Groseillier : variétés, plantation et culture

Groseillier : variétés, plantation et culture

Que vous le choisissiez pour ses qualités ornementales ou ses délicieux fruits d’été, le groseillier vous comblera par sa simplicité de culture, sa facilité d’entretien et sa longévité. Groseillier à grappes, à maquereau ou groseillier à fleurs, profitez en pleine terre ou en potée de ce bel arbuste venu de l’hémisphère Nord.

Principales variétés de groseilliers et caractéristiques

Membres de la grande famille des Grossulariacées, les groseilliers sont originaires de l’hémisphère Nord, principalement du continent européen et d’Afrique du Nord.

 

En France, il connait son essor au XVIe siècle, période à laquelle sa culture se généralise surtout en climat frais.

Peu à peu, ce petit arbuste fruitier, facile à cultiver et demandant peu d’entretien, se généralise dans les jardins, les potagers, sur les balcons, en pot comme en pleine terre.

 

On distingue deux grands types culturaux : le groseillier à grappes et le groseillier à maquereau.

Le groseillier à grappesRibes rubrum – doit son nom scientifique à la belle couleur rouge (rubrum en latin) de ses petits fruits.

 

Il présente de longues tiges, peu ramifiées et très productives. L’ensemble forme un arbuste pouvant atteindre 1m60 pour une envergure d’environ 1 m.

 

Son feuillage simple d’un vert classique s’agrémente de petites fleurs discrètes au début du printemps puis de belles grappes de petits fruits à déguster tout au long de l’été.

 

Parmi les Ribes rubrum, on retiendra deux variétés précoces, vigoureuses, qu’il faudra prévoir de palisser : ‘Junifer’, ses gros fruits bien rouges et très parfumés ou pour une saveur un peu plus acide, ‘Jonkheer Van Tets’ et sa fructification très généreuse d’un beau rouge foncé.

On aime également l’acidulé de la ‘Versaillaise’ que l’on pourra choisir Blanche ou Rouge.

Le groseiller à grappes ‘Rolan’ sera particulièrement bien adapté pour les climats plus rigoureux ; très productif, résistant aux maladies, il s’épanouit dans le froid.

 

Plus tard dans la saison, récoltez les fruits rosés, sucrés et bien parfumés de ‘Gloire des sablons’, une variété ancienne autofertile, très productive et particulièrement résistante aux pucerons.

 

Toujours dans la catégorie des rubrum, la Groseille-Raisin est un sujet plus vigoureux et plus tardif puisque la récolte s’étend jusqu’à la fin du mois d’août.

Mais ce que l’on en retiendra, c’est sa belle productivité avec des grappes de très grande taille et un rendement nettement plus élevé que les autres groseilliers, pouvant atteindre 10 kg par plant !

Le groseillier à maquereau appartient lui à l’espèce Ribes uva-crispa – ou grossularia. Arbuste plus bas que rubrum, il a un feuillage également plus petit d’un beau vert vif et quelques variétés à aiguillons.

Sa baie offre une grande palette de couleurs, allant du vert au violet. Ronde ou ovale, elle est plus grosse que celle des groseilliers à grappes mais également plus douce.

 

Pour une récolte dès le début de l’été, choisissez ‘Pixwell’ et sa production généreuse qui s’étendra jusqu’en juillet ou la précoce et célèbre ‘Winham’s Industry’. Cette dernière offre de gros fruits rouge foncé, très sucrés et légèrement acidulés ; variété peu épineuse, elle résiste particulièrement bien aux maladies cryptogamiques et en particulier à l’oïdium.

 

Ce qui est également le cas, entre autres, de ‘Captivator’, une variété précoce et vigoureuse, presque sans épine, aux fruits rouge bordeaux, nombreux et de calibre moyen.

Pour des fruits doux et sucrés, et une belle couleur dorée, optez pour Golden Drop, une variété autofertile à récolter de juillet à août.

Pour prolonger le plaisir, choisissez ‘Freedonia’. Sans épine, elle vous offrira de gros fruits, rouge sombre, très fruités et très tardifs.

 

Enfin, les groseilles étant de la même famille que les cassis, un croisement entre ces plantes a permis de créer la caseille. Celle-ci a gardé le goût du cassis mais sur des fruits plus gros, se rapprochant de la groseille à maquereau. La variété la plus commune est la ‘Josta’.

Enfin, si la culture fruitière ne vous attire pas, vous pouvez choisir des espèces strictement ornementales.

 

Le groseillier à fleurs – aussi appelé Ribes, “Faux cassis” ou “Cassis-fleur” – vous séduira par la générosité de sa floraison et son port plein de grâce.

 

Généralement très florifères et délicieusement aromatiques, les groseillers à fleurs auront à offrir au jardin une floraison blanche, rose ou parfois jaune (Ribes odoratum), dès mars et tout au long du printemps. Leur feuillage caduc revêt de belles nuances de vert, parfois mâtiné de pourpre en automne.

 

Et pour certaines variétés, l’été s’accompagne d’une petite fructification, de jolies baies bleu sombre dont les oiseaux se délectent.

Pour illuminer les premières journées de printemps, choisissez Ribes sanguineum King Edward VII, et ses belles inflorescences rose vif, délicatement parfumées.

À moins que vous ne préfériez la floraison immaculée de la banche et lumineuse ‘White Icicle’ ou les grosses grappes de fleurs rouge clair et le port arrondi de ‘Pulborough Scarlet’,

 

Astuce Jardiland : particulièrement nectarifères, les groseilliers à fleurs pourront participer à la composition de haies fleuries à haute valeur mellifère.

Avec leur floraison printanière, ils suivront de peu les belles ombelles roses de Viburnum tinus et les fleurs d’or du Forsythia. Au cœur du printemps, ils seront rejoints par les floraisons blanches, belles et généreuses de l’Amelanchier et de Crataegus monogyna.

En été, le relais sera pris par le gourmand Aronia prunifolia ou le Lilas de Californie ‘Marie Blue’ et ses étonnantes inflorescences bleues.

Utilisation et bienfaits du groseillier

Si les groseilliers à fleur entrent, nous l’avons vu, dans la composition de haies fleuries et font également sensation dans des massifs ou en sujet isolé, les groseilliers fruitiers, eux, seront cultivés en pleine terre ou en grand pot, au jardin, au potager, sur un balcon pour leur valeur ornementale mais également, et surtout, pour leur petits fruits d’été.

 

Membres à part entière du club très select des fruits rouges – aux côtés de leur proche cousin le cassis mais également des fraises, fraises des bois, framboises, mûres, myrtilles et airelles – les groseilles à grappe et les groseilles à maquereaux ont une forte teneur en eau (plus de 80%), sont très peu caloriques et présentent un bel intérêt avec un taux assez élevé en vitamine C et en flavonoïdes, des fibres et une bonne quantité de minéraux et d’oligo-éléments, en particulier du potassium.

Le goût, de type acidulé, présente de légères nuances selon les variétés, les plus claires étant les plus sucrées.

Alors que la groseille se consomme fraîche et nature, la groseille à maquereau intégrera avec bonheur les sauces et les chutneys. D’ailleurs, celle-ci tient son nom du fait qu’elle avait jadis la réputation de relever à merveille les sauces accompagnant les poissons.

Au-delà de ces spécificités, toutes deux se consomment aussi bien crues que cuites. Crues, seules ou dans un fromage blanc, une salade de fruits, une salade composée. Cuites, en confiture, gelée, coulis, jus. En crumble, tartelette ou macaron. En préparations aigres-douces, elles accompagnent donc avec caractère les poissons mais également les gibiers et les mets fins de canard.

Le fruit se récolte brillant et charnu. Il se conserve quelques jours dans un endroit frais. Il se congèle facilement : choisir des fruits sains et fermes, laver, égrapper, sécher,  équeuter. Placer les fruits sur une plaque dans le congélateur à très basse température pendant 24 heures. Puis placer les fruits ainsi congelés dans un sac et maintenez-les à au moins -18°C.

Quand et comment planter le groseillier ?

Quelle que soit l’espèce, le groseiller se plante lorsque le feuillage est absent, généralement entre octobre et mars mais hors période de gel.

 

Choisissez-lui un emplacement à la mi-ombre ou au soleil mais pas ardent. Car le groseillier, en plus de ne pas aimer les vents violents redoute la sécheresse. Il sera par contre bien rustique avec une résistance à des températures inférieures à -20°C.

 

Il préférera donc des endroits frais, des sols humifères, des terres argileuses bien drainées.

 

Bien qu’il existe des variétés autofertiles, le groseillier préférera toujours être planté en compagnie de ses pairs, de diverses variétés, pour encourager la pollinisation.

Plantez-le en ligne ou en massif… Laissez-le buissonner ou palissez-le.

En bac, prévoyez un grand pot, une terre non argileuse mélangée à du terreau et un bon drainage en couche bien épaisse.

 

En pleine terre, préparez-lui un trou d’environ 50 x 50 x 50 cm.

Pour un plant en motte, humectez bien celle-ci. Pour un plant à racines nues, coupez les racines abîmées et pralinez.

Placez le sujet au centre du trou – à au moins 120 cm de distance d’autre plant – et rebouchez avec la terre du jardin amendée de terreau ou d’un compost bien mûr.

Enterrez les premières branches, le collet, sur à peu près 5 cm.

Formez une cuvette et arrosez généreusement.

 

Conseil Jardiland : le pralinage n’est pas une étape à négliger. Elle permettra de faciliter la cicatrisation des racines éprouvées, d’éviter leur dessèchement et d’encourager l’apparition de radicelles. Pour plus de facilité, tournez-vous vers l’un de nos pralins prêts à l’emploi.

Comment réussir la culture du groseillier ?

Bien installé, le groseillier demande peu d’entretien.

Au printemps, un peu de fertilisant naturel pour fruitiers et des arrosages réguliers.

Un voile de protection en cas de températures trop fraîches (en-dessous de 5°C) au  démarrage de floraison.

Un binage régulier en période estivale et un paillage pour conserver la fraîcheur du sol. Et un filet de protection si les oiseaux sont trop gourmands.

Un nettoyage d’automne : suppression des branches fragilisées et des feuilles abîmées.

À la fin de l’hiver, hors période de gel, idéalement en février, procédez à une taille.

La 1re année, contentez-vous de rabattre les branches à 2 ou 3 yeux (c’est-à-dire à 2 ou 3 bourgeons, en partant de la base de la branche). La 2e et la 3e année, coupez les branches nouvelles juste au-dessus du 3e œil. Les années suivantes, coupez à ras les branches mortes et 3 ou 4 vieux rameaux. Raccourcissez le reste d’un tiers.

Au final, le centre du sujet doit être bien éclairci et laisser air et lumière circuler.

Ces simples gestes devraient permettre à votre plant de groseiller de fructifier et de s’épanouir pour une quinzaine d’années.

Si sur le chemin, maladies et parasites communes à Ribes se présentent, voici quelques bons gestes :

– pour l’oïdium ou le Gris du groseillier, reconnaissables au feutrage sur le feuillage, éliminez les feuilles malades en les brûlant et traitez au soufre.

– pour les pucerons, friands du fruitier, douchez le feuillage, le matin très tôt. Pulvérisez par anticipation avec du savon noir, des produits prêts à l’emploi à base d’huile végétale ou un purin d’orties.

 

Astuces Jardiland : pour lutter naturellement contre les pucerons, favorisez l’installation d’insectes auxiliaires prédateurs comme la coccinelle ou les larves de chrysope et de syrphes. Vous pouvez également avoir recours à des associations utiles en plantant des aromatiques qui repousseront les pucerons ou des capucines qui les attireront à elles.   

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