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Modifié le 08/06/2023
Si le myrtillier sauvage (Vaccinium myrtillus) nous est parvenu d'Asie et d'Europe et habille les versants ensoleillés de nos moyennes montagnes, vous préfèrerez cultiver au jardin une espèce plus prolifique (Vaccinium corymbosum) qui vous régalera de ses fruits bleus aussi décoratifs que délicieux. Pour des récoltes gourmandes et généreuses, voyons quand et comment planter un myrtillier.

Généralités sur le myrtillier
Le myrtillier cultivé est bien plus vigoureux que l'espèce sauvage. Votre arbuste pourra ainsi dépasser 1.50 m de haut et former un ensemble très touffu. Sa floraison printanière à la fois mellifère et très décorative, blanche mâtinée de rouge, sera remplacée par une fructification généreuse presque tout au long de l'été.
Pour favoriser la pollinisation et donc la fructification, installez au jardin diverses variétés de myrtillier, au moins deux. Pour bénéficier de récoltes étalées dans le temps, sélectionnez des variétés précoces à récolter dès le mois de juin, comme 'Patriot' et ses énormes fruits ou 'Bluetta' et ses grappes de baies bleues presque noires, fermes et subtilement acidulées. Associez cette dernière à une variété 'Berkeley' à récolter en juillet ou à la très productive 'Bluecrop' dont vous pourrez récolter les fruits jusqu'en septembre. Optez pour l'originalité d'une 'Pink Lemonade' qui offre de grosses baies roses et terminez la saison avec la tardive 'Darrow' qui vous régalera jusqu'à l'automne.
Envie d'en savoir plus ? Découvrez nos conseils sur le myrtillier. Mais voyons à présent quand et comment planter un myrtillier.
Quand et comment planter un myrtillier ?

Le myrtillier est un arbuste de climat tempéré qui apprécie les sols frais, les terres légères, très acides et humifères. Quelle exposition choisir pour planter des myrtilles ? Optez pour un emplacement lumineux, de préférence à mi-ombre ou bien ensoleillé mais impérativement protégé des rayons ardents et des vents secs. Car, si le myrtillier ne craint pas le gel, il redoute la chaleur !
Quand planter un myrtillier en pleine terre ou en pot ? Même si les plants en contenants peuvent s'installer toute l'année (hors période de gel ou de canicule), préférez l'automne et l'hiver pour planter votre fruitier. Il s'installera plus facilement, profitera de la froideur hivernale pour sortir de sa dormance et sera prêt à vous régaler dès la première année.
La plantation en pleine terre
Prévoyez une distance de 80 cm entre vos plants. La terre de jardin répondant rarement aux exigences en acidité du myrtillier, creusez un trou large et profond de 60 cm au moins. La terre est alors bien travaillée, bien ameublie, débarrassée de tous les déchets, cailloux et autres racines. Puis elle est mélangée à de la terre de bruyère pour apporter légèreté et acidité. Les proportions ? 1/3 de terre du jardin pour 2/3 de terre de bruyère.
En amont de la plantation :
dans le cas d'un myrtillier en contenant, faites tremper la motte quelques instants, laissez égoutter, dépotez et démêlez les racines ;
dans le cas d'un myrtillier à racines nues, retailler les racines sur quelques centimètres puis pralinez-les (enrobez-les d'un mélange de boue, d'eau et de compost).
Envie d'en savoir plus ? Découvrez comment planter un arbre à racines nues.
Le trou, la terre de rebouchage et le plant ainsi préparés, voici comment procéder pour planter un myrtillier :
faites un apport de corne torréfiée au fond du trou et recouvrez avec votre mélange de terre de jardin et de terre de bruyère amendé d'un peu de fumier olu compost bien décomposé ;
déposez votre myrtillier bien au centre du trou en plaçant le collet juste au-dessus de la surface ;
rebouchez le trou en tassant légèrement au fur et à mesure ;
formez une cuvette au pied ;
arrosez copieusement.
La plantation en pot
Toutes les variétés de myrtilliers se prêteront à une culture en pot. Là encore vous choisirez au moins deux pieds de variétés diférentes pour permettre la pollinisation croisée et donc la fructification (à moins que vous ne choisissiez une variété autofertile). L'arbuste étant vigoureux choisissez un pot assez grand, d'au moins 45 cm de largeur et de profondeur. Préférez la terre cuite pour une meilleure circulation de l'air et de l'humidité au niveau de la motte. Vos contenants choisis (impérativement percés au fond), procédez de la même manière que décrite précédemment : trempage de la motte pour un myrtillier en contenant, pralinage pour un racines nues. Voici, par la suite, comment planter un myrtillier en pot :
tapissez le fond du pot avec une couche drainante épaisse de gravier ou de billes d'argile ;
remplissez d'un mélange composé d'1/3 de terre végétale et de 2/3 de terre de bruyère amendé d'une poignée de compost ;
déposez l'arbuste bien au centre, collet (l'intersection entre tronc et racines) à fleur de surface ;
remplissez le vide avec le reste de substrat ;
arroser généreusement.
Conseils Jardiland : le myrtillier appréciant la fraîcheur, paillez le pied qu'il soit en pleine terre ou en pot. Ceci le maintiendra au frais et réduira les besoins en eau. Quant à l'eau justement, préférez-la douce, non calcaire. Récupérez l'eau de pluie ou laissez l'eau du robinet reposer 24 h avant de l'utiliser.
Quel entretien pour votre myrtillier ?

Nous avons vu comment planter un myrtillier, en pleine terre comme en pot. Mais comment l'entretenir pour avoir un arbuste en pleine forme et beaucoup de myrtilles ?
L'exposition à la mi-ombre et la qualité de la terre ou du substrat de plantation auront une importance majeure dans la réussite de votre culture. Mais quelques gestes supplémentaires favoriseront de généreuses récoltes :
un arrosage régulier pour maintenir une motte toujours légèrement humide ;
la présence d'un paillage de préférence organique pour maintenir la fraîcheur et enrichir la terre lors de la décomposition (découvrez quel paillage végétal choisir) ;
un nettoyage à la fin de l'hiver avec suppression du bois mort et des branches abîmées ou entremêlées ;
un apport de compost sur une surface griffée à l'automne ;
un apport d'engrais petits fruitiers au printemps (découvrez quel engrais choisir pour les arbres fruitiers).
Comment récolter et consommer les myrtilles ?

La période de récolte s'étend du tout début de l'été au début de l'automne selon les variétés choisies. Globalement, le fruit doit être bien bleu (ou rose dans le cas unique de 'Pink Lemonade'), ferme et juteux.
Procédez le matin alors que les baies sont encore fraîches. Si vous souhaitez les consommer ainsi, au naturel, n'attendez pas pour que les fruits gardent toute leur saveur. Pour une conservation de quelques jours, une semaine au maximum, placez vos myrtilles au réfrigérateur dans un récipient ouvert et tapissé de papier absorbant.
Si vous souhaitez les congeler, placez les baies sur un petit plateau que vous mettrez au congélateur pour un premier passage et une pré-congélation de quelques heures. Une fois cette étape accomplie, vous pouvez placer vos myrtilles dans un sac à congélation classique et les remettre au congélateur pour une année au maximum.
C'est consommée fraîche que la myrtille livrera au mieux ses qualités nutritionnelles et en particulier sa haute teneur en vitamine C, vitamine K et manganèse. On appréciera également sa teneur en sucre non excessive et son apport considérable en fibre. Croquez-la telle quelle, nature. Déposez-la sur un yaourt, un fromage blanc. Intégrez-la à une salade composée, salée ou sucrée.
Vous pourrez bien sûr également transformer vos myrtilles en gelées et confitures gouteuses, en coulis ou encore en sirop à servir l'été dans une eau rafraîchie par de la glace pilée. Associez-la pour de délicieux smoothies de fruits rouges. Réalisez un tarte à la myrtille dans la plus pure tradition alsacienne. Intégrez la baie à vos recettes de cakes ou de muffins. Composez des sauces veloutées et légèrement acidulées pour relever vos mets de volaille. Proposez-la nature ou en chutney pour accompagner les pâte persillée, le Roquefort, les Fourmes ou les Bleus.
Comment planter et cultiver un myrtillier ? Nous l'avons vu, rien de plus facile ! Ne vous privez pas de cette baie délicieuse. Associez-la à d'autres petits fruits tout aussi faciles à cultiver, des framboisiers, des groseilliers et bien sûr de délicieux fraisiers. Composez un arrangement de pots gourmands sur votre balcon, une petite haie fruitière pour délimiter votre terrasse. Installez vos myrtilliers au potager. Protégez vos potées ou plants de pleine terre d'un soleil trop ardent avec une jolie voile d'ombrage. Découragez les oiseaux, friands de leurs baies, avec un filet ou quelques objets effaroucheurs. Offrez-vous un été gourmand !