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Il est un incontournable des jardins, et pour cause… Feuillage persistant à l’esthétisme évoluant au fil de l’âge mais toujours sans faille. Floraison aussi spectaculaire que nectarifère. Fructification automnale pour le régal des yeux et des oiseaux. Choisissez votre Photinia parmi ses quelques variétés communes toute d’égale beauté. Et suivez ces quelques conseils simples pour la plantation, le suivi de sa croissance, la taille de votre photinia et son entretien.

Présentation du Photinia et de ses variétés
L’adaptabilité du genre Photinia et ses très nombreux atouts esthétiques le prédestinaient à faire le chemin depuis ses terres natales pour investir de son port infiniment gracieux nos jardins. Venu d’Extrême-Orient, cet arbuste fut au centre de l’attention des botanistes et autres pépiniéristes qui développèrent au fil du temps nombre d’hybrides et de variétés qui habillent aujourd’hui nos paysages.
Un genre polyvalent

Si le photinia pour haie fait partie des plantes d’extérieur généralement sélectionnées pour constituer des haies aussi occultantes qu’esthétiques, il serait pour autant dommage de ne le considérer que comme une plante de haie. Certes, la densité du feuillage et sa persistance (la plupart des variétés gardent leurs feuilles en hiver) l’y prédisposent particulièrement mais son port naturellement arrondi et sa silhouette dense laisse entrevoir de multiples possibilités de taille.
La brillance exceptionnelle de ses feuilles – qui se parent au fil de leur croissance de toute une palette de teintes subtiles allant du bronze, du grenat ou du rouge les premières semaines de sa vie jusqu’à un vert franc à maturité – en feront un sujet isolé très ornemental.
Il pourra être laissé libre dans un massif comme compagnon très apprécié de feuillages graphiques et de fleurs pourpres et blanches. Ou encore en délimitation de bordures, en ponctuation d’allées dans une forme à la taille impeccable façon art topiaire.
Quelle que soit la forme choisie, vous bénéficierez en plus d’un joli spectacle au printemps quand la silhouette se couvrira d’une généreuse floraison, de grandes ombelles composées d’une myriade de petites fleurs blanc crème et d’au moins autant de butineurs. Puis viendra le régal des oiseaux, de petites baies rouges, bleu sombre ou presque noires qui marqueront l’arrivée de l’automne.
Les variétés les plus communes

Bien sûr, on ne peut parler du photinia sans commencer par l’espèce la plus commune, Photinia x fraseri et ses variétés les plus répandues comme le Photinia ‘Red Robin’. Voici là l’un des plus beaux exemples de plante de haie persistante dont l’absolu beauté réside en la tonalité de ses jeunes pousses, un rouge cuivré d’une grande luminosité qui vient réveiller le feuillage plus ancien, paré lui d’un élégant vert sombre et brillant.
Bénéficiant d’une croissance rapide, le photinia atteindra vite une hauteur de 3 m pour 2 m d’envergure. Il pourra être laissé libre ou taillé au cordeau, selon les goûts et les besoins et fera montre dans les deux cas, d’une persistance bien utile, d’une grande adaptabilité et d’une rusticité allant jusqu’à -18°C environ.
De nombreux cultivars ont été développés à partir de cette variété : ‘Little Red Robin’, une variation naine qui ne dépassera pas les 1 m et sera parfaite pour une culture en pot ou bac ou pour une bordure basse en topiaire.

Plus grand (3 m x 2 m) mais encore plus original, si cela est possible, ‘Pink Marble’ arbore un feuillage panaché à marbrures rose et de jeunes pousses d’une teinte lie de vin marginée de rouge plus qu’élégante.
D’autres espèces de photinia apparaissent peu à peu et méritent elles aussi d’investir nos jardins.
On citera Photinia serratifolia – également appelé Photinia de Chine – et ses allures de houx avec ses feuilles très dentées sans être toutefois piquantes.
Là encore, les diverses variétés proposeront des feuillages aux teintes diverses, des roses plus ou moins vifs et des bronzes plus ou moins lumineux pour les jeunes pousses, des verts sombres ou des bruns pour le feuillage mature, des tiges parfois rouges… La taille variera elle aussi allant d’1m50 à quelques 5 m formé en arbre pour un très bel effet au cœur d’une pelouse ou d’une cour très minérale.
Quand, où et comment le planter ?

Comme toutes les plantes achetées en pot, il est possible d’installer le photinia toute l’année hors période de gel ou de canicule. Préférez tout de même l’automne, sur une terre encore chaude ou, à défaut, le printemps après les dernières gelées. Pour le reste, la plantation suit un processus somme toute classique avec quelques exigences différentes selon l’espèce choisie.
Appréciez la grande adaptabilité des fraseri qui apprécieront tous les sols de l’acide au (très) légèrement calcaire en passant par le neutre. Offrez-lui par contre une terre légère, humifère et surtout bien drainée. Son exposition favorite : le soleil – qui exacerbe entre autres les teintes flamboyantes des jeunes pousses – ou l’ombre légère. Placez de préférence à l’abri des courants d’air froids et des vents asséchants.
Les serratifolia seront encore moins exigeants puisqu’ils supporteront même les sols humides voire détrempés et le calcaire. Attention toutefois à l’arroser un peu plus par temps de sécheresse et à lui offrir un paillage au pied si les températures descendent en-deçà de -15°C.
La plantation est classique mais s’anticipe. Idéalement préparez le trou un mois à l’avance et amendez la terre du jardin avec de la matière organique, du compost ou du fumier par exemple. Son diamètre est équivalent à trois fois la motte, la profondeur est d’environ 40 cm.
Si vous installez votre photinia en isolé ou dans un massif, éloignez-le de 2 ou 3 m (selon la variété choisie, plus ou moins vigoureuse) des autres plantations. Si vous souhaitez constituer une haie, prévoyez une distance de 1 m entre chaque plant. En cas de terre lourde, améliorez le drainage avec une couche de gravier au fond. Ajoutez un engrais de fond de type corne, poudre d’os ou potasse organique.
Pensez à laisser tremper les plants pendant 24 heures. Laissez égouttez, dépotez et griffez légèrement les racines. Positionnez l’arbuste au centre sans enterrer le collet c’est-à-dire l’intersection entre les racines et le tronc. Remplissez le trou, tassez légèrement en formant une cuvette. Arrosez généreusement et paillez.
Pour une culture en contenant, choisissez un pot ou un bac au moins deux fois plus grand que la motte. Tapissez le fond d’une couche drainante de petits graviers ou de billes d’argile. Le substrat est un mélange de terreau et de terre végétale éventuellement allégée par un peu de sable grossier.
Comment entretenir un photinia ?

Comme pour la plantation, le genre Photinia est peu exigeant en termes d’entretien…
Offrez-lui un arrosage régulier dès la fin du printemps et jusqu’aux portes de l’automne les deux premières années. Par la suite, irriguez en cas de longue sécheresse.
Veillez à tuteurer les plants dès lors qu’ils dépassent les 60 cm. Laissez le tuteur en place au moins une année.
Pour une croissance plus forte et un feuillage plus brillant, apportez du compost bien mûr au printemps.
Quant aux diverses maladies et parasites, le genre y sera peu sensible. L’oïdium peut parfois sévir. En cas de forte présence de ce dépôt blanchâtre occasionnée, traitez avec un insecticide naturel de type soufre. Référez-vous bien aux instructions présentes sur le produit et traitez avec parcimonie. Préférez agir en amont en espaçant suffisamment vos plantations, en les aérant, en évitant les engrais trop azotés. Si ces apparitions sont récurrentes, anticipez en pulvérisant une décoction de prêle régulièrement.
La principale étape de l’entretien reste la taille. Elle permettra de former, de dynamiser ou encore de densifier votre photinia. Penchons-nous à présent sur cette étape majeure de l’évolution de votre arbuste…
La taille des photinias
Quel que soit le résultat souhaité et la forme choisie pour votre photinia, sa taille aura pour effet de l’épaissir, de le densifier mais également de favoriser l’apparition des jeunes pousses et donc des tonalités rougeoyantes de l’arbuste. Selon que vous souhaitiez votre photinia aussi libre que possible, intégré à un ensemble, conduit en arbre ou encore sculpté en topiaire… selon que vous l’imaginiez en haie, en bordure, sur tige, votre photinia subira une taille plus ou moins sévère, plus ou moins suivie. Petit tour d’horizon des différentes pratiques et des périodes idéales pour tailler les photinias.
La haie

Vous avez choisi l’indétrônable Photinia fraseri ‘Red Robin’, la taille de votre haie surviendra deux fois dans l’année, à la fois pour former et contenir la silhouette de votre haie mais également pour travailler son esthétisme en privilégiant la survenue de jeunes pousses flamboyantes. Dans cette optique précise, quand tailler ‘Red Robin’ ?
Une première fois après la floraison, sans tarder, généralement en juillet. Cette taille sera d’autant plus sévère que votre photinia aura atteint sa taille adulte et sera vigoureux. Procédez avec un outillage approprié, propre et bien aiguisé. Préférez des outils de jardinage à main, plus précis et moins blessant pour les végétaux ; ici, idéalement une bonne cisaille à haie, à moins que vous ne préfériez tout de même un taille-haie de qualité.
La taille consiste à supprimer le bois mort, à aérer le centre de l’arbuste pour lui permettre de respirer et profiter au mieux de la lumière et à restaurer et contenir la silhouette en coupant les branches d’un tiers lorsque cela est nécessaire. Vous pouvez utiliser un coupe-branches pour cela.
La seconde taille survient en automne. Attendez que la repousse soit terminée et travaillez légèrement la silhouette avec un bon sécateur.
Bien sûr, vous pouvez choisir d’avoir une haie libre, plus déstructurée. Pour votre ‘Red Robin’ ou autres comme, par exemple, un photinia ‘carré rouge’, la taille sera alors moins régulière et surtout moins sévère.
La conduite sur tige

Vous aimez les arbustes conduits en arbre. Les belles têtes feuillues et fleuries qui trônent au sommet d’un tronc fin dénudé et qui dominent de leur grâce massifs, pelouse ou potées…
Eh bien les variétés de hauteur moyenne – aux alentours d’1m50 – se prêteront particulièrement bien à l’exercice et votre photinia sur tige ayant atteint sa taille adulte sera au centre de toutes les attentions.
Pour parvenir à ce résultat, la taille de votre photinia est orientée en ce sens dès le départ avec la suppression systématique des pousses latérales ainsi, bien sûr, que de tous les rejets. Chaque année, les branches transversales sont supprimées afin que se dégage peu à peu un tronc unique. Vous conserverez par contre les charpentières qui vous permettront de donner forme à la touffe supérieure. Taillez autant qu’il le faut jusqu’à atteindre la silhouette souhaitée.
Les tailles suivantes seront plus légères. Elles auront pour but de faire respirer l’arbre, de le débarrasser de son bois, de l’aérer au cœur et de maintenir son esthétisme.
Cet exercice peut être effectué sur un sujet en pleine terre ou cultivé en pot ou bac.
En massif

Certaines variétés, plus ou moins hautes, pourront prendre place dans un massif. Libre à vous alors de décider de ses proportions. Vous pourrez tout aussi bien le laisser libre d’évoluer. Pour un photinia ‘Pink Crispy’, la taille sera minime. Laissez cet arbuste au feuillage étonnant, dentelé, éclaboussé de blanc crème, développé sa silhouette compacte qui ne dépassera pas 1.75 m de haut pour 1 m d’envergure. Et profitez, au printemps, de ses rameaux rouges et de ses bouquets de jeunes pousses rose vif.
Les tailles artistiques

Que vous soyez adepte de l’art topiaire et de ses formes géométriques impeccables – boule, cône, colonne et pyramide – ou que vous soyez épaté par les niwaki et autres arts nippons de la taille végétale, vous trouverez dans le photinia un allié.
Pour de petites formes, des bordures en topiaire, par exemple, choisissez des variétés naines à croissance moins rapide, qui demanderont ainsi un peu moins d’entretien.
Mise en place de la forme souhaitée, maintien de la silhouette et densification seront les enjeux de la taille de votre photinia qui surviendra généralement fin juin puis en septembre ou octobre. Vous trouverez des gabarits qui vous permettront de dessiner des formes parfaites. Les outils de taille auront aussi leur importance. Ils seront précis, propres et très bien affûtés.
Pour un photinia taillé en nuage par exemple, optez pour des variétés aux envergures plus généreuses. Cette technique ancestrale japonaise s’applique sur un sujet déjà bien développé. Il s’agit de constituer une charpente qui donnera la silhouette unique de votre photinia et d’habiller ses diverses extrémités de nuages feuillus qui, dans le cas du photinia, s’habilleront au fil des saisons d’ombelles blanc crème ou de baies sombres. Comme pour l’art miniature du bonsaï, cette technique requiert de la patience, de la minutie et un équipement à la hauteur de la précision demandée : ciseaux japonais, sécateur et cisaille à buis sont préconisés.
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