Надежда Урюпина - stock.adobe.com

Enfin, si les végétaux sont déjà installés, vous pourrez alors opter pour un désherbage à l’aide d’outils adaptés – gouge de désherbage, couteau désherbeur – ou avoir recours à des désherbants, que vous diffuserez selon le produit avec une canne ou pulvérisateur de désherbage.

Favorisez des traitements naturels, écologiques, surtout au potager. Utilisez ces produits avec parcimonie en respectant les dosages conseillés pour le respect de l’environnement. Pour aller plus loin sur le sujet, retrouvez tous nos conseils pour éliminer les “mauvaises herbes”.

Une fois arrachées, vous pouvez déposer vos adventices dans la déchetterie la plus proche. Vous pouvez également les laisser sécher longuement et les réutiliser directement comme paillis ou les déposer dans votre bac à compost.

Quant aux plantes comestibles, elles rejoindront potages et salades !