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Plantes

Désespoir des singes (Araucaria araucana) : plantation, croissance, entretien

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10 min de lecture

Modifié le 24/05/2023

Vous aimez toutes les possibilités qu’offre la nature et ses créations végétales ? Vous adorez les décors plein d’originalité, les paysages hors du commun ? Succombez à la silhouette quelque peu incongrue d’un Araucaria, un Désespoir des singes venu d’un autre hémisphère. Ce conifère n’a pas fini d’investir nos jardins et d’y faire sa place grâce à sa grande adaptabilité et sa facilité d’entretien.



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Présentation de Araucaria et de ses variétés

Des quelques espèces que comptent le genre Araucaria – 19 au total – toutes sont originaires de l’hémisphère Sud et aucune ne laisse indifférent. Car il faut bien le dire, ce genre botanique présente quelques bizarreries de la nature dont certaines variétés viendront bousculer nos paysages et nos jardins. Tour d’horizon des rares espèces qui sont parvenues jusqu’à nous…



On ne s’étendra pas ici sur Araucaria heterophylla, plus connu sous le nom de pin de Norfolk. Cette espèce, originaire de l’île du Pacifique du même nom, se cultive sous nos climats en intérieur. C’est d’ailleurs l’un des rares conifères que l’on pourra conserver ainsi au cœur de nos maisons et appartements. Il en appréciera l’atmosphère tempérée – il ne supporte pas les températures en-dessous de 5°C – et déploiera sa silhouette elle aussi hors du commun. Son feuillage dense s’organise en demi-cercle autour du tronc, l’ensemble prenant l’apparence d’un empilement d’éventails déployés. Il ne dépassera pas 1,5 m de haut.

On ne fera que mentionner Araucaria angustifolia, le pin du Paraná (ici en photo), originaire du Brésil et encore rare sur notre continent. Sa silhouette ne manquera pas non plus de surprendre ; car ici, c’est la distribution des branches qui interpelle. D’apparence somme toute classique les premières années, à l’âge adulte, les branches du bas meurent et peu à peu seule la partie supérieure est végétalisée ce qui donne à l’ensemble une allure de pin parasol en quelque sorte !



L’espèce qui nous intéresse ici est Araucaria araucana, arbre aussi connu sous le nom de Désespoir du singe. Cet Araucaria du Chili, dont il est d’ailleurs l’arbre emblématique, habille de sa surprenante silhouette les paysages andins à quelques 1700 m d’altitude.

Dans son milieu naturel, ce conifère de forêts montagnardes peut dépasser 25 m de haut. Chez nous, il ne mesurera pas plus – mais tout de même – 15 m pour 7 ou 8 m d’envergure.

Il appréciera des climats doux, humides et ne sera finalement pas si rustique que cela avec une tolérance à -12°C, pas moins !

S’il a hérité d’un surnom aussi étrange, ce n’est pas à force d’être convoité par des primates désespérés, mammifères absents des terres natales de l’araucaria, mais plus vraisemblablement pour le caractère inhospitalier de l’arbre… pour les singes ou tout autre mammifère grimpant d’ailleurs. Et au-delà de sembler peu accueillant, tout dans ce Désespoir des singes prête à étonnement.

Que dire du tronc fier et vigoureux, parfaitement droit, écailleux au possible, qui semble recouvert de pointes acérées. Que dire des feuilles, petites, plates, très pointues, parfaitement imbriquées qui forment un feuillage persistant, dense, impénétrable. Celui-ci habille des rameaux parfaitement distribués en hélice autour du tronc. Ce branchage tend à être disposé à l’horizontal mais se permet parfois des circonvolutions qui rendent l’ensemble encore plus surprenant.

Au sortir de l’enfance, vers 30 ou 40 ans – eh oui, le Désespoir des singes sera millénaire sans ciller – le conifère produit des cônes, oblongs et en grappes pour les mâles, gros, ronds, solitaires ou en duo pour les fruits femelles.

Au fil du temps, comme son cousin brésilien, le Désespoir des singes se dégarnit de la base et finit par prendre la forme lui aussi d’un large parasol.


Quand et comment planter le Désespoir des singes ?

C’est de préférence au tout début du printemps que vous planterez ce conifère ou bien, dans les régions les plus clémentes, en septembre ou octobre.

S’il aime le soleil, il sera plus à l’aide dans des ambiances pas trop chaudes et bien humides, des zones côtières par exemple dont il supportera parfaitement les embruns et le vent ou des régions de basses et moyennes montagnes.

Il tolérera difficilement les températures inférieures à -12°C mais dans les régions à hiver rude, vous pourrez toujours cultiver le Désespoir des singes en pot à hiverner.


La plantation en pleine terre

Araucaria araucana s’accommode de toutes les terres pourvu qu’elles soient profondes et bien drainées.

Ainsi, si votre sol est compact, travaillez bien le trou de plantation et ameublissez-en bien le fond. Celui-ci doit être large, profond, de deux à trois fois plus grand en tous sens que la motte. Prévoyez une couche drainante de gravier et un mélange de terre du jardin et de terreau à part égales, complété par du sable si votre terre est argileuse. Installez votre arbre bien au centre et comblez sans enterrer le collet, l’intersection entre racines et tronc. Tuteurez les sujets dépassant 50 cm.


La plantation en pot


Même si sa croissance sera moins importante en pot, le contenant choisi sera de bonne taille, le double du pot initial puis légèrement plus grand à chaque rempotage, tous les deux ans environ. Veillez à ce que celui-ci soit percé, déposez au fond une couche drainante de billes d’argile et prévoyez un substrat léger, un terreau plantation spécial pot idéalement.

Surfacez quand le rempotage n’est plus possible en renouvelant le substrat sur 4 ou 5 cm de profondeur.


Comment l'entretenir ?

Si l’installation du Désespoir des singes est simple, son entretien est tout aussi facile. Comment entretenir un araucaria ? Peu de soins et peu de contraintes pour ce conifère de grande adaptabilité et facile à vivre !



L’arrosage

Il est généreux à l’installation, et tout au long du premier été. Assurez suivi et régularité par temps sec les deux premières années. Pour les sujets en pot, laissez la terre sécher entre deux arrosages. L’apport est alors généreux mais sans excès.


La fertilisation

Faites un apport d’engrais pour conifères au printemps pour les sujets en pot ou en bac et pour les plantations de pleine terre qui aurait besoin d’un coup de pouce pour densifier leur feuillaison. Pour ces derniers, faites également un apport de compost à l’automne.


La taille

Comment tailler un désespoir des singes ? Non seulement il n’a pas besoin de taille mais elle est même fortement déconseillée et à opérer avec beaucoup de modération comme pour tous les conifères. Si cela est réellement nécessaire, procédez en octobre, bien avant que le gel ne s’installe dans tous les cas. Notez par contre que le désespoir des singes perd naturellement, avec l’âge, ses branches basses.



L’hivernage

Nous l’avons vu, le Désespoir des singes est semi-rustique et, s’il peut éventuellement résister à de courtes périodes à -20°C une fois très bien installé, il sera mal à l’aise en-deçà de -12°C.

En cas de rigueur passagère, paillez en couche épaisse le pied de votre conifère et protégez ses parties aériennes avec un voile d’hivernage lorsque ses dimensions le permettent encore.

Si votre région connait des hivers rudes, choisissez la culture en pot. Il vous sera facile de pailler et de protéger pot et plante par du voilage là encore.

Et si cela est possible et que l’hiver s’annonce froid et long, n’hésitez pas à remiser votre Désespoir des singes dans une serre froide mais hors gel.


La multiplication

Elle est possible par semis en mars ou par bouturage en juillet.

Dans le premier cas, semez les grosses graines d’araucaria dans des pots individuels remplis de terreau pour semis et bouturage. Recouvrez d’1 cm de substrat, arrosez et entreposez sous châssis froid. Transplantez une première fois dans un pot plus grand dès que le godet s’avère trop petit pour la pousse. Le repiquage en place surviendra lui trois ans après le semis.

En ce qui concerne le bouturage, sélectionnez des rameaux verticaux et sectionnez-en les extrémités sur 10 cm. Plantez-les dans un mélange de sable et tourbe à parts égales. Placez sous châssis puis repiquez au printemps suivant dans des pots individuels remplis de compost. Le repiquage se fera là aussi trois années plus tard.

Ne perdez pas de vue que la croissance du Désespoir des singes est plutôt lente. Il passera donc plusieurs années avant que votre sujet prenne de l’envergure, et ce d’autant plus que vous partirez d’un semis ou d’un bouturage !



Repérer les maladies, les parasites et les carences

Si vous constatez qu’en plus de la perte naturelle des branches basses de votre Désespoir des singes, celui-ci devient marron par endroit, il se peut qu’il s’agisse d’un stress hydrique dû à une sécheresse prolongée ou à un défaut d’arrosage.

Une ramification excessive sera elle signe d’un air de mauvaise qualité et d’une pollution bien présente.

Enfin, les parasites classiques des conifères pourront survenir. Araignées rouges, pucerons et cochenilles seront peut-être au rendez-vous si les conditions climatiques sont rassemblées. Pour les premières, si cela est encore possible, douchez votre arbre, elles détestent l’humidité. Pour les autres, toujours dans la mesure du possible, pulvérisez une solution à base de savon noir.

N’hésitez pas à recourir à la lutte écologique et à ses alliées. Les coccinelles, redoutables prédateurs des pucerons, les chrysopes qui se régaleront des cochenilles et autres acariens. Plantez non loin des capucines qui attireront à elles les pucerons. Déposez à ses pieds des potées de souci qui repousseront les agressions de nombres de parasites.

Les conifères n’ont pas leur pareil pour orner un jardin. Le Désespoir des singes n’échappe pas à la règle. Il pourra être planté en bosquet aux côtés d’autres arbres de mêmes exigences. Surplombant, par exemple, un arrangement de conifères nains, des genévriers rampants, un sapin baumier nain, un épicéa bleu version mini. À son pied, vous pourrez planter une petite prairie alpine, des chardons, quelques cactus d’Amérique latine… Mais, ce sera malgré tout seul au milieu du jardin, au centre d’une pelouse qu’il sera le plus spectaculaire. Avec son incroyable silhouette, il pourra être traité en véritable curiosité, en pièce unique, véritable joyau d’une mise en scène végétale hors du commun !