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Modifié le 23/06/2023
Faut-il laisser le lierre sur les arbres ou au contraire faut-il s’en débarrasser ? La question fait débat depuis longtemps. Certains voient le lierre comme un bon partenaire, un allié de l’arbre et de la faune. D’autres le considèrent comme un parasite. La voie du milieu le présente comme un opportuniste utile. Tous lui reconnaissent des qualités esthétiques exceptionnelles. Voici quelques éléments de présentation, des arguments en faveur du lierre sur les arbres, des raisons de s’en débarrasser, des variétés à installer…

Les arguments en faveur du lierre sur le tronc
Le lierre n’est pas un parasite mais bien un végétal à part entière qui se suffit à lui-même. Il ne puise pas son énergie chez les autres. Il ne se sert de son hôte que comme “terrain d’escapade”, “ascenseur” vers plus de luminosité. Il grimpe vers les sommets grâce à ses racines crampons sans jamais abîmer les surfaces des plantes hôtes.
Le lierre est un bon isolant. Tout comme il protège les sols en rampant, il protège les troncs des excès climatiques en les recouvrant. Gel mais aussi rayons ardents, grêlons ou pluies violentes ont ainsi moins d’emprise sur le végétal recouvert.
Bien que persistant, le lierre voit un renouvellement des feuilles tous les 3-4 ans. En fin de vie, les feuilles se dessèchent, tombent et se décomposent au pied de l’arbre ; le lierre contribue à l’enrichissement des sols en apportant sa part de nutriments.

Le lierre s’avèrera un allié esthétique en cachant un végétal disgracieux, en habillant un petit bosquet d’arbres morts, en redonnant vie à un endroit triste du jardin.
Enfin, l’esthétisme n’est pas le seul atout du lierre. Car en plus d’être beau, le lierre est utile à tout un écosystème. Il accueille un grand nombre d’insectes, arachnides et petits reptiles qui trouvent refuge sous son feuillage persistant. D’oiseaux qui nichent sur les lianes les plus robustes et se régalent des baies hivernales. Il offre également gîte et couvert à un grand nombre de butineurs, en particulier les abeilles.
Astuces Jardiland : en raison de la toxicité de ses jeunes pousses, le lierre enroulé autour des arbres fruitiers de votre verger permettra de tenir à distance petits mammifères et autres cervidés généralement friands de bourgeons et jeunes fruits.
Pourquoi et comment se débarrasser du lierre ?

Pour toutes les raisons évoquées ci-dessus, le lierre est rarement responsable de l’affaiblissement de son support. Si vous notez qu’un arbre recouvert de lierre est mourant ou mort, c’est qu’il l’était avant ou que le lierre n’a fait au plus qu’accélérer un processus déjà en marche, une fragilité déjà présente.
Mais, le lierre peut aussi fragiliser par son poids et ses enlacements quelque peu envahissants les sujets les plus jeunes et les espèces les plus frêles.
En effet, dans sa quête effrénée de lumière, un lierre qui atteint la cime d’un arbre va peu à peu s’enrouler sur le branchage supérieur. Les branches peuvent ne pas y résister et casser. L’arbre ainsi surchargé et donc significativement plus lourd peut aussi être plus vulnérable en cas de vents violents ou de chute de neige, sans compter que les feuilles du lierre occultent également la lumière du soleil.
Dans ce cas, plutôt que de songer à l’arracher, vous pouvez préférer contrôler la croissance du lierre. Taillez-le à hauteur d’homme – une hauteur de 2 m pas plus facilite l’entretien. Renouvelez cette taille chaque printemps et désépaississez-le avec une cisaille tout aussi régulièrement.
Si vous souhaitez vous en débarrasser totalement, vous pouvez procéder de diverses manières.
Détachez aisément à la main les plus jeunes lianes en commençant à la base et en montant sans vous presser aussi haut que vous le pouvez. Procédez de même mais au sécateur pour les lianes les plus épaisses, en prenant garde de ne pas blesser l’écorce.
Vous pouvez également choisir une méthode plus simple et moins physique : l’hiver venu, sectionnez l’ensemble des lianes au sécateur au pied de l’arbre. Elles sècheront en quelques semaines et vous pourrez, dès le printemps suivant, les détacher plus facilement.
Pour les parties hautes et inaccessibles, coupées de leur racine elles vont se dessécher et peu à peu se détacher.
Quand et quel lierre utiliser pour habiller un arbre ?

Si vous restez adepte des qualités esthétiques du lierre et préférez habiller vos arbres mal en point que les abattre, réfléchissez en amont à la faisabilité de votre projet. Le lierre peut effectivement être un fantastique habillage mais c’est aussi un manteau lourd qui, comme nous l’avons déjà mentionné, alourdira son support. Fragilisé par le surpoids, un support “bancal” risque de finir par céder. Ne prenez par exemple pas le risque d’alourdir un arbre qui pourrait provoquer des dégâts en tombant.
Ces précautions prises, vous êtes impatient(e) de profiter de ce nouveau décor au jardin. Si le lierre n’est pas déjà naturellement installé, donnez un coup de pouce à vos envies paysagères en plantant vous-même quelques variétés bien choisies et maîtrisez leur évolution à votre guise en taillant plus ou moins régulièrement, plus ou moins vigoureusement.
Sur de vieilles souches et quelques vestiges de troncs, pour une couverture rapide, choisissez une variété de lierres communs, tous très couvrants et poussant rapidement. Vous les choisirez en fonction de votre zone géographique.
En climat froid, préférez le très rustique ‘Shamrock’ qui supportera des températures en-deçà de -20°C et illuminera le décor de son petit feuillage trilobé vert vif à moins que vous ne préfériez le feuillage plus imposant et la grande capacité de couverture du ‘Green Ripple’. Plus inattendu mais exceptionnellement vigoureux, le lierre de Colchide couvrira des zones ombragées entières de ses longues lianes et de ses grandes feuilles en forme de cœur. Il apportera romantisme et luminosité à un coin un peu délaissé du jardin qui ne demandera plus qu’à être réinvesti…
Envie d'en savoir plus ? Découvrez notre article sur le lierre grimpant.
