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Modifié le 04/04/2025
Quelle variété de néflier choisir entre le commun néflier d’Allemagne et l’exotique néflier du Japon ? Comment planter, tailler et entretenir ce fruitier méconnu ? Comment profiter des bienfaits et qualités gustatives de son fruit ?

Principales variétés de néflier et caractéristiques
Alors que notre époque signe le grand retour des variétés anciennes et des fruits et légumes oubliés, il est temps de redécouvrir cet arbre fruitier et son fruit, tous deux présents dans nos paysages mais finalement méconnus et peu reconnus.
En réalité, il ne s’agit pas d’un arbre mais de deux arbres tous deux désignés par le même terme générique, néflier, mais de genre et de provenance différente.

Mespilus germanica, le néflier commun aussi appelé néflier d’Allemagne est originaire d’une région allant du sud-est de l’Europe à l’Asie Mineure. C’est un bel arbre d’assez petite stature – il n’excède pas les 6 m de haut – dont le port étalé – 8 m d’envergure pour les plus beaux sujets – et les branches tortueuses habilleront avec originalité le jardin. Son feuillage en fer de lance, vert profond bien sombre puis jaune orangé, est caduc.
Au printemps, il se parsème de grandes fleurs rosées, parfois blanc immaculé. En hiver, il se couvre de fruits, les nèfles, de petites boules orange cuivré. Il sera nécessaire d’attendre le mûrissement extrême du fruit pour le récolter, celui-ci se consommant blet – c’est-à-dire presque gâté, très mûr et ramolli. Les fruits auront une taille, un goût et quelques particularités différentes selon les variétés.
Il existe des variétés sans pépin comme Mespilus germanica ‘Apyrena à gros fruits’. Des variétés à gros fruits justement comme ‘Allemagne’ ou la très ancienne ‘Dutch’. Des cultivars typiquement français comme les Landaises ‘Nèfle tardive’ et son arrivée à maturité en novembre ou la ‘Nèfle précoce’ et ses fruits de très belle qualité, ou encore la ‘Monstrueuse d’Evreïnoff’ une obtention nationale à fruits énormes et particulièrement résistante aux maladies.
Parmi les gros fruits toujours, ‘Large Russian’ qui en plus se distinguera par sa silhouette un peu pleureuse et son feuillage particulièrement fin. Enfin pour des fruits plus petits certes mais particulièrement aromatiques, les Britanniques se font remarquer avec leurs cultivars ‘Royal’ et ‘Nottingham’.

Eriobotrya japonica, le Néflier du Japon aussi connu sous le nom de Bibacier appartient lui aussi à la famille des Rosacées comme nombre de fruitiers d’ailleurs (pommier, fraisier, cerisier, etc.). Originaires des régions les plus chaudes d’Asie, en particulier de la Chine, il en garde une apparence plus tropicale. De grandes feuilles brillantes, une floraison automnale généreuse avec ses grandes grappes de fleurs couleur crème, une silhouette très ramifiée, étalée autour d’un ou plusieurs troncs…
C’est au printemps que les fruits apparaissent sur cet arbre persistant, de petites bibaces ovales, jaune-orangé. Ces nèfles du Japon ne parviendront à maturité que sous les climats les plus cléments, les hivers les plus doux. Il est également possible de les cultiver en pot et de les remiser en hiver pour profiter en mai ou juin, de ces délicieux fruits juteux et subtilement acidulés.
Différents cultivars ont été développés au fil du temps et partout dans le monde. Tous partent de deux origines géographiques précises : la Chine ou le Japon.
Les premiers donnent généralement des fruits peu juteux mais très parfumés. Ils sont de mi-saison ou tardifs, et très rustiques comme Eriobotrya japonica ‘Tanaka’ ou ‘Gold Nugget’, les plus communs d’entre eux.
Les seconds sont plus précoces. Leur fruits, souvent très juteux, peuvent être de grosseur et de qualité exceptionnelles comme dans la variété ‘Champagne’ ou particulièrement sucrés comme pour le cultivar ‘Early Red’.
On notera dans le genre l’existence de deux cultivars particuliers : ‘Coppertone’, strictement ornemental, à floraison remontante très parfumée, et ‘Advance’, une version naine de néfliers japonais, à fruits par ailleurs exceptionnellement gros et savoureux.
Quand et comment planter le néflier ?

Leur similitude patronymique et leur appartenance à la même famille ne font pas des Néfliers d’Allemagne et du Japon des frères tant il présente chacun des spécificités bien tranchées.
Nous l’avons vu, alors que le premier est caduc, le second est persistant. Alors même que vous savourerez les nèfles communes à l’automne, c’est au printemps que vous récolterez les bibaces.
Ces différences botaniques sont également notables quant il en vient à la culture.
Le Néflier du Japon se plante en fin d’été ou au printemps alors que le Néflier commun préfèrera une plantation à l’automne.

Bien rustique, Mespilus germanica, le néflier commun, supporte des températures allant jusqu’à -20°C et s’acclimate ainsi partout en France pour peu qu’il est suffisamment de soleil pour correctement fructifier. Installez-le en situation ensoleillée ou à la mi-ombre, surtout dans les régions aux rayons les plus ardents. Évitez les environnements trop ventés. Toutes les terres lui conviendront, offrez-lui un sol bien drainé mais pas trop sec.
Pensez à sa propension à s’étaler, prévoyez un grand espace libre autour de lui, une petite dizaine de mètres environ.
Creusez un trou d’environ 3 à 4 fois la taille de la motte ou des racines (si en racines nues). Mélangez la terre de jardin à du compost décomposé ou du terreau de bonne qualité. Ajoutez un peu sable ou de gravier au fond du trou si la terre est lourde et l’humidité stagnante. Placez la motte en laissant le collet affleurer la surface. Placez un tuteur avant de reboucher. Tassez et arrosez.

Eriobotrya japonica, le néflier du japon, exige lui un climat plus doux. Bien que ce néflier soit rustique à -10°C, ce sont ses feuilles qui souffriront le moins du froid. Ses fleurs, et par conséquent sa fructification, seront altérées dès lors que les températures descendront à -5°C.
Pour les régions les plus rudes, songez à une culture en pot que vous pourrez placer dans un endroit peu venté et très ensoleillé et remiser l’hiver si nécessaire. Choisissez un bac percé profond, au moins 50 cm, et d’environ 40 cm de côté. Installez au fond une couche drainante de type gravier ou billes d’argile. Offrez-lui un substrat équilibré terre végétale/terreau. La fructification sera plus aléatoire lors d’une culture en pot.
En pleine terre, offrez-lui un sol calcaire ou sablonneux, une terre fraîche et riche, surtout bien drainée, un emplacement ensoleillé et à l’abri du vent. Le trou de plantation est bien large et profond, 50 à 60 cm en tous sens. Enrichissez la terre avec du compost ou du terreau. Pensez au lit drainant en fond de trou si nécessaire. Tuteurez impérativement. Rebouchez, tassez et arrosez.
Comment entretenir et tailler un néflier ?

Le néflier commun appréciera un apport d’engrais organique de type fumier, tourbe ou encore guano tant à la plantation qu’une fois par an au moins les années suivantes. Un arrosage régulier est recommandé la première année. Par la suite, l’arbre sera à surveiller seulement en période de forte sécheresse.
Également quelque peu gourmand, le néflier du Japon appréciera à l’automne un apport de compost, de phosphore (le guano par exemple) et de potasse. Assurez-vous que le sol reste frais en cas de sécheresse, arrosez si nécessaire tout en évitant de mouiller le feuillage.
La taille n’est obligatoire ni pour l’un ni pour l’autre. Elle sera de toute façon douce et d’entretien : suppression des branches mortes et abîmées à l'aide d'un coupe-branches, éclaircissement éventuel des rameaux si l’arbre est trop dense. Pour le Néflier d’Allemagne, elle s’effectue en hiver, pour le Néflier du Japon en été, après la fructification.
Concernant les maladies et nuisibles, moniliose, oïdium, cochenilles et pucerons sont à redouter chez Eriobotrya japonica. Les deux premiers se traiteront par pulvérisation de bouillie bordelaise selon les consignes données par le fabricant. Avant d’avoir recours à des traitements insecticides pour vous débarrasser des deux derniers, tentez de doucher abondamment le feuillage de votre fruitier. Anticipez la survenue en appliquant du savon noir sur le feuillage. Songez aussi à l’introduction d’auxiliaires comme des chrysopes ou des coccinelles ou plantez non loin de votre néflier des plantes répulsives comme les aromatiques – lavande, thym, menthe, camomille, etc. –, l’œillet d’Inde, le souci, la tanaisie entre autres.
Les pucerons, et la mouche du fruit, attaqueront tout autant Mespilus germanica. Tout comme la tavelure qui sera traitée par pulvérisation de bouillie bordelaise en hiver et au printemps.
Enfin, on notera que les deux genres sont sensibles au feu bactérien, une maladie qui attaque spécifiquement les Rosacées. Si elle est peu fréquente, cette bactériose est redoutable. Mortelle pour le sujet atteint, elle est en plus hautement contagieuse et susceptible de ravager un verger tout entier en une saison.
En cas d’apparition de taches brunâtres le long de la nervure centrale des feuilles, d’un dessèchement des boutons floraux, d’une déformation des rameaux, de chancres sur le tronc ou sur les branches, d’une apparence générale “d’arbre brûlé”, supprimez les parties atteintes et débarrassez-vous en. Si l’avancée de la maladie est trop marquée, arrachez le sujet et débarrassez-vous en également. Signalez la présence de la bactérie à votre mairie ou Communauté de communes.
Bienfaits et utilisation du néflier et de la nèfle

La Nèfle commune a une forte teneur en vitamine C et B. On lui accorde un rôle de régulateur intestinal et des propriétés toniques, astringentes, diurétiques
La Bibace est, elle, utilisée depuis toujours dans la médecine traditionnelle asiatique. Outre sa richesse en vitamines C, B6, B9 et en vitamines A, elle apporte nombre de composés anti-oxydants, de minéraux et d’oligo-éléments comme du potassium, du fer, du calcium et du phosphore. Outre sa grande teneur en eau et en fibre qui lui valent des vertus diurétique et laxatives, on lui accorde des propriétés antioxydante, cicatrisante, antimicrobienne et anti-inflammatoire. On se délecte du fruit pour profiter de ces qualités mais les feuilles sont également consommées en décoction ou, séchées, en tisane.
Bien évidemment, l’utilisation des nèfles à des fins médicinales doit être supervisée par un professionnel.

Les deux types de nèfles se consomment crues telles quelles mais également en jus et en sorbet.
Elles font de délicieuses confitures et gelées, seules ou en mélange avec d’autres fruits. Travaillées comme une crème, elles agrémenteront une préparation laitière. Réduites en purée, elles intègreront des bavarois légers et de délicieuses tartes. Elles entreront dans la réalisation de chutneys bien épicés qui accompagneront avec gourmandises des plats de viandes, composeront des achards de type mauricien ! Au Maghreb, elles sont ultra-populaires et donnent du peps aux tajines et autres recettes traditionnelles sucrées-salées.
Elles parfumeront à merveille un punch à la réunionnaise. Associées à un vin* rosé, du sucre, de l’eau-de- vie, de la cannelle et de la vanille, elles composeront un apéritif hors du commun.
* L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.
