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Mon jardin en permaculture : démarrage en 5 étapes

Mon jardin en permaculture : démarrage en 5 étapes

Un jardin vivrier, autonome, respectant l’environnement, aussi beau que varié, économe et me demandant peu de temps et d’efforts… c’est décidé : je tente la permaculture ! Mais cette notion d’une « agriculture permanente » (comprendre résiliente) conceptualisée par deux agronomes australiens dans les années 1970 reste très abstraite. En pratique, qu’est la permaculture ? Comment l’appliquer dans mon jardin ? Et par quoi débuter ? Pas de panique, nous vous présentons 5 grands principes pour mettre en place votre « permajardin ».

Étape 1 : Concevoir le « design » du jardin en permaculture

Vous allez créer un jardin qui répond à vos besoins (en légumes, fruits, fleurs…) et à vos envies (barbecue, terrain de jeu, piscine naturelle…) Tout ceci en fonction des ressources existantes et des possibilités qu’offre votre chez-vous. En langage de permaculture, vous allez devoir établir le « design » de votre jardin. Ce qui est tout simple !

Arpenter le terrain

Première chose à faire : prendre les mesures de votre terrain afin de dresser le plan de votre jardin. Le cadastre en ligne (www.cadastre.gouv.fr) vous donnera des indications précieuses : les dimensions bien sûr, mais aussi la présence de fossés, talus, clôture, sources…

À faire : dessinez votre permajardin :

– Sur une feuille de papier millimétrée, tracez les contours de votre lieu de vie : dimensions, éléments de reliefs.

– Détaillez les rues, murs, haies… tout ce qui cerne le terrain.

– Dessinez sur ce plan les bâtiments « en dur » comme la maison, le garage, mais également toutes les dépendances : cabane, clapiers à lapins…

– Inventoriez et inscrivez sur le plan la végétation pérenne : grands arbres, bosquets, haie…

– Votre plan est tracé. Notez l’orientation et, sur des feuilles de papier calque, les zones d’ombre observées en été à 10h, 13h, 17h.

Découvrir ses ressources

Pour bien jardiner, il est important de bien connaître son terroir, c’est-à-dire la nature du sol de notre jardin et le climat de notre lieu de vie. Quand ont lieu les premières et dernières gelées en général chez vous ? Quelle est la pluviométrie annuelle moyenne ? Quelles sont les ressources en eau ? Autant de données indispensables pour choisir des plantes adaptées au terroir. Pour les découvrir, faites des recherches sur internet (ou se trouvent les informations météorologiques de chaque commune) et interrogez vos voisins.

Appréciez le sol de votre jardin : sauf cas extrême où aucune végétation ne pousse, toutes les terres de jardin sont assez riches pour être cultivées. Mais chacune diffère : texture (argileuse, limoneuse, sableuse), nature chimique (pH alcalin, neutre, calcaire), taux d’humus, etc. Partez donc à la découverte du sol de votre jardin !

À rechercher également : les sources d’eau (ruisseau, puits…) et d’électricité. N’oubliez non plus que votre territoire ne s’arrête pas aux limites de votre terrain, mais englobe aussi toute la nature environnante. Votre voisin éleveur pourra peut-être vous fournir du fumier et de la paille. La forêt vous offrira des fagots, des champignons. Vous pourrez aller glaner l’herbe coupée des talus communaux…

Rêver son jardin

Que souhaitez-vous que comporte votre jardin ? Un lieu où les chiens puissent s’ébattre, où les enfants puissent jouer, un espace pour vous détendre, un coin pour étendre le linge, un verger, un potager, un endroit où installer des ruches, des moutons… ? Une fois toutes vos envies listées, reprenez votre plan et voyez où installer ces zones dédiées en suivant deux règles :

– Veillez aux interactions. En permaculture, on lie les parties du jardin les unes aux autres. Par exemple, le poulailler sera proche du potager afin que les volailles puissent se nourrir des feuilles des légumes abîmées et que les cocottes puissent en hiver gratter la terre afin d’y restreindre les populations de vers, de limaces et autres ravageurs.

– Prendre le chemin le plus court. Les endroits du jardin où l’on se rend le plus souvent doivent être ceux qui sont le plus près de la maison.

Étape 2 : Maintenir le sol du jardin vivant

Bonne nouvelle : en permaculture, on limite au maximum le travail de la terre et sa fertilisation. Donc terminer la plupart des interventions sur le sol : on se contente de favoriser les êtres vivants qui existent à sa surface… mais aussi et surtout en profondeur. Comment ? En s’inspirant de la nature. Dans celle-ci le sol n’est jamais nu. Faites en sorte que le terrain de votre jardin ne le soit pas non plus.

Pailler

Au jardin comme au potager, couvrez le sol nu de divers « mulchs », c’est-à-dire de matière organique. De la paille si vous en avez de disponible, mais de tout ce qui existe dans le jardin : de la tonte, des feuilles mortes, des « mauvaises herbes » arrachées, les déchets verts d’ordinaire destinés au compost, etc. N’oubliez pas qu’un des principes de la permaculture est que votre jardin fasse appel le moins possible aux achats. Dans l’idéal, retourne au jardin ce qui vient du jardin.

 

Remplir le sol

Dans la nature, le sol n’est jamais nu… car il s’enherbe. Il n’est que rarement recouvert de paillage. Même en forêt, la litière de feuilles mortes ne recouvre pas la terre nue, mais une végétation rase composée de plantes vivantes. Dans votre jardin, de la même façon, le recours au paillage doit être réduit, car vous chercherez à semer et planter le plus de végétaux possible, à remplir le sol de plantes vivantes. Vous pouvez planter des couvre-sol par exemple, ou semer des engrais verts, en enherbant les allées et, toujours, en mélangeant le plus possible les végétaux.

Étape 3 : Associer, mélanger les plantes

Dans la nature, pas de monoculture. Et le moins possible en permaculture ! Finis les rangées de laitues voisinant avec les 3 lignes de poireaux. Terminée la grande plate-bande uniquement composée d’iris. Dans votre permajardin, vous changez de regards sur les plantes : elles ne se concurrencent plus, mais sont solidaires et pratiquent l’entraide.

Créer des communautés

Observez la nature : les plantes y poussent en grand mélange, chacune ayant sa fonction. Certaines fixent l’azote du sol, d’autres attirent les pollinisateurs, recyclent les polluants ou servent de supports, d’ombrage, etc. Abandonnez la notion de mariage d’une plante avec telle autre, mélangez-les le plus possible en offrant à chacun des végétaux un milieu qui lui est adapté (rusticité, nature du sol du jardin, besoin en eau…) et une place au soleil : chaque plante doit avoir suffisamment d’espace pour s’étendre et s’épanouir.

 

Chambouler le jardin

Décloisonnez-le ! Dans un potager en permaculture, plantez des petits fruits et des fleurs vivaces en bordure des rangs de légume. Sur une même planche, semez de l’aneth, de la coriandre, des aromatiques annuelles avec les carottes, les betteraves, etc. De la même façon, installez des plantes maraîchères dans le jardin d’ornement : un pied d’artichaut ou un chou dans les massifs, des haricots d’Espagne sur un treillage, un potimarron courant le long d’une clôture…

Inviter les sauvageonnes

Mais pourquoi tolérer les « mauvaises herbes » (voire accueillir les plus jolies, utiles et les plus goûteuses d’entre elles) ? Parce que ces plantes locales, vigoureuses, sont parfaitement adaptées au terroir du jardin. Plus elles seront présentes dans la composition d’une haie champêtre, d’une pelouse diversifiée, de massifs de vivaces, plus le jardin résistera à la sécheresse comme aux inondations. Sans oublier qu’en augmentant la biodiversité, vous limiterez les risques d’attaques de ravageurs et de maladies.

Étape 4 : (Essayer de) Tolérer

Un principe de la permaculture énonce que l’on ne doit pas lutter contre la nature, mais faire avec elle. N’y voyez pas là de l’angélisme, l’invitation à laisser ses récoltes être détruites, mais simplement à prendre du recul, à s’interroger sur l’intérêt d’intervenir. Ce qui est très rarement nécessaire dans le jardin amateur.

Ne pas juger trop vite, relativiser

Sauf exception (comme le mildiou), aucune maladie et aucun « ravageur » ne peut détruire l’intégralité de votre jardin. Leur présence ne signe pas nécessairement de gros dégâts à venir. Vous avez plein de punaises ? Mais observez-vous réellement une chute de la productivité de vos légumes ? Les limaces ont dévoré vos plants de courgettes ? Mais ont-elles également touché aux carottes, artichauts, rhubarbe… ? Des fourmis pullulent sur le prunier, attirées par des colonies de pucerons qui font se recroqueviller les feuilles : constatez-vous une plus faible récolte de prunes ? La permaculture invite à un autre regard sur le jardin, en observant que chaque insecte, acarien ou champignon a sa place et son rôle dans l’écosystème et qu’il ne nuit pas forcément aux plantes cultivées.

À faire : apprécier les pucerons (si, si !) :

On les déteste ces pucerons qui forment des gangues très laides sur les plantes. Ils ont pourtant leur rôle et collaborent avec leur hôte végétal. Contre un tout petit peu de sève (trop peu pour l’affaiblir), celui-ci laisse les pucerons attirer les fourmis avec leur miellat. L’intérêt des fourmis ? Quand elles ne consomment pas le suc des pucerons, elles chassent les chenilles, larves et petits insectes qui viennent grignoter les plantes.

Difficile à croire, voici un petit jeu : sélectionner une pousse de rosier en bouton envahie par les pucerons. Photographiez-la. N’intervenez surtout pas et renouvelez la prise de photo autant que vous le voudrez. Au bout de 10 jours, vous observez que les pucerons ont disparu et que les boutons de rose se sont épanouis sans problème.

Accueillir les auxiliaires du jardin

Papillons, bourdons, abeilles, coccinelles, hérissons, chauve-souris… invitez-les tous dans le jardin. Comment ? Certainement pas en les achetant ou en allant les prélever dans la nature pas même en leur construisant des hôtels à insectes, mais en rendant le jardin accueillant pour eux. En leur offrant le gîte et le couvert. Vous devez donc découvrir les besoins de chacun de ces auxiliaires. Ainsi vous saurez quels végétaux leur sont nécessaires (pour se nourrir, mais aussi pondre, s’abriter…), mais aussi quels milieux de vie devront être conservés ou créés.

Et les purins, savon noir et autres traitements « naturels » ?

Substituer un produit qui semble naturel et sans danger pour les végétaux et l’environnement (ce qui n’est pas nécessairement le cas des recettes actuellement diffusées qui utilisent des produits d’entretien de la maison !) à un autre considéré comme chimique est au mieux du jardinage biologique. Mais n’a rien à voir avec les principes de la permaculture qui invite à ne pas intervenir du tout sauf en cas de vraie menace ! À noter que les fondateurs de la permaculture n’interdisent pas le recours, mesuré, à des produits non issus de la chimie de synthèse dont l’efficacité est avérée.

Étape 5 : Recycler, récupérer, transformer…

Limiter le recours aux énergies fossiles et produits qui en sont issus (essence, plastique…), réduire au maximum les achats, récupérer les ressources naturelles, recycler les déchets… Plusieurs principes de la permaculture nous invitent à avoir un jardin zéro gaspi. En voici trois exemples :

Récupérer l’eau de pluie

Plusieurs milliers de litres d’eau dans l’année : voici ce qui peut provenir de précipitations tombant sur le toit d’une maison de taille moyenne et qui part dans les canalisations d’évacuation… Quel dommage n’est-ce pas ? Il suffit d’une cuve raccordée à une descente de gouttière pour s’assurer cette ressource en une eau tempérée, dépourvue de chlore et de calcaire. À savoir : la pluie issue des orages, chargée en ammoniaque et en dioxyde de soufre posséderait même des vertus fertilisantes.

À faire : calculer votre ressource en eau de pluie :

Comment estimer le nombre de m3 d’eau que les toits de votre maison vous permettraient de récupérer ? En faisant ce calcul : hauteur moyenne des précipitations annuelles (http://fr.climate-data.org) par la surface au sol de la maison moins 10 % de perte.

Par exemple, pour une maison de 150 m2 dans une région où tombe 600 mm de pluie par an, on compte une provision d’eau de 81 m3 ((0,6 x 150) –6). Soit 8 100 litres d’eau, plus de 800 arrosoirs !

Composter les déchets verts

Épluchures, fanes, coquilles d’œufs, écorces d’agrumes, marc de café, papiers, feuilles de laitues abîmées, herbes arrachées… les déchets de la cuisine et du jardin sont nombreux et encombreraient bien inutilement la poubelle si on ne les recyclait pas. Soit en les mettant en tas à composter… soit en les étalant directement sur le sol.

En toute fin de décomposition, la matière organique fournit une faible quantité d’éléments minéraux (mais en quantité bien trop faible pour que le marc de café, les peaux de banane ou un quelconque autre composant puissent être considérés comme un engrais) et, surtout, une molécule indispensable pour le sol : l’humus. Celui-ci a la faculté de se glisser entre les feuillets d’argile et d’agglomérer les particules de sable ; il absorbe l’eau et les éléments minéraux (qui sans lui seraient lessivés vers les nappes phréatiques) et les restitue aux plantes selon leurs besoins. Sol trop léger ou trop lourd ? C’est l’humus qui améliore la texture du terrain. C’est lui aussi qui assure la fertilité de la terre. Et qui assure que les déchets verts sont de l’or en devenir !

Multiplier les végétaux

Récupérer les graines des tomates, des haricots, de la coriandre, des cosmos, des capucines, diviser les pieds de rhubarbe, de ciboulette, marcottez le figuier, bouturer les rosiers, les hortensias… multiplier les plantes du jardin est un vrai jeu d’enfant. Non seulement ces opérations vous feront économiser sur l’achat des végétaux, mais elles vous permettront de pouvoir échanger avec d’autres jardiniers et de conserver certaines variétés menacées de disparition. Et ce n’est pas tout : ces plantes issues du jardin sont parfaitement adaptées à leur terroir et donc généralement plus vigoureuses et saines que celles achetées et soumises au stress de la transplantation.

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