Tradescantia : variétés, plantation et entretien

Tradescantia : variétés, plantation et entretien

Derrière la dénomination latine Tradescantia se cache une plante verte, vivace, bien connue de nos intérieurs : la misère, parfois appelée éphémère, et qui ne présente pas moins de 70 variétés. Toutes de culture et d’entretien suffisamment simple pour ravir les jardiniers débutants elles peuvent aussi bien orner un massif qu’habiller un pot en suspension grâce à leurs tiges retombantes. À vos plantations…

Principales variétés et caractéristiques

Ces belles herbacées font partie de nos plantes d’ornement depuis le XVIIe siècle. En 1629, John Tradescant, botaniste et jardinier du roi Charles 1er d’Angleterre, revient d’un de ses voyages en Virginie, aux États-Unis, avec dans ses bagages, entre autres découvertes, celle qui sera nommée en son honneur – Tradescantia – mais qui prendra également le nom d’éphémère de Virginie. Les peuples autochtones utilisaient les feuilles de cette plante, comme remède, pour soigner les maux de tête et même comme nourriture.

Le genre Tradescantia est composé d’un bon nombre d’espèces ayant toutes en commun les particularités d’être des plantes vivaces (qui subsistent de nombreuses années), de posséder des feuilles engainantes qui enveloppent élégamment la tige, et de produire des fleurs à trois pétales dont la brève durée de vie leur a valu une de leurs appellations communes : l’éphémère. Quant à l’autre dénomination, la misère, son origine n’est pas très claire : le terme misère pourrait aussi bien désigner sa capacité à vivre dans des environnements pauvres en nutriments, en eau et en lumière, que son aspect. En effet lorsque les tiges poussent, leur base se dégarnit et peut donner à la plante un air dépouillé et un peu triste.

 

Ces plantes rampantes au feuillage persistant et coloré se cultivent très bien en pots ou suspensions où leurs tiges retombantes habillent joliment un encadrement de fenêtre, une étagère, s’accommodent très bien de compagnes de jardinières.

Issues des forêts d’Amérique du Sud et centrale, elles vivent à l’état naturel sous le couvert des arbres et des taillis. Elles apprécient l’humidité, la chaleur et la pénombre et peuvent s’étendre en couverture dense sur de très larges zones. Les fleurs, dont la durée de vie n’excède pas deux jours, comportent toujours 3 pétales et suivant les variétés peuvent aller du blanc au bleu en passant par le rose et le violet.

 

Si leurs origines tropicales ou subtropicales ne les prédisposent pas au froid, les misères non rustiques peuvent tout de même survivre dans les jardinières ou en pleine terre dans des régions au climat doux, ne descendant pas en dessous de 10°. Les feuilles et les tiges étant gorgées d’eau elles ne survivent pas au gel.

Par contre leur résistance à la chaleur, la sécheresse, l’exposition à la lumière, leur croissance rapide et surtout leur facilité à se bouturer en font des plantes populaires, accueillies dans les intérieurs, les serres ou les vérandas, dont elles agrémentent les pots tout au long de l’année grâce à leur feuillage persistant.

Parmi les espèces non rustiques les plus connues, à réserver à une culture en intérieur, l’espèce type Tradescantia fluminensis se reconnaît à son feuillage vert lustré.

La version panachée ‘Variegata’ offre, elle, des feuilles vertes rayées de blanc ou de crème alors que les variétés ‘Aurea’ et ‘Yellow Hill’ se colorent de jaune. Elle est certainement l’espèce la plus robuste.

 

L’autre vedette de nos plantes d’intérieur, la misère ‘Zebrina’, offre comme son nom l’indique, des feuilles zébrées dans le sens de la longueur, avec un panachage de couleurs selon les variétés : vert, argent, et mauve ou violet au revers pour ‘Pendula’, vert et pourpre avec des fleurs bleues pour ‘Purpusii’… sans compter les variétés issues d’hybridations.

Également connu sous le nom de Juif errant, cette espèce de misère est particulièrement lumineuse et possède un joli port tapissant.

La misère pourpre, Tradescantia pallida, est elle aussi bien répandue tant dans nos intérieurs que sur nos balcons ou dans nos jardins qu’elle agrémente de ses grandes feuilles violettes et de ses petites fleurs roses. Certes, elle est peu rustique – elle gèle dès -5°C – mais ces tiges souterraines résisteront et, le printemps venu, repousseront. En intérieur, elle s’accommodera de tout et sera d’autant plus colorée qu’elle sera exposée à la lumière.

Un peu plus rare, Tradescantia sillamontana, honore son surnom de tradescantie veloutée avec ses feuilles très duveteuses, charnues. Sa petite floraison rose ou mauve contraste joliment avec le gris-vert de son feuillage.

 

Quant à Tradescantia navicularis, ses feuilles plus petites et plus épaisses imbriquées les unes dans les autres et ne laissant pas apparaître la tige.

 

Ces deux espèces se rapprochent des succulentes par leur aspect et leur résistance au manque d’eau.

 

Enfin, l’éphémère de Virginie, quant à elle se distingue des autres par ses facultés à résister au froid et à se cultiver en buisson dense qui peut mesurer jusqu’à 50cm, idéale pour orner son jardin avec ses longues feuilles très effilées d’un vert brillant qui s’ornent en été de grandes fleurs, simples ou doubles, blanches, bleues ou roses selon la variété. Des fleurs éphémères donc puisqu’elles ne durent qu’un jour !

Comment le planter et le multiplier ?

Rien de plus facile que de planter ou replanter un tradescantia en pot ! Il s’épanouira parfaitement dans un contenant percé au fond, rempli d’un mélange léger constitué au 3/4 de terreau et de 1/4 de sable, constamment humide mais bien drainé. Vous pouvez y déposer au fond un lit de billes d’argile par exemple.

Placez-le dans un endroit humide et lumineux mais pas exposé directement aux rayons du soleil. Cette plante gélive aime la douceur, idéalement de 20°C à 24°C, pas moins de 10°C dans tous les cas.

 

Si vous ne coupez pas régulièrement les tiges, il faut prévoir de changer votre plante de pot à peu près tous les deux ans, car non seulement elles peuvent pousser de près de 20 cm par an mais de nouvelles pousses apparaissent spontanément et en étoffent la base. Et cela vaut même pour les plants issus d’hybridation qui se reproduisent très facilement.

Idéalement le rempotage se fait au printemps, de mars à mai, mais si vous l’achetez et la mettez en pot en hiver, prenez soin de la placer dans un endroit chaud et lumineux. Vous encouragerez ainsi, en plus, une petite floraison. Les fleurs de misère ne durent qu’une journée, mais elles se renouvellent sur plusieurs semaines, de mars à septembre suivant les espèces.

 

Le moyen le plus rapide de replanter une misère d’intérieur est le bouturage. Que vous ayez cassé une tige pendante par mégarde, ou que vous en ayez coupé quelques-unes pour entretenir la plante, ne les jetez pas.

Mettez-les dans un verre d’eau et les radicelles ne tarderont pas.

Vous pouvez également les replanter directement dans un mélange de terreau et de tourbe et les plantules ne tarderont pas à pointer de terre.

 

Procédez au bouturage de vos misères d’intérieur de préférence entre avril et septembre.

Pour la plantation d’un tradescantia rustique en pleine terre, de préférence au printemps, creusez un trou trois fois supérieur à la motte.

Mélangez la terre à du compost bien mûr. Ajoutez du gravier au fond du trou. Déposez votre plant en vous assurant de ne pas abîmer les racines. Rebouchez, tassez et arrosez lentement pour que l’eau ne stagne pas au pied.

 

Pour les misères en pleine terre vous pouvez également opter pour la division des touffes en séparant proprement un bloc de tiges avec leurs racines et les replanter directement dans une terre légère que vous arroserez régulièrement.

 

Pour mettre toutes les chances de votre côté il est préférable d’attendre mars ou avril pour réaliser cette replantation.

Comment l'entretenir ?

Tradescantia est donc une plante facile à vivre et à entretenir.

 

Arrosez deux fois par semaine à la belle saison pour garder le terreau humide mais sans détremper la motte. En hiver, un arrosage par semaine suffit.

Si vous arrosez trop, la base des tiges aura tendance à pourrir. Par contre un manque d’eau va faire brunir et se dessécher les feuilles. Il suffit de bassiner la plante pour lui redonner sa vigueur.

 

En poussant les tiges ont tendance à se dégarnir à la base, alors pour garder une plante au feuillage compact, éliminez les feuilles mortes et raccourcissez régulièrement les plus longues tiges d’au moins un tiers.

 

Vous pourrez toujours rebouturer ce que vous avez taillé.

Si votre misère produit des tiges trop longues avec des feuilles pâles très espacées c’est peut-être le signe qu’elle manque de lumière. Installez-la dans un endroit plus éclairé. Elle devrait retrouver ses couleurs rapidement.

 

Le manque de lumière peut aussi faire perdre leurs rayures aux variétés zébrées. Elle ne produit plus que des pousses vertes unies. Coupez les pousses vertes et installez la plante à la lumière.

 

Au contraire, si le bout des feuilles brunit cela indique certainement que la misère est trop exposée au soleil.

 

Ce sont les seuls signes que vous aurez à guetter car Tradescantia n’est ni sensible aux parasites ni aux nuisibles, encore une qualité qui rend cette plante d’ornement facile d’entretien et que vous aurez grand plaisir à faire pousser.

Notre sélection de Tradescantia, Éphémère de Virginie ou Misère

Ephémère de Virginie, Misère 'Green Hill'

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Ephémère de Virginie, Misère 'Yellow Hill'

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Ephémère de Virginie, Misère 'Zebrina'

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Éphémère de Virginie, Misère

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