Mûrier : variétés, plantation et culture

Mûrier : variétés, plantation et culture

Le Mûrier orne le bord de nos chemins et l’orée de nos forêts depuis toujours. Cultivez cette plante sarmenteuse dans votre jardin, votre potager ou en pot sur votre balcon. Et profitez de ses baies gourmandes, les mûres que vous consommerez en été et en automne, fraîches ou cuites, nature ou cuisinées.

Principales variétés de mûriers et caractéristiques

Le Mûrier appartient au genre Rubus. Il ne doit pas être confondu avec le Mûrier fruitier, grand arbre très productif, qui fournit lui aussi des mûres comestibles mais qui appartient au genre Morus.

Nous parlons bien ici de cette plante sarmenteuse dont la version sauvage offre de grandes lianes couvertes de beaux fruits rouge sombre qui ornent le bord de nos chemins de campagne et régalent lors de promenades champêtres petits et grands depuis plus de 2000 ans.

 

Au fil du temps, le genre s’est diversifié, enrichi, étendu. Ses variantes dites sauvages ont colonisé nos paysages. Rubus fruticosus, appelé Ronce des bois, se plaît à l’ombre et pousse volontiers en lisière de forêt. C’est au contraire lumière et soleil qui conviennent à la Ronce à feuilles d’orme (Rubus ulmifolius) alors que vous croiserez plutôt en secteur humide Rubus caesius, la Ronce bleue.

Ronce épineuse, le Mûrier sauvage grimpe ou rampe et peut s’étendre jusqu’à 5 m.

 

Peu à peu, la ronce est passée de sauvage à cultivée, a perdu quelques épines au fil des croisements, s’est parfois hybridée avec son cousin le framboisier (on appelle alors le fruit la mûre-framboise !), a gagné en densité et en générosité de fructification.

 

Son feuillage bien dessiné, très nervuré, d’un beau vert franc habille généreusement la silhouette du printemps aux portes de l’hiver.

 

La floraison est très mellifère. De mai à juillet, votre Ronce fruitière se couvrira d’une multitude de fleurs rose ou mauve très pâle.

Viendra alors le fruit, un amalgame de petits grains, des drupéoles de taille et de goût différents selon la variété, allant du rosé au noir avec toute une déclinaison de rouge.

Ainsi parmi les Mûres des jardins les plus cultivées, vous pourrez opter pour la faramineuse productivité du Mûrier ‘Triple Crown’ qui peut fournir jusqu’à 25 kg de mûres entre juillet et octobre. Son fruit, noir, brillant, très ferme, a la réputation d’être le plus gros (8 g pièce) de tous les Rubus (x) fruticosus !

Dans les grandes mûres toujours, ‘Black Butte’ propose là encore de gros fruits noirs, particulièrement allongés, d’août à septembre. Ses rameaux, pouvant atteindre les 3 m, sont bien vigoureux mais très épineux. Sans épine cette fois, mais aussi vigoureuse – ses lianes peuvent atteindre 5 m – la ‘Géante des jardins’ propose des gros fruits noirs, sucrés et acidulés pour quelques semaines, généralement de la toute fin du mois d’août jusqu’à la mi-septembre.

 

Pour ceux qui ne s’en lassent jamais, ‘Reuben’ semble le bon choix car cette variété assez récente est à la fois précoce – vous pourrez vous régaler dès la fin du mois de juin – et remontante puisqu’elle proposera une nouvelle fructification en fin d’été jusqu’au mois de novembre. Ses fruits sont noirs, gros, sucrés et acidulés.

Pour varier les saveurs mais aussi l’esthétique, alternez ces espèces avec des variétés à fruits rouges. ‘Dorman Red’ produit de gros fruits bien ronds, rouge brillant. Leur aspect mais également leur saveur juteuse et sucrée leur donnent des allures de framboise.

Côté Mûre-Framboise justement, tentez Rubus idaeus x fruticosus ‘Tayberry’, et ses grosses baies allongées, d’une belle teinte grenat, à la saveur fine, très fruitée. À moins que vous ne préfériez la ‘Dirksen Thornless’, ses gros fruits noirs, très juteux et délicieusement acidulé à récolter de juillet à septembre sur des rameaux sans épine.

 

Sortez des sentiers battus et laissez-vous surprendre par des variétés moins communes.

Rubus phoenicolasius – surnommé Mûrier Raisin du Japon – vous séduira par l’équilibre des saveurs de sa mûre rouge vif mais également par son aspect très ornemental avec ses tiges (sans épine) rouges elles aussi et son beau port buissonnant.

Pour une culture en pot, vous opterez pour des variétés naines. ‘Baby Cakes’, sans épine, n’excèdera pas les 1.10 m de haut pour 1.10 m d’envergure. Il offrira souvent deux récoltes de gros fruits noirs bien sucrés. Également sans épine mais plus petit encore avec ses 1 m de hauteur maximum, ‘Little Black Prince’ est également très compact. Ses fruits très noirs, d’une grande douceur, se récolte en un mois, d’août à septembre.

Utilisation et bienfaits du mûrier

Des Grecs Antiques aux Indiens des Amériques, de nombreux peuples ont accordé nombre de bienfaits à la ronce dans toutes ses composantes.

Aujourd’hui, encore et toujours, on reconnaît à la mûre des qualités, entre autres diurétique en raison de sa forte teneur en eau (près de 85% de son poids total) et laxative grâce à ses fibres. Bon antioxydant, ce petit fruit membre de la famille des fruits rouges contient de la vitamine C et de la vitamine E, des flavonoïdes, du manganèse, du cuivre et du fer en bonne proportion.

À des fins de bien-être, vous pouvez la consommer concentrée, sous forme de sirop ou de jus.

Les feuilles s’utilisent quant à elles tant en cataplasme pour désinfecter de petites blessures qu’en tisane pour leurs vertus apaisantes et légèrement anti-inflammatoires.

 

On ajoutera à cela que ce petit fruit rouge est peu calorique (43 kcal/100 g) et bénéficie d’un faible indice glycémique… un allié, donc, en diététique !

Astuce Jardiland : si le Thé de feuille de mûrier – populaire au Japon et en Chine – se fait à partir de feuilles du genre Morus, vous pouvez également consommer les feuilles de Rubus en infusion en les immergeant 4 à 5 minutes dans une eau frémissante à raison de 4 g de feuilles pour 1 litre d’eau.

Ce qui n’empêchera pas la mûre – à l’instar des autres membres du club des fruits rouges – de régaler petits et grands sous bien des formes.

Fraîche et nature d’abord ! Crue en accompagnement d’une spécialité laitière. Déposée au dernier moment, comme décoration gourmande, sur une charlotte ou un pancake. Jetée dans un muesli au petit matin. Pressée, mixée, délayée… au naturel ou à peine sucrée, en sirop ou en jus. En solo ou en duo, en smoothie ou en milk-shake. Froide en coulis, en mousse, en sorbet. Cuite et chaude, en crumble, en clafoutis, dans un muffin ou sur une tarte. Délicieuse confiture sur une tartine de pain frais, en gelée en soutien d’un plat de gibier. Rôtie au four aux côtés d’un poisson blanc. En vinaigre pour déglacer une viande rouge. En cocktail et en groupe, façon Sangria de fruits rouges et noirs. En liqueur bien sûr, macérée dans du sucre et de l’eau-de-vie.

Vous pouvez congeler la mûre. Étalez vos baies dans un plat sans que celles-ci ne se touchent. Placez-les dans le congélateur pour une première étape. Dès qu’elles ont durci, vous pouvez les mettre dans un sac et les remettre à la congélation.

Comment planter le mûrier ?

Pour les espèces de Mûrier requérant un palissage, choisissez une plantation à dos de mur, au pied d’une pergola ou fabriquez vous-même une treille bien résistante. Votre mûrier grimpera le long de larges tuteurs, ses rameaux investiront de solides câbles horizontaux ou habilleront treillis en bois et grillages épais.

Le support se pense et s’installe en amont de la plantation ; il anticipe l’évolution de la ronce.

Ainsi, vous prévoirez toujours plusieurs niveaux pour un même plant, ce qui vous permettra de distribuer au mieux les rameaux de part et d’autre de la tige principale et, horizontalement, à diverses hauteurs. Air, lumière et soleil pénétreront mieux au cœur de votre végétal qui sera aussi, ainsi palissé, du meilleur effet.

Dans les cas des espèces ne nécessitant pas de palissage, celles-ci prendront seules et assez rapidement possession d’un talus, d’une pente peu accessible. À la fois ornementales dans des endroits difficiles de culture et utiles à la petite faune, aux oiseaux et aux butineurs, ces espèces rampantes rendront bien des services.

Une fois ainsi installé en terre, votre plant est prêt pour entamer son palissage. Les rameaux qui peuvent déjà l’être sont placés sur leur guide et fixés avec une attache souple. Ce travail de palissage se poursuivra tout au long de la croissance de votre ronce.

 

Pour un meilleur effet et une meilleure productivité (en encourageant une pollinisation croisée), plantez plusieurs pieds d’au moins deux variétés distinctes. Les plants seront espacés de 2 à 3 m.

 

Vous pouvez également installer votre plant en large bac. Prévoyez un contenant percé et une couche drainante au fond (billes d’argile ou gravier). Optez pour un mélange de terre végétale, terreau et compost. Paillez. Installez là encore un système de palissage directement dans le bac,  placez votre contenant près d’un mur ou suspendez-le sur tout autre support fixe pour une pousse et une fructification en cascade.

Comment réussir la culture du mûrier ?

L’entretien de votre mûrier sera simple et peu exigeant.

L’arrosage doit être régulier la première année, puis, seulement lors de sécheresse ou de canicule. En cas de forte humidité, buttez le pied. Apportez un amendement en surface au cœur de l’automne, du compost en couche épaisse . Renouvelez le paillage chaque printemps. La taille sera essentielle pour la silhouette et la productivité. En fin d’automne ou en hiver, supprimez le bois mort, les tiges abîmées et chétives. Coupez au ras du sol les branches ayant fructifié dans l’année. Coupez une partie des rameaux de remplacement – les branches nouvelles de l’année. Au final, 5 ou 6 branches seront conservées par plant. Coupez-en l’extrémité dès lors qu’elles dépassent les 2 m de long. Quant aux rejets qui apparaissent au pied, supprimez-en la plupart pour, là encore, n’en garder qu’une demi-douzaine. Ils seront les rameaux de remplacement de demain !

Si la ronce fruitière est facile de culture, elle a tout de même quelques ennemis.

À commencer par le ver des framboises, un coléoptère qui dévorera les bourgeons et déposera ses larves dans les fruits. Par anticipation (dès le mois de mai) ou dès l’apparition de l’insecte indésirable, installez des pièges, sorte de plaques engluées, blanches, disponibles en jardinerie.

Autre prédateur connu, le phytopte de la ronce. Vous repèrerez la présence de cet acarien au fait que les fruits tomberont du plant avant même d’arriver à maturité. Dès le printemps, traitez par pulvérisation de soufre. Débarrassez-vous des branches attaquées !

Le botrytis sera traité, lui, plus classiquement. Cette maladie cryptogamique correspondant à un excès d’humidité. Assurez-vous d’un bon palissage et d’une taille efficace afin de permettre une bonne aération.

Enfin, concernant les pucerons, encouragez une bonne association au jardin – la capucine par exemple plantée non loin attirera à elle les prédateurs, préservant ainsi le mûrier de toute attaque – ou optez pour un auxiliaire comme les coccinelles qui se régaleront de l’insecte.

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