Aller au contenu

Info livraison

DEUXIÈME DÉMARQUE SOLDES D'ÉTÉ 2026 : Jusqu'à - 60% ! J'en profite

Plantes

Laurier du Portugal : croissance, entretien, taille

Partager

8 min de lecture

Modifié le 28/05/2025

Si le terme "laurier" revient souvent dans l'évocation des jardins, elle est quelque peu trompeuse puisque sous ce terme générique se cachent bien des spécimens qui ne sont pas réellement de la famille des lauriers c'est-à-dire du genre botanique Laurus. C'est le cas de notre sujet du jour, le laurier du Portugal (Prunus lusitanica) qui n'en mérite pas moins que l'on s'attarde sur sa belle silhouette naturellement conique, son feuillage persistant qui saura habiller le décor toute l'année et sa floraison délicieusement mellifère


Une floraison généreuse et mellifère pour Prunus lusitanica, le laurier du Portugal - © Aida Ricciardiello - stock.adobe.com

Tous nos arbustes de haie

Présentation du laurier du Portugal et de ses variétés

Nous l'avons dit, le laurier du Portugal a une histoire de famille compliquée qui mérite que l'on s'y intéresse pour mieux comprendre les spécificités de ce bel arbuste finalement assez méconnu.

Confusion des genres 

Il n'est réellement de laurier que les espèces appartenant au genre botanique Laurus. On connaît la plus célèbre sous le nom de laurier sauce (Laurus nobilis) très justement surnommé "laurier vrai" et seule espèce de "lauriers" comestible. Puis viennent tout un tas d'autres espèces de "lauriers" qui n'en sont pas dont les plus connus sont :

  • le laurier-cerise (Prunus laurocerasus) ou laurier palme , proche cousin du laurier du Portugal mais qui pousse plus vite que ce dernier et s'impose avec abondance sous tous les climats au point d'être déclaré comme invasif dans certains pays ;

  • le laurier-tin (Viburnum tinus) au feuillage persistant légèrement glauque (vert-bleuté) et à la floraison aussi mellifère qu'élégante ;

  • le laurier-rose (Nerium oleander), arbuste méditerranéen à la floraison estivale incomparable ;

  • le laurier du Portugal (Prunus lusitanica), donc, également appelé prunier des Açores, sur lequel nous allons revenir longuement.

Prunier des Açores, généralités et variétés

Comme son nom l'indique, le laurier du Portugal est d'origine ibérique, du Portugal mais également de l'Espagne. Il en apprécie la chaleur mêlée aux averses estivales et il s'acclimate ainsi parfaitement à notre côte atlantique. Rustique à -15°C et assez résistant à la sécheresse, il pourra se cultiver par ailleurs presque partout en France, installé dans de bonnes conditions, c'est-à-dire en sol à la fois profond et drainant.

D'une vitesse de croissance assez lente, il déploiera alors une belle silhouette naturellement conique qui atteindra une hauteur adulte de 6 à 10m pour les variétés les plus grandes de laurier du Portugal pour une envergure de 2m à 4m. S'il peut être intégré à une haie comme son célèbre cousin, le laurier-cerise, c'est en isolé ou dans un contexte de bosquet que son port arbustif s'exprimera le mieux. Vous profiterez alors toute l'année d'un feuillage persistant légèrement dentelé, des feuilles longues, fines, légèrement pointues d'un vert profond et satiné soutenues par d'élégants pétioles rouges. Au printemps, l'arbuste se couvrira d'épis fleuris, des grappes de petites fleurs blanches odorantes et mellifères qui raviront les butineurs avant que les oiseaux ne viennent à leur tour se régaler des petites baies automnales de rouge à bleu presque noir.

Quelques variétés de plus ou moins grande taille proposent des alternatives intéressantes à l'espèce type :

  • Prunus lusitanica 'Selection' offre un port plutôt pyramidal et une floraison plus généreuse encore ;

  • le laurier du Portugal 'Angustifolia' présente un port plutôt pyramidal, des dimensions plus petites avec 4m de hauteur et une floraison plus généreuse encore ;

  • Prunus lusitanica 'Variegata' se fait remarquer par un feuillage panaché de blanc crème très lumineux.

Où, quand et comment planter le prunier des Açores ?

Un feuillage persistant, vert sombre sur pétiole rouge, ornemental tout au long de l'année - © Dan Mihalcea - stock.adobe.com

S'il préfère les situations chaudes et ensoleillées, votre arbuste s'adaptera à la mi-ombre surtout sous un soleil aux rayons trop ardents. Il s'installe de préférence au tout début de l'automne voire en fin de printemps après les dernières gelées. 

Le laurier du Portugal est peu exigeant et la plantation de ce petit arbre bien aisée. Offrez-lui un sol profond, bien drainé et procédez simplement :

  • en amont de la plantation, faites tremper la motte ;

  • creusez un trou 3 fois supérieur au volume de la motte ;

  • ameublissez bien l'environnement ;

  • tapissez le fond du trou d'une couche drainante de gravier ;

  • après avoir précautionneusement décompacté et démêlé les racines, placez votre plant bien droit, au centre du trou, en laissant le collet, l'intersection des racines et de la tige, à fleur de surface ;

  • rebouchez avec une terre de jardin enrichie de fumier ou de compost bien décomposé ;

  • tassez légèrement, arrosez généreusement, paillez avec un paillage végétal

Si vous souhaitez installer votre arbuste en compagnie d'une sélection de plantes d'extérieur, prévoyez 1.50 m de distance en tous sens. Pour une plantation en haie libre, 1 m pourra suffire. Vous pourrez également choisir de cultiver votre laurier du Portugal en pot. Celui-ci ne perd pas ses feuilles, il constituera donc de magnifiques décors permanents sur une terrasse ou un balcon, conduit sur tige, taillé en topiaire. Choisissez un grand contenant, un pot de fleur, un bac de 50 cm en tous sens. Tapissez le fond avec un lit drainant de billes d'argile et remplissez avec un terreau enrichi. 

Comment l'entretenir ?

Après un été fleuri propice aux butineurs, le laurier du Portugal produit de petites baies dont les oiseaux se régalent - © Alexander Denisenko - stock.adobe.com

En pleine terre comme en pot, le prunier des Açores sera peu exigeant. Quelques règles simples sont à suivre.

L'arrosage

Il est régulier l'année suivant la plantation voire les deux premières années en situation très chaude. La persistance de ses feuilles rend un minimum d'apport d'eau indispensable tout au long de l'année que ce soit en pleine terre ou en pot. Dans ce dernier cas, un arrosage régulier est maintenu en toute saison. Videz l'éventuel soucoupe quelques minutes après chaque arrosage ou lors d'averses de pluie.

La fertilisation

Si elle n'est pas utile pour un arbuste installé en pleine terre, un laurier du Portugal cultivé en bac appréciera un apport d'engrais organique au printemps pour dynamiser la floraison et en fin d'été pour maintenir un feuillage dense et vigoureux. 

L'hivernage

Le laurier du Portugal ne craint pas le gel ou tout du moins résiste jusqu'à -15°C. Dans les climats les plus rudes, paillez le pied en couche épaisse et protégez les parties aériennes avec un voile d'hivernage. Si nécessaire, placez votre arbuste en pot sous un auvent, dans une serre froide, une véranda non chauffée en période de froid dense et soutenu.

La taille

Elle n'est pas obligatoire et dépend de ce que vous attendez de votre laurier du Portugal.

Planté en pleine terre, il prendra naturellement une belle forme arbustive. Contentez-vous alors de le "nettoyer" de ses branches mortes. Procédez en fin d'été pour ne pas sacrifier la floraison. Dès que nécessaire, supprimez les branches entremêlées en son cœur pour permettre à l'air et à la lumière de circuler. Pour ce faire, vous pouvez utiliser un coupe-branche.

En haie, vous attendrez de lui qu'il conserve une certaine hauteur et propose un feuillage dense et régulier. Supprimez les pousses nouvelles au sommet pour niveler et provoquer sa ramification. Envie d'en savoir plus ? Découvrez quand et comment tailler une haie de laurier.

Pour les arbres conduits sur tige et en topiaire, la taille sera plus exigeante pour permettre un maintien de la silhouette voulue. Pour ces tailles de formation, il est préférable de procéder en fin d'hiver même si cela aura l'inconvénient de sacrifier une partie de la floraison. Envie d'en savoir plus ? Découvrez notre article sur l'art topiaire.

Le rempotage 

Cultivé en pot, le laurier du Portugal connaîtra une croissance plus réduite qu'en pleine terre mais vous devrez prévoir un rempotage tous les 2 ou 3 ans afin de lui permettre de s'épanouir dans de bonnes conditions. Choisissez à chaque fois un pot un peu plus grand que le précédent. Si la manipulation n'est plus possible, procédez à un surfaçage annuel, c'est-à-dire à un renouvellement du substrat sur 4 ou 5 cm de profondeur. Il bénéficiera alors d'un renouvellement des éléments nutritifs.

La multiplication

Elle se pratique par bouturage durant l'été de jeunes tiges semi-aoûtées (partiellement lignifiées, en parties devenues brunes) ou à la fin de l'été à partir de tiges cette fois aoûtées c'est-à-dire totalement lignifiées et donc totalement brunes :

  • prélevez un tronçon terminal de 25 cm ;

  • recoupez la base en biseau ;

  • enlevez les feuilles du bas ;

  • trempez éventuellement la base dans une poudre d'hormones pour optimiser les chances d'enracinement ;

  • plantez dans un terreau léger, un terreau spécial bouturage ;

  • maintenez à la lumière, hors gel en apportant un arrosage régulier ;

  • installez en pleine terre ou dans son contenant définitif au printemps suivant.

Maladies et parasites de Prunus lusitanica

Une observation régulière du feuillage très ornemental vous permettra de repérer les quelques insectes ravageurs du laurier du Portugal - © Sarawut - stock.adobe.com

Si le laurier du Portugal est peu sensible aux maladies, quelques ravageurs peuvent croiser sa route. Les tristement célèbres pucerons mais également les otiorhynques, des coléoptères nocturnes sont particulièrement à surveiller. Ces derniers "poinçonnent" les feuilles la nuit durant pendant que leurs larves, enfouies dans le sol, dévorent les racines. 

Des remèdes ? Optez pour la lutte biologique avec l'introduction de nématodes qui viendront parasiter les larves et les détruire. Pour les insectes adultes, tentez de les repérer et de vous en débarrasser manuellement ou encore encourager la venue des carabes, eux aussi coléoptères mais prédateurs des otiorhynques et sans danger pour les végétaux. Pour se faire, laissez quelques zones enherbées, des espaces de prairie non tondus, dans le jardin et travaillez le sol modérément pour ne pas déranger trop durablement les insectes. Bien sûr, bannissez tout pesticide du jardin.

La lutte contre les pucerons passera elle aussi par toute une série de mesures écologiques. En prévention, tentez d'utiliser les plantes alliées. La tagète, le souci ou encore le basilic ont la réputation de repousser les pucerons alors que la capucine les attirerait. Ces dernières, placées non loin, pourraient donc servir d'appât ! Plus sûrement, vous pourrez vous allouer les services d'insectes auxiliaires, prédateurs du puceron, au premier rang desquelles les larves de coccinelles et de chrysopes. En cas d'infestation, en plus de les supprimer manuellement à l'aide d'un coton imbibé d'alcool à 70° ou d'eau savonneuse, vous pourrez également empêcher leur progression en pulvérisant sur le feuillage un mélange de savon noir dilué dans de l'eau. Il existe des formes prêtes à l'emploi dans votre jardinerie.