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Jardin

Lutte biologique : une alternative aux pesticides !

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5 min de lecture

Modifié le 03/02/2025

Adieu les pulvérisations pour traiter les plantes et bonjour la lutte biologique ! Aujourd’hui, on vous propose d'explorer les alternatives aux pesticides. Car oui, il est tout à fait possible de protéger son jardin sans recourir à des produits dont tout le monde se méfie. Comment faire sans pesticides ? Quelle est l’alternative à l’utilisation de ces produits ? Découvrez des solutions qui feront de votre jardin un havre de paix pour la biodiversité !


Les pesticides ? Très peu pour moi ! - © ldprod - stock.adobe.com

Qu’est-ce que la lutte biologique ?

Avant d’aller plus loin, mettons les choses au clair : la lutte biologique n’est pas une guerre ! Il ne s’agit pas d’éradiquer les nuisibles, mais de jouer les médiateurs dans le grand cirque de la nature.

La lutte biologique, qu'on appelle aussi le biocontrôle, repose sur un principe simple qui est d'utiliser des alliés naturels pour limiter les dégâts causés par les ravageurs (ou bioagresseurs). En clair, au lieu de bombarder vos plantes d'insecticides, vous faites appel à une cavalerie d'auxiliaires : coccinelles, champignons, phéromones et autres nématodes...

La petite anecdote : le biocontrôle ne date pas d'hier ! En l'an 300, on utilisait en Chine les fourmis tisserandes dans les champs d’agrumes pour les débarrasser de leurs insectes ravageurs. Et dans l'Antiquité, on utilisait déjà les substances naturelles comme solution de lutte biologique.

Pourquoi choisir la lutte biologique ?

Parce que depuis 2019, les pesticides conventionnels sont interdits dans nos jardins, et ce n’est pas plus mal ! Ils représentaient un danger pour la santé humaine, celle des animaux et de l’environnement. La lutte biologique offre un nouvel équilibre basé sur la cohabitation avec la nature. Et ça, ça change tout !


Les différentes alternatives biologiques aux pesticides

Vous êtes prêt à dire adieu aux pesticides ? On vous propose de découvrir les principales méthodes alternatives aux pesticides afin de lutter contre les ravageurs et les maladies de votre jardin sans mettre à mal sa biodiversité.

À noter : même s'ils sont issus de la nature, les produits de biocontrôle peuvent aussi agir négativement sur des insectes utiles. Ces alternatives doivent être utilisées dans des cas bien spécifiques et selon les précautions d’emploi en vigueur. Par exemple, on n’utilisera pas la même méthode pour éliminer la chenille du chou que pour lutter contre les pucerons du rosier !

Les macro-organismes, ces nouveaux héros

Une solution piquante, mais efficace ! - © jurra8 - stock.adobe.com

En résumé, les macro-organismes sont les auxiliaires du jardin :

  • Les prédateurs (les plus connus des macro-organismes), se nourrissent des ravageurs. La larve de chrysope en est un exemple parfait, puisqu'elle avale les pucerons comme d’autres croquent des chips (jusqu’à 30 par jour).

  • De leur côté, les parasitoïdes sont de mini-guêpes qui pondent leurs œufs dans des hôtes vivants qui finissent par en mourir. Les hyménoptères forment la famille de parasitoïdes la plus présente au jardin. Après leur passage, pucerons et chenilles en sont réduits à l'état de momies.

  • Les nématodes, des vers de taille microscopique, parasitent quant à eux les limaces ou les larves de hannetons. Efficaces et invisibles, ils travaillent en silence à causer la mort de leur hôte.

Conseil Jardiland : favorisez toujours les macro-organismes déjà présents dans votre jardin en leur fournissant un lieu où passer l’hiver (tas de bois mort, hôtel à insecte, haie non taillée...). Si vous en introduisez de nouveaux achetés en jardineries, faites attention à leurs conditions de conservation, car ce sont des êtres vivants !

Les micro-organismes, l’infiniment petit au service du grand jardin

Les macro-organismes sont loin d'être les seules alternatives biologiques aux pesticides. Agents invisibles à l’œil nu œuvrant en toute discrétion, champignons, bactéries et virus sont également là pour vous prêter main-forte !

  • Selon les champignons, le mode d'action pour lutter contre les ravageurs n'est pas le même.

    • Certains parasitent directement les nuisibles (notamment les insectes piqueurs).

    • D'autres produisent des substances qui agissent comme un antibiotique sur les ravageurs.

    • Enfin, les derniers entrent en compétition avec les champignons nocifs à vos plantes afin de limiter leur dissémination.

  • Du côté des bactéries, on procède tout autrement en empoisonnant le nuisible du jardin. Par exemple, le célèbre Bacillus thuringiensis produit des toxines redoutables pour les chenilles Lépidoptères. L'ennui, c'est que cette redoutable bactérie ne fait aucune différence entre les chenilles de ravageurs et les autres chenilles de papillons...

  • Dernière famille de micro-organismes auxiliaires, les virus se développent dans les cellules de leurs hôtes (comme les carpocapses du pommier) et finissent par entraîner leur mort.

À noter : l’efficacité de ces micro-organises dépend beaucoup du milieu et des conditions climatiques. Par exemple, les résultats peuvent fortement varier selon la taille des chenilles, l'avancée de la maladie sur la plante, ou encore le degré d’humidité du sol...

Les médiateurs chimiques, ou l'art d'affecter le comportement des autres

Le piège se referme sur eux ! - © Dmitrii - stock.adobe.com

Autres alternatives efficaces aux pesticides, les médiateurs chimiques sont des molécules qui se diffusent dans l’air et qui provoquent un changement de comportement ou de morphologie chez les autres organismes. Ici, on parle donc de phéromones, ces parfums séduisants qui envoient des signaux aux ravageurs !

On utilise les pièges à phéromones de trois façons différentes :

  • Le piégeage de détection permet de vérifier si un ravageur rôde dans les parages. La méthode est notamment très efficace pour détecter précocement la présence de la pyrale du buis dont les chenilles sont peu visibles au début.

  • Le piégeage de masse utilise les phéromones pour attirer un maximum d’individus dans un piège collant ou hermétique à toute évasion.

  • Enfin, la confusion sexuelle permet d'empêcher les mâles de trouver leur dulcinée, conduisant inévitablement à la diminution de la population.


Les substances naturelles, un retour aux sources

Une alternative fleurie - © yuujii - stock.adobe.com

Pourquoi aller chercher loin ce que la nature nous offre tout près ? Les substances naturelles d’origine animale, végétale ou minérale offrent d'excellentes alternatives aux pesticides !

À noter : ces substances peuvent être extraites d’un matériau naturel ou obtenues par synthèse chimique.

  • Le phosphate ferrique est idéal pour vous débarrasser des limaces et escargots sans polluer votre potager ! D’origine minérale, ce molluscicide stoppe l’alimentation du ravageur et finit par le tuer en provoquant une concentration mortelle de fer dans son organisme.

  • Le pyrèthre est un insecticide redoutable qui agit aussi sur les acariens. Il est obtenu à partir des fleurs de

    chrysanthemum qui sont séchées puis réduites en poudre.

  • Pour finir, l’acide pélargonique est utilisé pour son pouvoir désherbant. En effet, il dessèche les feuilles des adventices (ou herbes indésirables) dès qu'il les touche.


Comment intégrer ces solutions alternatives aux pesticides dans un jardin ?

Adopter des solutions alternatives aux pesticides, c’est aussi une question de méthode !


#1 Observer et identifier

On le garde sous observation ! - © FreeProd - stock.adobe.com

Votre premier ennemi, c’est l’ignorance. Bien connaître le bioagresseur, c’est aussi mieux comprendre comment le combattre ! Avant d'entreprendre quoi que ce soit, commencez donc par observer votre jardin afin d'agir pile au bon moment. En effet, pour être efficaces, les produits de biocontrôle doivent être utilisés dès l'apparition du ravageur.

De même, assurez-vous d'avoir bien identifié le problème avant de traiter ! Ce serait quand même dommage d'utiliser un insecticide général si le problème vient simplement d'un manque d'ensoleillement, d’une carence nutritionnelle ou d'un excès d'arrosage...

Enfin, cherchez le coupable parmi les ravageurs ou les maladies afin de choisir le bon mode de lutte biologique.


#2 Adapter son jardin

Des plantes adaptées à votre sol et à votre climat ont bien plus de chances de rester en bonne santé ! Tout comme nous, les plantes sont moins vulnérables lorsqu'elles évoluent dans des conditions qui leur correspondent.

Vous pouvez aussi faire pousser des variétés plus résistantes chez vous. Par exemple, certaines variétés de rosiers sont moins sensibles à la rouille que d'autres.


#3 Respecter le mode d’emploi

Même si les solutions alternatives aux pesticides ont un impact limité sur l’homme et l’environnement, elles ne doivent pas être utilisées n'importe comment ! Pour une application vraiment sans risque, respectez les dosages et les précautions d’emploi de vos produits de biocontrôle.


#4 Utiliser d’autres techniques alternatives complémentaires

Les produits de lutte biologique ne sont pas les seules solutions à mettre en place dans votre jardin pour le maintenir sain. En complément, vous pouvez aussi :

  • pratiquer les faux semis et pailler vos plantes au pied pour réduire le nombre d'adventices au potager ;

  • installer une protection physique contre les ravageurs, comme un filet anti-insectes ou des bandes engluées ;

  • ou encore retirer à la main les chenilles non-urticantes, comme celles de la pyrale du buis ou de la piéride du chou ;

  • etc.



Prêt à troquer vos pesticides contre ces alternatives moins néfastes ? Changer ses habitudes demande un peu de volonté, mais ça en vaut la peine ! Avec un peu de patience, votre jardin aura vite fait de récompenser vos efforts par sa nouvelle biodiversité florissante.







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