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Plantes

Miscanthus : plantation, culture et entretien

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10 min de lecture

Modifié le 09/08/2023

Comme toutes les herbacées d’ornement, le miscanthus apportera beaucoup d’élégance et une grande légèreté au jardin. Explorez toutes les nuances esthétiques des diverses variétés de cette plante graminée venue d’Asie et d’Afrique, dans quelles conditions le planter, comment le cultiver. Outre ses grandes qualités décoratives et ses nombreuses possibilités d’association au jardin, découvrez tous les usages qui seront fait du miscanthus, entre autres en permaculture


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Présentation du miscanthus et de ses variétés

Aujourd’hui classées dans la vaste famille des poacées, les graminées d’ornement regroupent un grand nombre d’espèces et de variétés. Aux côtés des fétuques, des laîches, également appelées carex, ou encore des pennisetums, les miscanthus sont certainement parmi les plus décoratifs et bénéficient d’une adaptabilité à toute épreuve.

Vivaces de croissance rapide, ils viendront apporter à tous les jardins, sous tous les climats et dans tous les sols, de nombreuses possibilités décoratives.

Pour une installation en isolé, en massif ou encore en haie, en pleine terre mais aussi en grand pot, choisissez votre espèce et sa variété en fonction de ses dimensions, de sa rusticité et de son allure.


Le roseau de Chine


Miscanthus sinensis – plus communément appelé roseau de Chine ou eulalie – est l’espèce la plus couramment cultivée dans nos jardins.

Selon les variétés, elle propose une silhouette en touffe plus ou moins haute, un feuillage rubané de diverses couleurs et des inflorescences plus ou moins plumeuses.

Ainsi pour une culture en contenant, vous vous tournerez vers des cultivars nains, un ‘Strictus Dwarf’ par exemple dont le beau feuillage vert zébré de jaune n’excédera pas 60 cm en tous sens.

Plus petit encore, ‘Cute One’ parera ses courtes tiges (50 cm pas plus) de plumets estivaux d’un élégant brun rouge avant que son feuillage semi-persistant ne vienne lui aussi se teinter de roux.

Les miscanthus de taille basse pourront être cultivés en pot, en délimitation de terrasse ou en pleine terre à l’avant d’un massif.

Dès la fin de l’été et jusqu’aux portes de l’hiver profitez des beaux épis blanc rosé de la variété ‘Adagio’ qui culminent au sommet de cannes (ou chaumes) de 1.30 m de haut et illuminent plus encore une touffe vert argenté.

À moins que vous ne préfériez les plumets minces et infiniment gracieux de ‘Yaku-Jima’, particulièrement élégant à l’automne avec ses nuances subtiles et gourmandes de caramel et de miel. Une variété qui dépassera à peine le mètre.



Plus grandes et plus denses, d’autres variétés se prêteront à la culture en écran végétal ou en arrière-plan de massifs.

Vous trouverez des miscanthus panachés comme le bien-nommé ‘Variegatus’ pouvant atteindre de 1.50 m à 1.80 m, au feuillage strié de blanc et à la floraison tardive ou, plus original encore ‘Zebrinus’ et son feuillage vert profond zébré de crème dans le sens de la largeur. En fin d’été, la touffe érigée en colonne se pare de grands plumeaux argentés atteignant 1.80 m.

Enfin si vous disposez d’un grand jardin et aimez les plantes très sculpturales, vous vous régalerez de la présence de variétés géantes, atteignant allègrement 2 m de haut comme ‘Gracillimus’ et son feuillage exceptionnellement fin et délicatement arqué, vert franc tournant au jaune doré à l’automne. De septembre à novembre, vous profiterez d’une généreuse floraison en épis légers et cuivrés.


Des espèces moins communes


Si vous êtes en recherche de grands sujets, Miscanthus x giganteus, également appelé Miscanthus japonicus ou miscanthus géant sera la graminée de la situation même en hiver !

Particulièrement rustique (-29°C) , il formera un brise-vue efficace et élégant, et laissera sa silhouette légère atteindre aisément 3 m de haut pour 1 m environ d’envergure. Son feuillage, vert pâle mâtiné d’or en fin de saison, accueille au cœur de l’automne de très longs épis argentés.

Bien plus petit mais également très décoratif, le miscanthus du Népal (Miscanthus nepalensis) doit à ses origines himalayennes une grande résistance. Si sa touffe est somme toute assez classique avec un feuillage retombant vert franc et ses dimensions moyennes – 1.50 m de haut pour 80 cm d’envergure –, sa floraison est très graphique et d’une belle originalité avec des inflorescences en forme de franges cuivrées en fin d’été et qui prennent plus tard dans la saison des allures de plumets laineux, argentés, presque blancs.

Enfin, si la plupart des miscanthus sont cespiteux – c’est-à-dire qu’ils se développent en touffe – et non traçants, certaines variétés comme Miscanthus sacchariflorus, l’eulalie géante, se propage grâce à des rhizomes plus ou moins traçants. Sans toutefois considérer ces cultivars de miscanthus comme envahissants, ils sont plutôt à réserver à de grands espaces ou à une culture maîtrisée en bac.


Quand, où et comment le planter ?

Le miscanthus est une graminée extrêmement adaptable et facile d’installation. Quelques bons réflexes à la plantation seront cependant les bienvenus ! S’il est une chose importante, c’est de trouver un emplacement pérenne pour votre graminée qui installera son système racinaire avec vigueur et sera donc difficile à déplacer. Anticipez son développement selon la variété choisie. Optez pour une exposition très lumineuse et bien ensoleillée car même s’il acceptera l’ombre légère, il aura besoin d’au moins 8 heures de soleil par jour pour s’épanouir pleinement. Il résistera par contre très bien au vent et même aux embruns, ce qui explique sa forte présence en zones côtières.


Plantation en pleine terre


Installez-le de préférence au printemps, hors période de gel. À l’aise dans toutes les terres neutres, il appréciera les sols profonds et riches et redoutera par-dessus tout les eaux stagnantes.

Mettez à tremper votre plant. En parallèle, préparez un trou trois fois plus grand que la motte et mélangez la terre ainsi récupérée avec autant de compost. Ameublissez le fond du trou de plantation et incorporez-y éventuellement un peu de poudre d’os. Placez le plant bien au centre, remplissez le trou, tassez et arrosez généreusement.

Pendant tout le temps de l’installation, généralement deux ou trois ans, conservez un environnement bien désherbé car il n’apprécie guère la concurrence des adventices. Maintenez un bon paillage pour vous y aider.


Culture en pot


Très rustiques, la plupart des variétés pourront être cultivées en pleine terre presque partout en France.

Lors d’hiver est particulièrement rude, vous pourrez protéger vos plantations par un voile d’hivernage. Vous pourrez également choisir pour des raisons climatiques mais également par pur plaisir esthétique de cultiver votre graminée en pot (et de la remiser en serre froide éventuellement).

Cette plantation pourra survenir toute l’année dans un contenant d’au moins 40 cm en tous sens, impérativement percé au fond pour assurer un bon drainage. Dans le même souci, placez un lit de billes d’argile ou de gros gravier au fond du contenant puis remplissez avec un mélange de terre de plantation et de terreau amendé d’1/4 de sable.


Comment l'entretenir ?

En plus d’être d’un prix d’achat peu élevé et d’une installation facile, l’entretien du miscanthus est quasi inexistant. Décidément, il est un allié indéfectible pour le jardinier esthète mais peu disponible…


L’entretien


Seul l’arrosage sera à surveiller. Les quelques semaines suivant la plantation, il devra être copieux. Une fois installé, une sécheresse modérée pourra être tolérée. Sous des climats particulièrement chauds, il pourra être nécessaire d’arroser les premiers étés, 3 ou 4 fois dans la semaine selon la météo.

L’apport d’engrais, lui, ne sera pas nécessaire. En cas de sol très pauvre ou de signes de fatigue, effectuez un amendement du sol, à l’automne, en apportant sur une surface légèrement binée une couche de compost.

Pour conserver un sol frais et un environnement propre, maintenez un paillage jusqu’à ce que le sujet soit suffisamment installé et produise son propre paillage en laissant tomber au sol ses propres feuilles et chaumes.


Soins, taille et division


Pas de traitement nécessaire à la bonne santé de votre miscanthus car comme toutes les graminées d’ornement, il n’est pas ou peu sensible aux maladies et aux ravageurs.

Entretenez sa vigueur et son harmonie visuelle en pratiquant un “nettoyage” du feuillage. Pour les variétés persistantes (qui gardent leur feuillage l’hiver) ou plus souvent marcescentes (dont toutes les feuilles ne tombent jamais complètement), supprimez régulièrement les feuilles sèches ou abîmées. Portez des gants pour ce faire car les feuillage peut être tranchants. Pour les variétés caduques (qui perdent totalement leur végétation), rabattez à 10 cm du sol.

Si vous constatez que la souche fatigue et se dégarnit de plus en plus – c’est généralement le cas au bout de 5 ans –, procédez à une division de la souche afin de redynamiser le plant. Le rhizome étant généralement très vigoureux et de grande taille, il vous sera certainement impossible de le déterrer. Dans ce cas, scindez la souche toute entière avec un outil propre et bien aiguisé, une fourche-bêche, une petite scie ou une hachette. Replantez les morceaux de souche en ne conservant que les feuilles saines et les départs de tige.


Comment l'associer et l'utiliser au jardin ?

Le miscanthus aura de multiples intérêts au jardin. Ornementaux mais également écologiques. Sa culture est pour cette raison très populaire chez les permaculteurs mais fait également de plus en plus d’émules chez les agriculteurs.


Les associations ornementales


Comme bon nombre de graminées, le miscanthus a un énorme pouvoir décoratif.

Les variétés les plus monumentales seront un spectacle à elles seules mais, en compagnie d’autres graminées hautes comme certains roseaux des bois, les calamagrostis, les stipas et leurs fabuleux cheveux d’ange ou même des bambous, elles constitueront un brise-vue aussi efficace qu’esthétique et de fantastiques arrière-plans pour des massifs fleuris ou des arrangement de conifères nains et de graminées naines.

Les variétés moyennes et basses trouveront parfaitement leur place dans toutes les scènes champêtres comme en bordure d’un carré de prairie fleurie. Elles apporteront de la lumière à un jardin d’hiver, de la légèreté à une scénographie

de buis ou d’ifs en topiaire, du mouvement à un paysage de bord de mer aux côtés de sauges d’Afghanistan ou d’immortelles d’Italie…

Si vous êtes adepte de fleurs séchées et de décoration d’intérieur “tendance”, récoltez vos tiges de miscanthus avant qu’elles n’arrivent à maturité et invitez-les à rejoindre vos bouquets et autres mises en scène ornementales.


D’un point de vue écologique


Il est très populaire en permaculture en raison du nombre important d’utilisation que l’on peut faire au jardin de cette graminée. Nous l’avons vu elle est un atout décoratif indéniable mais cela est loin d’être sa seule utilité. La densité de son feuillage, la volupté de ses chaumes et de ses inflorescences, et sa présence (presque) toute l’année en font une zone de refuge pour les oiseaux et toute une petite faune.

Ses cannes constituent, dès récolte (en fin d’hiver), un bon combustible qui ne requiert même pas d’être séché au préalable puisque leur teneur en eau est infime (aux alentours de 15%) mais par-dessus tout c’est un excellent paillage. Vous trouverez d’ailleurs dans votre jardinerie du paillis à base de miscanthus broyé. Grâce à votre broyeur de végétaux, vous obtiendrez un paillage organique à fort pouvoir absorbant qui gardera fraîcheur et légère humidité au pied de vos plantations et empêchera la pousse des adventices.


Sa bonne réputation écologique gagne du terrain puisque ses cannes font de plus en plus partie des isolants utilisés en écoconstruction, ont rejoint la liste des matières premières pour biocarburant et entrent dans la composition de certains produits industriels en lieu et place du PVC.