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Modifié le 06/06/2023
Originaires d’Océanie et principalement d’Australie, les Grevilleas offrent de nombreuses variétés à feuillage toujours persistant mais à l’esthétique bien différente tant au niveau des fleurs que du feuillage, de la taille que du port. Petit tour d’horizon du genre et des conditions de culture…

Présentation du genre Grevillea et de ses variétés
Grand groupe d’arbustes et d’arbres originaires d’Océanie, ces plantes d’extérieur demandent chaleur et soleil pour s’épanouir, toutes sont de croissance rapide mais chacune a à proposer une apparence, des silhouettes et des ports divers. Passage en revue de quelques variétés…
La floraison des grévilléas, en plus d’être très nectarifère, est toujours excessivement généreuse et durable – jusqu’à 6 mois par an – parfois même remontante (plus d’une fois dans l’année). Son esthétique particulière renforce le sentiment d’exotisme.
Ses fleurs sont sans pétale ; ces sortes d’inflorescences prennent tour à tour une forme d’araignée, de cylindre ou encore de brosse. Elles sont jaunes, rose plus ou moins vif, orange ou encore rouges. Et éclaboussent un feuillage proposant tout un nuancier de vert, du plus franc au plus gris.
La rusticité n’est jamais grande de -5°C à -15°C pour de rares variétés – chez ce végétal de climat doux et comme pour les plantes méditerranéennes, il est recommandé de cultiver les grévilléas en pot dans les régions les moins tempérées et de les remiser en serre froide hors gel ou dans une véranda peu chauffée, toujours à la lumière.

Pour une culture en contenant justement, vous pourrez vous tourner vers des espèces à faible développement.
Grevillea lanigera ‘Mount Tamboritha’ par exemple proposera un arbuste rampant parfait pour habiller une grande vasque avec une hauteur maximum de 25 cm pour une envergure de 1,50 m environ. Le feuillage est succulent, légèrement laineux. Les petites aiguilles cylindriques sont d’un gris-vert très élégant dont la douceur est renforcée encore par le dégradé de rose de ses fleurs. Celles-ci recouvrent généreusement la silhouette dès le mois de février et jusqu’au mois de mai. Rustique à -10°C, elle pourra se cultiver en pleine terre dans de nombreuses régions pour peu que le sol soit bien drainé.
Pour une silhouette un peu plus imposante – 1.20 m par 1 m – mais toujours appropriée pour une culture en bac (et ce d’autant plus que cette variété est parmi les moins rustiques avec une résistance à seulement -5°C), le cultivar de grévillier ‘Poorinda Rondeau’ propose une floraison plus vive. Ses fleurs sont enroulées sur elles-mêmes, d’un rose ou rouge vif qui vient illuminer l’hiver et le début du printemps. Le feuillage, persistant toujours est en forme d’aiguilles épaisses, un peu rugueuses, vert foncé.
À moins que vous ne préfériez un autre hybride, ‘Robyn Gordon’, à peine plus grand – de 1,50 à 2 m de haut -, à peine plus rustique (de -5° à -8°C) mais encore plus décoratif avec sa floraison incessante, pouvant remonter presque toute l’année. Les fleurs sont cylindriques, rouge tendre. Le feuillage, très découpé, fait penser à une fougère.

Pour des arbustes plus grands, à planter en massif ou encore en haie libre, optez pour des espèces comme rosmarinifolia, à feuilles de romarin ou juniperina, à feuilles de genévrier. Comme leur nom le laisse penser, toutes deux proposent un feuillage en forme d’aiguilles.
Si les grévilliers à feuilles de romarin existent en variétés naines qui n’excèderont pas 30 cm de haut, vous trouverez des formes plus arbustives atteignant rapidement 2 m. Les fleurs orange à rouge clair habillent de leurs longues étamines un feuillage vert-bleuté. La floraison est plus tardive que les variétés précédentes et s’étend généralement d’août aux premières gelées.
Grevillea juniperina offre un bel arbuste de 2 m de hauteur et d’envergure. Sa croissance est rapide, sa rusticité assez importante avec une résistance à -12°C ce qui lui permettra d’investir bien des jardins avec ses allures de conifères. Le port est buissonnant, légèrement arqué. Les feuilles en forme d’aiguille sont piquantes à la manière du genévrier qui lui a inspiré son nom. La floraison est printanière et estivale, parfois plus précoce si le climat est particulièrement doux. Ses grappes rouges souvent très vif éblouissent le paysage et les longues étamines recourbées de ces fleurs sans pétale attirent autant les butineurs que les oiseaux, pour le plaisir de tous.

Si ces similitudes esthétiques avec les conifères vous séduisent, vous pourrez également opter pour Grevillea semperflorens. Feuillage à aiguilles donc et floraison interminable. Les fleurs sont assez petites, tubulaires à pistils très longs mais surtout elles sont jaune orangé, une couleur plutôt rare pour le genre. Son joli port érigé ponctuée de quelques branches légèrement pleureuses, ses dimensions modestes (de 1 à 2 m en tous sens) et sa faible rusticité (-7°C pas moins) en font un bon candidat à la culture en contenant.
Mais si ce sont des volumes plus imposants que vous recherchez, tournez-vous vers Grevillea johnsonii qui pourra atteindre 3 m x 2 m d’envergure en 3 ou 4 ans. Feuillage en aiguille vert sombre, floraison hivernale et printanière, grappe de fleurs en forme de petites araignées rose vif mâtiné de crème. Rustique à -10°C.
Nous terminerons cette présentation par l’une des plus vigoureuses espèces, Grevillea robusta qui en plus d’atteindre 35 m de haut proposera une floraison très différente des autres espèces et variétés. Jaune d’or, les fleurs s’organisent en brosses ou en écouvillons d’une quinzaine de centimètres de long. Le feuillage est très découpé, vert sombre et rappelle lui aussi certaines fougères. L’arbre, aussi connu sous le nom de chêne soyeux résiste bien à la sécheresse, a impérativement besoin de chaleur l’été ; sa rusticité est de -8°C.
Où, quand et comment les planter ?

C’est au printemps que vous installerez les grévilliers. Arbustes et arbres de climat doux, ils ont besoin de chaleur rapidement pour s’installer correctement. Offrez-lui une exposition ensoleillée et, pour la plupart des espèces, prévoyez une plantation en pot si les hivers sont longs et rigoureux.
La plantation en pleine terre
À l’exception de robusta qui tolérera le calcaire, les grévilliers préfèrent les terres neutres ou acides, peu riches et bien drainées :
prévoyez un trou trois fois supérieur à la motte ;
travaillez la terre pour bien l’aérer et tapissez le fond d’une couche drainante de gravier ou de sable grossier ;
installez la plante que vous aurez préalablement faite tremper puis laissée égoutter ;
laissez cependant la motte intacte ;
rebouchez, tassez, arrosez.
La plantation en pot
Prévoyez un substrat neutre et pas trop riche. Un mélange de terreau de plantation et de terre de bruyère complété par un peu de sable grossier pour une légèreté assurée et un drainage adéquat.
Le contenant sera deux à trois fois supérieur à la taille de la motte.
Quel entretien ?

Sol bien drainé, situation ensoleillée, températures minimales en adéquation avec le seuil de rusticité de la variété choisie, éventuelle plantation en pot, voici votre grevillier à présent installé. Comment entretenir votre arbuste ? Les premières années suivant la plantation demanderont quelques attentions particulières. Puis, bien intégré à son nouveau milieu, le grévilléa sera plutôt facile à vivre…
L’arrosage
Les premières années, assurez-vous que votre arbuste reçoive un apport d’eau régulier ; ne laissez pas la terre trop sécher entre deux arrosages. À l’exception du robusta, évitez l’utilisation de l’eau du robinet, votre arbuste redoutant le calcaire. Si vous n’avez pas le choix, laissez celle-ci reposer 24 h afin que le calcaire se dépose au fond de l’arrosoir.
Au bout de quelques années, les grévilliers s’avèrent bien résistants à la sécheresse. Les arrosages pourront donc être très espacés et uniquement en cas d’absence de pluie prolongée. Un paillage au pied permettra d’éviter l’évaporation, maintiendra fraîcheur et humidité et réduira ainsi le besoin en eau.
Pour une culture en pot, évitez aussi de laisser votre plante de trop s’assoiffer. Pensez à vider la soucoupe une dizaine de minutes après arrosage.
Paillage et fertilisation
Les grévilliers sont peu gourmands.
En pleine terre, contentez-vous d’apporter un peu de nutriments grâce au paillage automnal, un paillage organique bien sûr de feuilles mortes par exemple ou de broyat de bois un peu vert. Envie d’aller plus loin sur ce sujet ? Découvrez comment choisir son paillage et comment utiliser les feuilles mortes du jardin.
En pot, fertilisez à la reprise de la végétation pour encourager la croissance et la floraison avec un engrais naturel pour arbustes à fleurs faiblement dosé en phosphore.

Hivernage
En fonction du climat de votre région et de la rusticité de la variété choisie, il pourra être nécessaire de protéger voire de remiser votre arbuste.
Le rampant Grevillea lanigera par exemple demandera peu d’entretien mais cultivé en pot, il devra être emmailloté dans un voile d’hivernage dès lors que les températures avoisineront -10°C et remisé en serre froide hors gel ou en véranda si les températures risquent de tomber en-deçà, même momentanément.
Les cultivars les moins rustiques comme ‘Robyn Gordon’ passeront l’hiver dans une véranda lumineuse, peu ou pas chauffée.
Dans ces périodes de froid, paillez le pied des plantes laissées à l’extérieur avec un paillage minéral cette fois, de l’ardoise par exemple, pour le protéger du gel.
Taille et soins divers
Si elle n’est ni obligatoire ni indispensable, la taille aura deux bénéfices. Elle vous permettra de contrôler les dimensions et former la silhouette de cette arbuste plutôt buissonnant. Elle permettra également de dynamiser la floraison. Quand tailler un grévilléa ? Durant la période de croissance, généralement au printemps ou en début d’été selon la variété. Supprimez les parties abîmées et les rameaux enchevêtrés. Si nécessaire, rabattez les tiges d’un tiers.
Et les maladies ? Là encore, qu’il s’agisse d’un grévillier à feuilles de romarin, d’un juniperina ou autres, ils connaîtront peu la maladie. Seul le gel, un mauvais drainage et le calcaire pourront les atteindre !
En potée colorée pour ponctuer une terrasse, en massif pour sublimer une pelouse, en haie libre pour célébrer son côté un brin rebelle, partout la floraison du grévilléa ravira l’œil du spectateur et les papilles des butineurs de toutes sortes. Un plaisir à ne bouder sous aucun prétexte !