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Plantes

Bromélia et autres Broméliacées : entretien, arrosage et floraison

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Les broméliacées possèdent un charme envoûtant, presque mystérieux. Vous les faites entrer chez vous et voilà votre intérieur inondé d’inflorescences étranges et colorées. Le feuillage coriace et particulièrement résistant fait des broméliacées des plantes contrastées, aussi subtiles que robustes d’aspect. Leurs formes originales sont plébiscitées par de plus en plus de jardiniers, mais aussi par des amateurs de déco tendance, attirés par ces incomparables plantes aux charmes multiples et presque irréels… Elles connaissent ainsi depuis quelques années un succès phénoménal… et largement mérité. Leur originalité et leurs vertus décoratives inégalées contribuent largement à cet engouement. Mais qui sont-elles vraiment et comment les chouchouter ? Retour sur une grande famille extraordinaire et sur l’un de ses représentants : le bromélia !



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Généralités sur les broméliacées

Venues des forêts tropicales des Amériques, la majorité des plus de 2 000 variétés de broméliacées sont des plantes épiphytes c’est-à-dire qu’elles se servent d’autres plantes comme support pour se développer. Elles semblent, d’un point de vue esthétique tout du moins, balancer entre cactées et succulentes. L’abondance, l’originalité et la vivacité de leur floraison participent à leur popularité : il n’y aura rien de tel pour apporter de l’exotisme à votre intérieur ! Alors, craquez sans hésiter pour l’un de ces spécimens : bromélia mais également, parmi les plus connus, guzmania, tillandsia, aechmea, vriésie ou encore plante-ananas. Petite revue de détail…


Le guzmania

Guzmania, Broméliacée

Plante vivace persistante, elle est l’emblème floral du Brésil. De longues feuilles en rosette, épaisses, lisses, brillantes d’un beau vert franc. En leur cœur, durant de longs mois, de surprenantes bractées, d’apparences diverses selon la variété mais toujours très colorées. Plus ordinaires et surtout plus éphémères, quelques fleurs blanches ou jaunes viennent compléter l’ensemble.

Une frileuse à cultiver en serre chauffée, en véranda, à la maison, en milieu tempéré et humide.


Le vriesea

Vriesea, Broméliacée

De belles feuilles rubanées, coriaces, vert franc ou bleuté parfois zébré de vert clair. Une floraison estivale là encore des plus originales avec ses grandes bractées en épi aplati comme constitué d’écailles de poisson. Elles sont le plus souvent orange vif ou jaune d’or.

On maintient cette vivace persistante en intérieur, en milieu relativement humide, entre 18 et 24°C, en pleine lumière mais sans soleil direct.


Les tillandsias

Tillandsia, Broméliacée

Voici là un genre bien divers et toujours curieux. Car ces centaines d’espèces ont toutes quelque chose de tout à fait particulier, un esthétisme unique.

Tillandsia cyanea et lindenii semblent jumelles avec leurs bractées en raquette. La première accompagne le rose de son épi par de longues fleurs mauves. La seconde porte le surnom de tillandsia aux fleurs bleues. Tout est dit ! Les deux proposent un feuillage en rosette, fin, d’une trentaine de centimètres de long, vert gris rayé de brun.

À découvrir également les espèces à racines aériennes joliment nommées filles de l’air. Parmi elles, là encore des esthétismes variés.

Que dire de la magnifique Tillandsia magnusiiana (en photo) avec ses longues feuilles gris argenté, nombreuses, fines et délicatement arquées et cette impression de légèreté absolue qu’elles offrent. Simplement posée sur une écorce de bois, au creux d’une branche, elle se déploie lentement, s’érige, s’étoffe et s’illumine parfois de très jolies fleurs mauves.

Et en terme d’originalité, elle le dispute à Tillandsia usneoides, une mousse espagnole, de longs cheveux d’ange pouvant atteindre 2 m, vert gris, légèrement ondulés qui vivent en suspension, de presque rien et dont l’allure leur vaut le surnom de barbe de vieillard.


L’aechmea

Aechma, Broméliacée

Une des variétés les plus communes, Aechma fasciata est surnommée vase d’argent en raison de ses larges feuilles vertes zébrées de gris, légèrement pruineuses. Elles s’ouvrent en rosette évasée sur une bractée rose soutenu, pointue, un peu épineuse, d’où émergent de petites fleurs bleues. La floraison est interminable.

Si elle aime les ambiances douces, de 18°C à 24°C idéalement, elle appréciera aussi la mi-ombre.

Sa silhouette est plus imposante que les autres espèces.


L’ananas comosus

Ananas comosus, Broméliacée

Imposante également la plante ananas, elle aussi membre de la grande famille des broméliacées et qui pourra atteindre 1.50 m de haut. Sa rosette de feuilles vert-gris, fines et épineuses accueillent des bractées orange et de petites fleurs bleutées annonciatrices d’une succulente fructification, un ananas et sa célèbre écorce écailleuse.

À maintenir à la lumière sans soleil direct et à une température située entre 18° et 24°C sans jamais descendre en-dessous de 15°C.


Le bromélia

Bromélia, Broméliacée

Pour terminer voici donc l’objet de notre article, le bromélia, genre bien à part, dont quelques variétés sont parvenues jusqu’à nous.

Elles pourront se cultiver en extérieur, en pleine terre dans les climats très doux puisque la plupart sont gélives dès -2°C mais vous pourrez tout aussi bien les installer en serre tempérée, dans une véranda, dans la maison, dans de belles jardinières d’intérieur pour un décor exotique à souhait.

Parmi les plus communes, la Bromélie de Balansa a bien des points communs avec la plante ananas. Son feuillage vert franc, étroit, épineux forme une touffe évasée, légèrement arquée. En son cœur des bractées d’orange à rose voire rouge vif entoure un épi floral blanc et mauve ; il cède la place à un fruit décoratif mais non comestible. Il en existe une variété dont le feuillage est marginé de crème. La plante peut atteindre 60 cm de haut pour 80 cm d’envergure.

Très ressemblante, Bromelia humilis propose une silhouette plus plane, une inflorescence plus courte et, globalement, des dimensions plus modestes avec une hauteur de 30 cm pour une envergure de 60 cm. Elle est également un peu plus rustique avec une résistance à des températures de -6°C sur une courte durée.


Où et comment planter ?

Broméliacée

Le bromélia pourra donc se cultiver en extérieur dans les climats les plus doux où les gelées sont rares et très légères. Vous pourrez choisir de les cultiver en pot pour les remiser en cas de coup de froid. Pour une culture en intérieur, prenez garde tout de même aux épines et prévoyez de l’espace pour que la plante se déploie correctement sans être dans le passage.

La plantation se déroule de préférence au printemps. En pleine terre, offrez-lui un sol léger, bien drainé, plutôt acide. Vous pouvez ainsi amender votre terre du jardin avec un terreau de feuilles par exemple et l’alléger avec du gravier. Installez-le en plein soleil ou éventuellement à mi-ombre. Paillez car l’accès au pied de la plante pour le désherbage sera difficile en raison des épines.

Pour une plantation en contenant, choisissez un pot bien large pour soutenir sa silhouette évasée. Le drainage est assuré par le perçage impératif du fond du pot et par la mise en place d’un lit drainant de billes d’argile. Remplissez d’un terreau léger, un substrat pour orchidée par exemple. Placez le pot dans une situation toujours très lumineuse, à l’abri tout de même des rayons ardents du soleil et des courants d’air !


Quel entretien ?

Les broméliacées vivant originellement dans les arbres ou au cœur de zones difficiles, leur entretien se résume au strict minimum ou presque



L’arrosage

Une humidité stable est exigée. Pour un sujet installé en pleine terre, maintenez un arrosage généreux et régulier l’été suivant la plantation. Les années suivantes, il devrait être en mesure de se débrouiller avec les apports annuels de pluie. En cas de forte sécheresse, arrosez en pluie fine de temps à autre.

Pour un sujet en contenant, à la plantation et à chaque rempotage – tous les 2 ou 3 ans, au tout début du printemps – optez pour un pot bien dimensionné par rapport au sujet, posez des gravillons en son fond et versez une bonne couche d’eau en surplomb. Dès mars et jusqu’à octobre, arrosez votre bromélia régulièrement tout en laissant sécher légèrement le substrat entre deux apports. En automne et en hiver, arrosez plus modérément mais ne laissez pas non plus sécher la motte totalement.

En cas d’ambiance sèche, vaporisez chaque jour le feuillage de votre plante avec une eau douce et tiède.


La fertilisation

Pour une plantation en pleine terre, la fertilisation est inutile sauf en sol pauvre et très drainant. Dans ce cas amendez avec du compost chaque automne.

Pour une culture en pot, faites un apport en engrais liquide une à deux fois par mois, de mars à septembre.


Tillandsia, Broméliacée

L’hivernage

Nous l’avons vu, le bromélia ne supportera pas des températures en deçà de -2°C à -6°C selon la variété.

Si votre sujet est en extérieur, protégez-le avec un bon paillage au pied et un voile d’hivernage.

Pour une culture en pot, placez à l’intérieur à une température idéalement située entre 13°C et 15°C pendant la période hivernale, une fraîcheur relative qui lui permettra de profiter au mieux de ce repos végétatif.


Maladies, carences et parasites

Le bromélia n’est pas particulièrement fragile.

Assurez-vous qu’il ne soit pas visité par les pucerons ou encore les cochenilles qui affectionnent les ambiances chaudes et humides. En cas d’apparition, supprimez-les manuellement avec un coton imbibé d’alcool à 70° ou 90°. Pour prévenir leur retour et empêcher leur progression, pulvérisez le feuillage avec une solution à base de savon noir.

Pensez aussi à utiliser de l’eau douce, une eau de pluie ou une eau du robinet débarrassée (ou presque) de son calcaire. Pour ce faire, laissez reposer l’eau dans un seau ou un arrosoir pendant 24 h ; le calcaire se déposera au fond, le chlore s’évaporera et l’eau sera en plus à température ambiante !


Comment le multiplier ?

Bromélia, Broméliacée

Le bromélia ne se taille pas. Après une floraison de plusieurs mois, la rosette de feuilles entourant les fleurs meurt. Ne supprimez pas cette fleur fanée immédiatement car elle va abriter des rejets formés par la plante. C’est ainsi que vous pourrait procéder à sa multiplication.

Dès que les rejets auront atteint au moins 5 cm, coupez-les avec délicatesse en conservant leurs racines. Placez ceux-ci dans un pot rempli de terreau pour orchidées ou d’un terreau pour bouturage. Arrosez et placez aux alentours de 24°C, à la lumière, sans soleil direct. Si vos rejets n’ont pas de racine, maintenez vos boutures à l’étouffée, dans un sac plastique transparent fermé hermétiquement durant 1 ou 2 mois pour permettre l’enracinement.

Ces mini-rosettes fleuriront quelques mois ou quelques années plus tard, selon la variété cultivée.


Quelle soit la broméliacée de votre cœur, un rare bromélia, un vriesea ou encore un très classique guzmania, le spectacle sera au rendez-vous. Pour composer des arrangements colorés, des ambiances on ne peut plus exotiques, n’hésitez pas à collectionner les genres, les espèces et les variétés différentes qui, somme toute, ont à peu près les mêmes exigences de cultures.