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Plantes

Noyer : variétés, plantation, culture et entretien

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9 min de lecture

Modifié le 14/08/2023

Quelle variété de noyer choisir ? Si vous savez planter, tailler, entretenir Juglans regia, il habillera de sa belle silhouette votre jardin. Il ne vous reste plus qu’à choisir votre type de noix préférées et à profiter de délicieuses récoltes  !


Noyer

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Principales variétés de noyer et caractéristiques

Le noyer commun est l’une des vingt espèces proposées par la famille des Juglandacées.

Ce Juglans regia – littéralement noyer royal – mérite bien cette appellation tant sa silhouette imposante, robuste et équilibrée apportera de la majestés aux espaces. Indigène tant du sud-est européen que des contreforts de l’ouest asiatique, il gagne ses lettres de noblesse à l’antiquité. On le cultive dès lors pour ses fruits – considérés comme féconds et cadeaux divins – et également pour son bois réputé de haute qualité pour la menuiserie et l’ébénisterie.

Au jardin, il sera un bel arbre au port étalé, d’une vingtaine de mètres de haut. Si sa croissance sera relativement lente, sa longévité sera, elle, importante puisqu’il pourra être au moins bicentenaire.


Noyer

Son ombre est imposante grâce à une ramification forte et un feuillage dense, de belles feuilles caduques d’un vert franc virant au jaune doré l’automne venu.

De jolis chatons vert tendre presque jaune annoncent le printemps et, après de nombreuses années de patience, Juglans regia offre ses premiers fruits. Selon votre zone climatique, votre terroir et vos goûts personnels, vous choisirez la variété qui vous convient le mieux. S’il y a deux variétés différentes, sur votre terrain ou dans les jardins alentour, la fructification ne sera que meilleure.

Parmi les variétés les plus communes, Juglans regia ‘Franquette’ proposera une belle récolte à partir de 10 ans. Découverte puis multipliée par M. Nicoud-Franquet, en Isère, à la fin du 18e siècle, la noix ‘Franquette’ est à la fois concernée par l’AOP Noix de Grenoble et, plus récemment, par l’AOC Noix du Périgord. Cette variété auto-fertile est très productive. Tardive, elle échappe ainsi aux gelées printanières. Sa récolte (en octobre) offre un fruit de calibre assez gros, à coque dure, bien emplie d’un cerneau généreux, gustativement très qualitatif qui se consommera aussi bien frais que sec. Vous profiterez en plus d’un bel arbre au port particulièrement étalé – son envergure pourra atteindre 18 m pour une hauteur de 20 m.


Noyer

Plus petit – 12 m de haut pour une envergure de 9 m – mais présentant un productivité exceptionnelle et des fruits plus gros que la moyenne, le noyer ‘Lara’® est une obtention girondine, qui apprécie les climats tempérés peu humides et peu gélifs. Elle offre une mise à fruit rapide, une maturité très précoce et un fruit à la saveur douce.

Issu d’un croisement entre ‘Franquette’ et ‘Lara’, variété typique du Sud-Ouest, Juglans regia ‘Fernor’ saura vous séduire avec son port érigé, sa rapidité de mise à fruit – souvent supérieure à ‘Franquette’ – et la qualité de ses fruits. La récolte survient généralement à la mi-octobre. La noix est un peu plus grosse que ‘Franquette’, sa saveur plus sucrée aussi. Elle se déguste comme noix de table et ses cerneaux rejoignent avec délectation recettes tant salées que sucrées.

AOC noix de Grenoble, célébrité de l’Isère et des abords du Vercors, la ‘Parisienne’ propose un fruit de gros calibre et de bonne qualité gustative, bien parfumé. L’arbre, particulièrement vigoureux, d’un port semi-érigé à semi-étalé, offre une mise à fruit assez lente avec une première fructification à la 7e année mais une réelle production à la 12e, souvent généreuse mais assez irrégulière d’une année à l’autre. Elle se consomme de préférence fraîche.


Quand et comment planter le noyer ?

Noyer

Le Noyer est un arbre d’équilibre.

Il aime les territoires bien ensoleillés mais pas la sécheresse, les climats tempérés mais pas l’humidité stagnante, le froid mais pas trop longtemps, il redoute par-dessus tout les gelée tardives anéantissant la chance de récolte.

Il s’accommodera de tous les sols mais là encore n’aimera pas les extrêmes. Il affectionnera les terrains neutres. Il n’aimera en tous cas ni l’excessivement acide ni le démesurément alcalin !

Arbre puissant, il aime s’enraciner en profondeur. Offrez-lui un sol meuble mais également frais et bien drainé, un emplacement au soleil, sans trop de vent, en isolé, assez loin des autres plantations ou en groupe avec ses pairs en respectant une distance de 10 m minimum en tous sens.

Le moment venu – en novembre et décembre ou de février à mars – dans une terre à la fois ressuyée et ameublie, creusez un trou d’au moins 3 fois la largeur de la motte et de 50 cm de profondeur. Apportez au fond du trou, un peu de gravier ou de sable grossier pour le drainage. Si la terre est lourde, mélangez-la également avec un peu de sable et du compost. Positionnez un tuteur et placez l’arbre au centre en étalant ses racines et en vous assurant que le point de greffe est bien situé au-dessus de la surface. Rebouchez, tassez légèrement, arrosez généreusement, paillez.


Comment entretenir et tailler un noyer ?

Noyer

Somme toute peu exigeant au regard de sa générosité, Juglans regia apprécie cependant un peu d’attention, surtout les premières années. Conservez son environnement propre, bien désherbé, aéré par binage de surface et paillé à la fois pour conserver la fraîcheur mais également pour le protéger des gelées tardives.

Durant toute son installation, apportez-lui un engrais complet deux fois par an, à quelques semaines d’intervalles, au début du mois d’avril et à la fin du mois de mai. Maintenez un arrosage régulier en période de sècheresse les premières années.

Dès la 5e année, procédez à une taille d’entretien : suppression du bois mort, coupe des branches basses. L’enjeu est de permettre à la lumière et à l’air de circuler au mieux en vue de dynamiser sa croissance et la fructification des années à venir. La taille n’est pas systématique et doit, dans tous les cas, rester légère.


Noyer et coccinelle

Il est raisonnable d’affirmer que le noyer est sensible à un assez grand nombre de parasites et maladies.

Parmi les plus répandues, on citera l’anthracnose repérable par l’apparition de taches sombres sur les feuilles. Climat doux et humide encourage cette maladie cryptogamique ; sécheresse, canicule et grand froid la terrasse. En prévention, limitez les apports en matières azotées et l’humidité sur le feuillage. En cas de terrain propice, traitez à la bouillie bordelaise en suivant les instructions du fabricant. En cas de contamination avérée, débarrassez-vous des feuilles et rameaux atteints.

Plus redoutable encore, la bactériose attaque toutes les composantes du noyer (rameaux, bourgeons, feuillage, etc.) et provoque des nécroses à tous les niveaux. Ses taches noires et huileuses prédisent la mort de l’arbre qu’il faudra détruire entièrement.

Mortelle également, la maladie de l’encre du noyer. Reconnaissable par l’écoulement noirâtre qu’elle provoque à la base de l’arbre, au niveau de l’écorce, ce champignon doit se traiter rapidement et énergiquement. Creusez la plaie méthodiquement jusqu’à atteindre une partie saine du tronc. Appliquez alors de la bouillie bordelaise au pinceau. Refermez à l’aide d’un mastic cicatrisant et d’un ciment hydrofuge dédié à cet usage.

En matière de ravageurs, surveillez principalement le carpocapse et la cochenille rouge, mais également quelques pucerons divers. Tous feront les frais de la présence de prédateurs naturels que vous veillerez à encourager : oiseaux, perce-oreilles ou encore coccinelles. Des pulvérisations à base de savon noir gêneront leur progression. Le carpocapse pâtira de la présence de pièges à phéromones ou de pièges à chenille. En cas de risque d’infestation avérée et tenace, vous pourrez avoir recours au printemps à un traitement insecticide disponible dans votre jardinerie.


Bienfaits et utilisation du noyer et de la noix

La noix

Le bois de noyer est très prisé des menuisiers mais surtout des ébénistes et marqueteurs. Il entre dans la fabrication d’objets divers, souvent précieux, toujours exceptionnels – du sabot paysan à la crosse de fusil, du manche coutelier au mobilier le plus raffiné.

Le brou, un pigment tiré des coques vertes mises à sécher, est un colorant naturel et écologique utilisé depuis le Moyen-Âge.

Moins connues, ses feuilles ont un intérêt certain. Alors qu’on reproche à celles-ci de dégager au moment de leur décomposition de la juglone, un composant toxique pour les autres plantes, les feuilles de noyer ont par ailleurs des vertus diverses, exploitées en phytothérapie. Traitées en décoction, elles s’utilisent en compresse ou en bain pour soulager les lésions cutanées bénignes, les petite brûlures et autres irritations. Écorce et brou sont également utilisés en herboristerie pour leurs propriétés antiseptiques et antifongiques. Ces utilisations sont à réaliser selon les conseils d’un professionnel.

Enfin, le fruit possède lui bien des atouts. Il est parmi les oléagineux le plus riche en oméga-3. Sa consommation est encouragée pour son rôle dans la régulation du cholestérol, son effet sur les troubles cardiovasculaires et le diabète. On loue ses propriétés antioxydantes et son apport en fibre, en manganèse et en phosphore. Une consommation régulière est donc recommandée, elle doit être raisonnable car la noix est calorique.

Nous l’avons vu, la noix pourra se consommer fraîche. Vous pourrez également en récolter quelques-unes encore vertes et les transformer en condiments en les faisant mariner dans du vinaigre. Concassées, elles parsèment un yaourt, enroberont un fromage, rejoignent une version originale de pesto. En chapelure, elles panent un poisson. En cerneaux, elles donnent du croquant à une salade. Émiettées, elles parfument un farci. Rôties, elles exhalent mille saveurs. Mixées longuement, elles pourront rejoindre des sauces ou donnent, en solo, un beurre savoureux ; pressées, une huile délicieuse. Elles agrémentent nombre de recettes sucrées : pains, confitures, mueslis et pâtisseries.