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Plantes

Sureau noir (Sambucus nigra) : plantation, croissance et variétés

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7 min de lecture

Modifié le 10/06/2024

Présent à l'état sauvage dans nos haies bocagères, le sureau a peu à peu été "domestiqué" jusqu'à investir nos jardins avec grâce et utilité. Et c'est tant mieux ! Car au-delà de la variété et de l'esthétisme de son feuillage, cet arbuste facile à vivre est non seulement un bijou pour la biodiversité mais son espèce phare, Sambucus nigra, le sureau noir, présente de nombreuses qualités gustatives et vertus médicinales.


Le sureau noir présent dans nos paysages champêtres viendra rejoindre le jardin avec toute sa générosité - © Wirestock Creators - stock.adobe.com

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Présentation du sureau noir et de ses variétés

On connaît du genre Sambucus quelques espèces très présentes dans nos paysages européens. Une plante vivace herbacée qui colonise les fossés et talus humides, les rives de mares, d'étang et de rivière mais le sureau hièble (Sambucus ebulus) est toxique et on se gardera bien de l'inviter au jardin. En réalité, seuls Sambucus racemosa, le sureau des montagnes ou sureau à grappes et Sambucus nigra, le sureau noir, y seront les bienvenus.

Le sureau à grappes est un arbuste au port buissonnant qui ne dépassera pas 4 m en tous sens à maturité. Son intérêt ornemental est certain avec ses panicules coniques blanc crème qui illuminent le tout début du printemps et régalent les butineurs. Un feuillage joliment découpé. Des baies rouge vif, plutôt toxiques pour l'homme, mais qui feront partie des mets favoris des oiseaux.

Mais nous nous attarderont ici sur l'espèce "reine", j'ai nommé le sureau noir et sa multitude de qualités.


En plus d'attirer les butineurs en masse avec leur floraison mellifère, les sureaux à feuillage noir pourpré seront d'une élégance folle - © Wirestock Creators - stock.adobe.com

Son esthétisme d'abord. Sa silhouette délicieusement désordonnée au port buissonnant et étalé pourra atteindre 6 m en tous sens. Sa croissance rapide lui permettra de prendre rapidement place au jardin, en solo au cœur d'une pelouse, au pied d'un mur disgracieux, dans une haie libre. Vous profiterez alors de grandes feuilles caduques qui disparaitront avec l'hiver mais qui seront très ornementales et de couleurs variables selon la variété. On notera l'existence d'une forme panachée mais également celle de la variété 'Black Lace' d'une beauté rare avec son feuillage très finement découpé, pourpre presque noir. Au feuillage malheureusement non persistant s'ajoute une floraison printanière très lumineuse avec la formation de larges corymbes plates, blanc pur, crème ou rosé, subtilement parfumées. Puis viennent les fruits, des baies noires, qui ajoutent encore à l'aspect très ornemental de l'ensemble.

Mais la beauté ne fait pas tout car derrière ses caractéristiques esthétiques se cachent bien des vertus. Pour la biodiversité d'abord. Car le sureau noir apporte aux butineurs une floraison très nectarifère et très mellifère, aux oiseaux des baies automnales dont ils raffolent ainsi qu'un gîte dense et rassurant pour eux comme pour toute une petite faune. Pour l'Homme ensuite. Car tout ou presque se consomme. Préparées en tisane ou en décoction, ses fleurs auraient des qualités réparatrices face aux infections urinaires et respiratoires, son écorce des qualités diurétiques, ses feuilles des vertus en cas de rage de dents et autres hématomes. Quant aux plus gourmands, ils se régaleront de ses fleurs en beignets ou limonade, de ses baies en confitures ou en sirop. Des baies qu'on se gardera bien de consommer crues en raison de leur (faible) toxicité avant cuisson.



Où, quand et comment le planter ?

Installé dans n'importe quel sol, au soleil ou à mi-ombre, le sureau noir produira de généreuses baies noires aussi appréciées des oiseaux que des humains - © Anemone123 - pixabay.com

C'est donc sans hésiter que vous installerez le sureau noir au jardin où que vous vous situiez en France métropolitaine puisqu'il résiste autant au froid (rusticité à -25°C) qu'à la sécheresse. Préférez une exposition à l'ombre légère sous les rayons les plus ardents et au soleil partout ailleurs. Choisissez de préférence un lieu à l'abri du vent pour épargner ses tiges légères mais chargées de fleurs ou de fruits.

Installez-le de préférence à l'automne dans n'importe quel type de sol même s'il affectionne plus particulièrement les sols lourds. Une plantation au printemps est également envisageable.


En pleine terre

Faites tremper la motte longuement puis laissez celle-ci s'égoutter. Pendant ce temps :

  • creusez un trou d'un volume 2 à 3 fois supérieur à la motte ;

  • placez l'arbuste au centre du trou en laissant le collet (l'intersection entre tige et racines) au-dessus de la surface ;

  • rebouchez avec un mélange à parts égales de terre de jardin et de terreau ;

  • tassez, arrosez généreusement, paillez.


En pot

Offrez-lui un grand pot d'au minimum 40 cm de diamètre :

  • tapissez le fond du pot avec une couche drainante de billes d'argile ;

  • placez votre plant de sureau noir bien au centre ;

  • comblez avec un mélange à parts égales de terre de jardin et de terreau ;

  • arrosez avec modération.


Comment l'entretenir ?

La silhouette du sureau noir pourra être libre ou bien maîtrisée et conduite en arbre - © Ruckszio - stock.adobe.com

Le sureau noir fait partie de ces arbustes particulièrement facile à vivre, qui ne demanderont que peu de soins.

Maintenez un arrosage régulier en été pour les jeunes plantations et tout au long de l'année pour les cultures en pot. Pour ce derniers cas de figure, l'arrosage doit resté modéré, laissez sécher la motte entre chaque arrosage.

Pour les sujets cultivés en pot, vous pouvez éventuellement apporter un engrais pour arbustes en pot au printemps pour dynamiser floraison et fructification. Prévoyez un rempotage tous les deux ans dans un pot d'une taille supérieure au précédent. Si le rempotage n'est plus possible, procédez à un surfaçage annuel c'est-à-dire renouvelez le substrat en surface sur 4 à 5 cm de profondeur, et ce tous les ans.

La taille du sureau est multiple :

  • à la fin de chaque été, procédez à une taille de nettoyage en supprimant les vieilles branches, celles qui se croisent et en rabattant d'un tiers les rameaux de l'année ;

  • tous les 4 ans, si votre arbuste montre des signes de vieillissement, vous pouvez procéder à une taille sévère de l'ensemble des branches en fin d'hiver.

Le sureau peut également être conduit en arbre. Supprimez chaque année les rameaux situés au bas du tronc.


Maladies & Parasites

Si le sureau noir reste un grand résistant à la plupart des maladies et ravageurs, le puceron reste l'ennemi majeur des jeunes plants et des arbustes taillés trop sévèrement. Pour lutter contre les infestations :

  • assurez-vous de la présence des prédateurs naturels du puceron tels que la coccinelle, les syrphes, les chrysopes ;

  • installez des plantes hôtes en bordure de jardin, elles attireront à elles les pucerons mais aussi leurs prédateurs, éloignant ainsi le danger de votre sureau ;

  • supprimez manuellement dès apparition à l'aide d'un coton imbibé d'alcool à 70° ;

  • pulvérisez votre arbuste avec du savon noir dilué dans de l'eau, ce qui empêchera la progression des pucerons.


Comment le multiplier ?

Ses jolies fleurs étoilées disposées en corymbe, mellifères, consommables en beignets, sirop ou tisane, seront l'une des raisons qui vous encouragera à bouturer le sureau noir - © Manfred Richter - pixabay.com

Le sureau noir se multiplie par bouturage de tiges. En fin d'été, réalisez une bouture à talon :

  • à l'aide d'un sécateur propre, désinfecté et bien aiguisé, prélevez un tronçon de 20 cm d'un rameau secondaire en conservant à la base un talon, c'est-à-dire un fragment du rameau principal ;

  • répétez l'opération pour multiplier vos chances de succès ;

  • éliminez les feuilles de la base pour n'en conserver que deux ou trois au sommet que vous couperez de moitié si elles sont trop grandes ;

  • trempez le talon dans une poudre d'hormone de bouturage ;

  • plantez immédiatement les boutures dans un terreau spécial semis ou, à défaut, dans un mélange de terreau et sable ;

  • humidifiez légèrement ;

  • recouvrez l'ensemble d'une cloche ou d'un sac plastique transparent et placez à la lumière ;

  • maintenez légèrement humide ;

  • laissez raciner durant tout l'hiver ;

  • repiquez en pot ou directement en place au printemps suivant.


Comment l'associer ?

Les variétés à feuillage pourpre ou noir se marieront à merveille avec des floraisons blanches, rose pâle ou mauves - © Alexandra - stock.adobe.com

Le sureau noir entrera dans la composition de haies libres et champêtres au côté du laurier-tin (Viburnum tinus) ou du troène du Japon (Ligustrum japonicum), tout aussi intéressants pour la biodiversité. Il rejoindra un bosquet d'arbustes propices à l'installation des oiseaux au jardin comme le sorbier des oiseleurs (Sorbus aucuparia) ou un fusain d'Europe (Eunonymus europaeus) (découvrez 10 arbustes pour accueillir les oiseaux au jardin). Il se mariera avec d'autres arbustes à fructification comestible comme l'argousier (Hippophae rhamnoides), le noisetier (Corylus) ou l'amélanchier du Canada (Amelanchier canadensis).

Ses variétés à feuillage découpé noir pourpré viendront rejoindre des vivaces de même caractéristique comme l'ophiopogon ou une sélection d'heuchères mais se marieront également magnifiquement aux feuillages également très découpés des érables ou encore à des floraisons blanches, mauves ou rose pâle, des hortensias guirlandes (Hydrangea 'Runaway Bride') ou grimpants, un tapis de géranium vivace.


Le sureau noir est de ces arbres dont il est nécessaire d'encourager la présence au jardin. Il est la parfaite combinaison entre un esthétisme fou et une utilité sans limite. Il attirera à lui des nuées de butineurs, des ballets d'oiseaux, offrira un spectacle permanent pour les yeux en même temps que quelques gourmandises pour les palais les plus curieux.