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Modifié le 17/02/2025
Le Colchique nous raconte les belles arrière-saisons, les sous-bois en fleurs, les prairies d’automne. Installez cette petite vivace à corme au jardin ou en potée. Quelle que soit la variété choisie, sa floraison délicate vous ravira, sa facilité de culture vous étonnera et son absence d’entretien vous comblera !

Principales variétés de colchiques et caractéristiques
Elle ponctue la fin de l’été de sa floraison colorée et délicate. Posées à ras le sol, sur un tube sans feuille, ses petites fleurs en coupe donnent de la beauté à l’arrière-saison, illumine une pelouse, réveille une rocaille, chamboule une potée.
Vivace à corme, Colchicum sp. est indigène à l’Europe, à l’Asie Mineure, au pourtour méditerranéen… et se trouve tant à l’état sauvage qu’en culture.
Le Colchique est connu sous divers noms : Crocus d’automne (alors même qu’ils ne partagent pas la même famille), Tue-chien (en raison de sa grande toxicité qui le rend dangereux pour l’animal comme pour l’Homme) mais également Safran des prés en raison de sa ressemblance avec cette autre fleur, mais les étamines (6 étamines pour le colchique et 3 étamines pour le safran) ne sont pas du tout comestibles.
L’origine du nom Colchique provient d’une région de la mer noire appelée Colchide. Selon la mythologie grecque, Colchide était la patrie d’une femme appelé Médée. Cette magicienne était connue pour ses nombreux meurtres par empoisonnement par le biais de plantes toxiques.
C’est au XIXe siècle avec les progrès de la chimie, qu’on a pu identifier le principe actif contenu dans la plante : la colchicine. On découvre par ailleurs l’intérêt thérapeutique, le poison devient médicament. On l’utilise pour soigner la goutte. La colchicine devient un anti-inflammatoire de référence encore utilisé aujourd’hui.

S’il existe quelques variétés à floraison printanière – Colchicum bulbocodium – ou même hivernale – Colchicum hungaricum, luteum ou encore kesselringii – les variétés communes de nos jardins fleurissent, elles, au tout début de l’automne jusqu’aux portes de l’hiver.
De la variété dépendront le nombre de fleurs par bulbe, leur hauteur et couleur.
De même, le feuillage – qui apparaît après la floraison – sera plus ou moins long et large.
Enfin, la fructification du colchique consiste en la production d’une capsule qui, à maturité, libère de petites graines brunes.
En réalité, tous les colchiques observent un cycle de vie bien particulier avec une période de feuillaison et de fructification séparée de la période de floraison de plusieurs mois. Entre les deux, le corme du colchique reste en dormance, sous terre.
Concernant la plus commune des espèces, le Colchique Automnal, vous pourrez trouver en jardinerie de nombreux cultivars et quelques variétés hybrides.
La plus précoce d’entre elles, le Colchique de Byzance, arbore dès le mois de septembre une floraison d’un beau rose franc. Ses fleurs sont plutôt petites et parées d’un joli cœur blanc. Le Colchique de Cilicie présente à peu près les mêmes caractéristiques – de petites fleurs peu hautes (une quinzaine de centimètres environ) mais d’un rose un peu plus tendre tirant sur le mauve.
Toujours dans un nuancier de rose, peut-être opterez-vous pour les grandes fleurs doubles de l’hybride ‘Waterlily’. Surnommé Colchique nénuphar en raison de sa constitution particulière – ses fleurs sont composées de plusieurs rangées de pétales – elle fait partie des variétés basses (12 cm) et relativement précoces (début octobre).
Pour des roses plus tranchés ou des mauves plus exubérants, choisissez deux variétés un peu plus hautes. ‘The Giant’, sa grosse floraison en coupe évasée et ses 20 cm de hauteur à maturité ou Colchicum speciosum atrorubens et ses fleurs très “dessinées” avec leur cœur blanc immaculé au centre de pétales violet vif.
Pour des tépales à motif, optez pour le Colchicum agrippinum, le tardif Colchicum variegatum ou le généreux Colchicum macrophyllum. Tous les trois présentent un motif en damier sur les fleurs et un joli dégradé de mauve.
Enfin, dans les espèces plus exceptionnelles, on citera Colchicum luteum et sa floraison hivernale jaune. En blanc, optez pour la délicate Colchique Spéciosum Album et ses élégantes fleurs simples ou pour la joyeuse Colchique Autumnale Alboplenum et ses fleurs doubles ou triples aux pétales plus fins et nombreux que d’ordinaire.
Quand et comment planter le colchique ?

Si le colchique est souvent défini comme plante à bulbe, en réalité il s’agit plus précisément d’une vivace à corme, c’est-à-dire constituée d’une tige renflée entourée d’écailles. Ce “bulbe” dit solide est un organe de réserve souterrain qui permettra au végétal d’être pérenne, de stocker les éléments nécessaires à sa survie en période de dormance ou en cas de situations difficiles comme une sécheresse par exemple.
Ce sont donc ces cormes que vous achèterez en jardinerie et planterez de préférence à la fin de l’été.
Le Colchique s’installe en plein soleil ou, tout du moins, en situation bien lumineuse. Ce sont dans ces conditions que la floraison sera la plus longue et généreuse.
En pleine terre ou en pot, il se satisfera d’un environnement ordinaire mais un sol enrichi ou un substrat amélioré ne lui déplaira pas non plus ! Un terreau riche ou un compost bien mûr seront les bienvenus.
Veillez à ce que le milieu de culture reste bien drainant. Et que vos sujets soient à l’abri des vents soutenus mais surtout des pluies violentes. La délicatesse des fleurs n’y résisterait pas.
Si le Colchique, peu exigeant et rustique, trouvera aisément sa place au jardin, sur une terrasse ou un balcon, en massif, dans une rocaille, sous un arbre, au milieu d’une pelouse, en pot ou en jardinière, c’est dans tous les cas planté en groupe qu’il sera du meilleur effet.
Idéalement, installez les cormes, pointe vers le haut, par groupe d’au moins cinq. Le trou de plantation sera assez large pour qu’ils soient à 10 cm environ les uns des autres, et peu profond, pas plus de 15 cm. Vous pouvez également choisir de procéder avec un plantoir.
La terre de plantation est légère, mélangée à du sable si nécessaire. En pot, le terreau pourra être installé sur une couche drainante composée de pouzzolane ou de billes d’argile.
Comment cultiver et entretenir le colchique ?

Signaler l’emplacement de plantation par le marquage de votre choix pour ne pas nuire à la pousse de vos sujets est à peu près toute l’attention que vous devrez leur porter. Le Colchique ne demande en effet aucun entretien particulier. Une fois installés, les cormes seront laissés à leur destinée sans intervention supplémentaire. Pas d’arrosage – sauf peut-être en cas de sécheresse intense et prolongée – pas d’engrais, pas de taille. Le Colchique prospérera seul et se naturalisera.
Vous pourrez ainsi compter sur lui seul pour peu à peu investir le jardin à son rythme. Vous pouvez également participer à son installation en replantant des jeunes plantules spontanément ressemées ou en divisant les cormes existantes. Cette dernière opération se réalise tous les 4 ou 5 ans, au milieu du printemps. Pour réaliser cette multiplication, séparer les bulbilles du bulbe principal et repiquez les plus gros.
Conseil Jardiland : observez régulièrement vos colchiques qui constituent un met de choix pour les gastéropodes. En cas d’attaque de limaces, empêchez la progression de celle-ci en créant un obstacle de cendre, de coquilles d’œuf ou de paillettes végétales. Autre écueil possible, l’apparition de Botrytis – ou pourriture grise. Cette maladie cryptogamique étant provoquée par un excès d’humidité, assurez-vous que le milieu est assez drainé.