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Plantes

Palmier dattier des canaries : plantation, entretien, croissance

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9 min de lecture

Modifié le 19/06/2023

En plus d'être remarquablement ornemental le palmier dattier des Canaries (Phoenix canariensis) a le bon goût de pousser rapidement, ce qui n'est pas si fréquent chez la grande famille des palmiers. C'est ainsi qu'il habillera le décor de sa belle couronne de palmes longues, pennées (telles les dents d'un peigne), élégamment arquées et atteindra en quelques années 15 m en pleine terre et sous des cieux cléments. Car s'il préfère les climats chauds où le gel sévit peu et sur de courtes périodes, vous pourrez toujours cultiver votre palmier des Canaries en grand pot, en extérieur et l'abriter l'hiver venu. 


Palmier des Canaries (Phoenix canariensis) - © Nick Alias - stock.adobe.com

Palmier

Présentation du palmier des Canaries

Comme toutes les autres espèces de palmiers, le palmier des Canaries fait partie de la famille botanique des Aracées. Il a en commun avec la plupart des palmiers de son genre, Phoenix, sa composition de base, des palmes organisées en couronne autour d'un tronc ou plutôt d'un stipe, une tige ligneuse qui s'épaissit avec le temps, est parfois lisse mais le plus souvent couvert des vestiges des feuilles passées. Au fil du temps, ce faux-tronc prend toute sa place dans l'aspect très ornemental de l'ensemble. 

Venu des Canaries comme son nom latin l'indique, Phoenix canariensis, également surnommé faux-dattier, est tout particulièrement implanté sur la Côte d'Azur mais sa rusticité moyenne - il résiste à des températures de -7°C voire -10°C sur une courte période - lui permet d'être cultivé dans d'autres régions tempérées. Sous les climats les moins cléments, la culture en grand bac sera tout à fait possible avec un remisage en période de gel comme nous le verrons un peu plus loin.

S'il existe quelques variétés naines de Phoenix comme Phoenix roebelenii, le dattier du Mékong qui atteindra un maximum de 3 m, le palmier des Canaries adulte atteindra lui jusqu'à 15 m en pleine terre pour une envergure de 10 m. Remarquable par son port arqué, sa silhouette dense et régulière avec une distribution en couronne parfaite de palmes nombreuses pouvant atteindre 5 m de long.

Au cœur de l'été apparaît entre les feuilles une floraison sans grand intérêt esthétique. Chez les pieds femelles, les panicules de fleurs blanc crème tirant sur le jaune laissent la place à de petits fruits cylindriques brun-jaunâtre puis orange à maturité. Comestible, sa chair reste trop sèche et peu goûteuse pour être consommée. 


Plantation du faux-dattier

Le palmier des Canaries ou faux dattier - © LianeM - stock.adobe.com

Nous l'avons vu, le palmier des Canaries est un palmier de grande taille, ces dimensions à maturité (15 m x 10 m) seront à prendre en compte au moment de l'installation. Plantez-le dans un espace à sa mesure, de préférence au printemps après les dernières gelées. En climat très clément, une plantation dès la fin de l'été est possible.

Où planter votre palmier ?

Si vous êtes en climat doux, installez-le en pleine terre, en situation chaude et ensoleillée, à l'abri des vents froids ou secs, dans un sol bien ameubli, une terre ordinaire mais humifère et surtout bien drainée :

  • creusez un trou au volume 2 à 3 fois supérieur à celui de la motte ;

  • tapissez le fond avec une couche épaisse de billes d'argile ou de graviers ;

  • placez-le au centre et comblez avec un mélange pour moitié de terre de jardin amendée de 1/4 de sable et 1/4 de compost bien décomposé ;

  • assurez-vous que la base du stipe reste au-dessus de la surface ;

  • tassez au pied autour du stipe, arrosez généreusement, paillez pour maintenir la fraîcheur.

La culture en pot

Dans des régions moins clémentes, une culture en pot sera préférable. Le palmier des Canaries craint le gel prolongé et nous avons vu que sa résistance au gel n'excèdera pas -7°C (voire -10°C sur une courte période). Même s'il n'existe pas de palmier des Canaries nain, celui-ci s'adaptera à une culture en contenant et ses dimensions seront alors naturellement plus modestes. Offrez-lui tout de même un pot ou un bac profond d'au moins 60 cm de diamètre :

  • tapissez le fond avec une couche épaisse de billes d'argile ;

  • placez votre palmier au centre, la base du stipe au-dessus de la surface et complétez avec un mélange à part égales de terre de jardin, terreau et sable grossier ;

  • tassez et arrosez généreusement.

Envie d'en savoir plus ? Découvrez comment réussir la culture du palmier en pot

Entretien et taille du Phoenix

En fin d'été le palmier des Canaries produit de petits fruits cylindriques comestibles mais peu goûteux - © MikyImagenArte - stock.adobe.com

Une fois bien installé, votre palmier ne demandera que peu d'attention mais durant les trois années suivant son installation, quelques gestes s'imposent. Comment entretenir un jeune palmier des Canaries ? 

Arrosage et paillage

Maintenez un sol frais à la saison chaude en arrosant chaque semaine et en paillant pour maintenir la fraîcheur au pied. Envie d'en savoir plus ? Découvrez comment choisir votre paillage. Les 3 premières années, poursuivez cet arrosage hebdomadaire en cas de longue période de sécheresse y compris hivernale.

Pour les cultures en pot, arrosez à peu près 1 fois par semaine durant la période végétative, tout en laissant la motte sécher en surface entre deux apports d'eau. Là encore, un paillage organique au pied peut réduire les besoins en eau.

Fertilisation

Les quelques années qui suivent son installation en pleine terre, le palmier des Canaries appréciera un petit apport de matière organique riche en azote, idéalement de la corne broyée que vous déposerez dans une terre griffée au pied du sujet.

En pot, il sera plus exigeant, son accès aux nutriments étant restreint. Apportez un engrais palmiers pendant toute la période végétative, de mai à septembre généralement, en vous référant aux recommandations de dose et de fréquence inscrites sur le produit.

Conseils Jardiland : afin de renouveler le substrat mais également de suivre la croissance de votre faux-dattier, prévoyez un rempotage tous les 2 ou 3 printemps dans un pot légèrement grand que le précédent. Lorsqu'il ne sera plus possible de dépoter le sujet, procédez à un surfaçage tous les ans, c'est-à-dire à un renouvellement du substrat sur 4 ou 5 cm de profondeur.

Hivernage

Celui-ci est impératif dès lors que les températures avoisinent -7°C. Si votre palmier est en pleine terre, paillez le pied en couche très épaisse et protégez les parties aériennes avec un voile d'hivernage. Vous pouvez agir de la sorte pour les plantations en pot dès lors que les températures ne descendent pas en-deçà de -7°C. Pensez à envelopper également le pot avec du papier journal, du plastique à bulles, le tout retenu dans une housse d'hivernage.

Si le gel est amené à persister ou si les hivers sont généralement froids, humides et longs sous votre climat, il sera nécessaire de remiser votre palmier des Canaries en intérieur. Installez-le dans un local lumineux, impérativement hors gel. Si vous avez un jardin d'hiver ou une grande véranda peu chauffée en hiver (pas plus de 13°C), le palmier pourra s'y plaire toute l'année pour peu qu'elle soit très lumineuse et bien aérée.

Astuce Jardiland : dès lors que vous savez devoir rentrer votre palmier à l'intérieur, prévoyez dès le début d'installer son pot sur un roule-plante. Cela permettra un déplacement plus facile et toujours possible !

Taille et multiplication

La taille n'est pas de mise avec les palmiers, contentez-vous de supprimer au fur et à mesure les palmes sèches ou abîmées en coupant net au ras du stipe ; ce sont ces coupes qui donneront peu à peu son aspect au faux tronc. 

La multiplication, elle, se fait le plus souvent grâce aux rejets situés à la base de la plante. Récupérez ceux-ci assez rapidement après leur apparition et plantez-les dans des pots remplis de terreau spécial bouturage. Maintenez l'ensemble humide, à la lumière sans soleil direct. Repiquez dans des pots de plus en plus grands au fur et à mesure de la croissance.  

Parasites et maladies du palmier

Le palmier des Canaries (Phoenix canariensis) - © Defpics - stock.adobe.com

Le Phoenix est généralement peu sensible, il a les mêmes fragilités que l'ensemble des palmiers surtout si ces conditions de culture ne lui sont pas adaptées.

En termes de parasites, on sera particulièrement attentif à l'apparition de trous et galeries dans le stipe ; ils signalent généralement la présence du charançon rouge du palmier, l'un de ses plus redoutables ravageurs. Dès les premiers signes, pulvérisez une solution spécifique à base de nématodes, un moyen à la fois efficace et écologique de lutter contre ce nuisible. En prévention, pulvérisez la même solution chaque automne.

Mais si le charançon est redouté, c'est le papillon ravageur du palmier qui représente un véritable fléau, et particulièrement sur le pourtour méditerranéen. Là encore, ce dévoreur du cœur des palmiers sera combattu écologiquement par une solution à base de nématodes spécifiquement formulée contre ce papillon. Pulvérisez dès la fin du printemps puis en début d'automne.

Quelques autres insectes pourront visiter votre palmier tout en étant moins ravageurs. Les thrips, de petits insectes longs et fins, noir uni ou rayé de blanc provoqueront une décoloration et une teinte légèrement argentée des jeunes palmes. Les cochenilles, elles, viendront déposer une sorte de miellat collant puis une suie noire appelée fumagine qui contribueront à étouffer la plante. Vous pouvez vous débarrasser manuellement des indésirables si l'infestation est réduite en vous aidant d'un chiffon imbibé d'alcool à 70°. En prévention et en traitement, vous pourrez également faire appel aux chrysopes, parfaits exemples des traitements par insectes auxiliaires au jardin.  

Pour éviter les maladies cryptogamiques c'est-à-dire l'apparition de champignons comme l'anthracnose, la fusariose qui laissent des taches plus ou moins brunes sur le feuillage, repérez les éventuels défauts de culture : veillez aux excès d'eau et au froid persistant. 

Quant à un jaunissement persistant des palmes, cherchez du côté d'une carence en nutriment, en oligo-élément et particulièrement en fer (qui provoque une chlorose). Traitez avec un apport d'engrais spécifique.

Le spectacle d'un palmier des Canaries au cœur d'un jardin n'a pas de prix ! Avec sa belle allure gracieusement arquée, son feuillage dense, ses palmes exubérantes, il apporte une touche d'exotisme en même temps que de panache au paysage. Que vous le plantiez en isolé au centre d'une zone enherbée ou d'une cour minérale. Que vous l'installiez dans un massif sec en compagnie d'autres palmiers, de yuccas, d'agaves et de quelques plantes fleuries comme le laurier rose ou les pourpiers vivaces. Qu'il soit la star de votre jardin d'hiver au côtés de quelques agrumes, vous ne serez jamais déçu.e.s par l'esthétisme permanent qu'il a à offrir.