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Modifié le 07/04/2025
Aux premières heures du printemps, et parfois jusqu’au cœur de l’été, le genêt illumine nos paysages. On l’assimile à la venue du soleil tant le jaune de sa floraison généreuse lui fait écho. Mais cet arbuste existe aussi en blanc, en rose, en saumon et dans toute une palette de rouge, autant de fleurs en papillons qui viennent couvrir de manière spectaculaire des rameaux légèrement feuillus et délicatement arqués.
Le genêt à une élégance naturelle et est aussi charmant qu’il est simple de culture. Tour d’horizon des variétés, des conditions de plantation, d’entretien et de taille…

Présentation du genêt et de ses variétés
Le genêt appartient à la vaste famille des Fabaceae, les légumineuses, qui regroupe des plantes à fleurs, des herbacées, des arbustes et des arbres. De son genre, Cytisus, on connaît quelques cinquante espèces d’arbustes venues des rivages méditerranéens, du Moyen-Orient et de certaines contrées africaines. Et selon sa variété, il s’épanouira dans la rudesse de hautes montagnes, dans des milieux arides ou encore dans des paysages typiques de landes.
Sous nos cieux, il illumine nos campagnes de sa floraison printanière précoce et habille également nos jardins en isolé, en haie, en rocaille selon la variété. Certains se cultivent même en pot, en touffe ronde et parfumée ou en petit arbuste buissonnant, et viennent égayer balcons et terrasses. Mais, alors, selon le climat, l’exposition et l’usage que vous voulez en faire, quel genêt choisir ?

Le genêt à balais (Cytisus scoparius) est certainement le plus connu et le plus commun parmi les variétés présentes dans nos jardins. Il doit son petit nom à son utilisation jadis pour la confection de balais sommaires très utilisés dans les zones rurales.
Il propose le plus souvent une silhouette buissonnante et érigée, une touffe compacte mais visuellement d’une grande légèreté. Un aspect aérien instillé par une feuillaison légère, clairsemée, de petites feuilles fines et peu nombreuses qui disparaissent au printemps sous une floraison ultra généreuse en forme de papillon, jaune pour les cultivars les plus classiques comme ‘Luna’ mais également de divers tons de rouge comme les éclatants ‘Boskoop Ruby’ ou ‘Red Wings’, des ‘Coquette’ rose saumoné, une ‘Moycare Pink’ presque blanche ou des bicolores comme la jaune et pourpre ‘Andreanus’.
Comme pour tous les genêts, la floraison sera suivie de l’apparition de gousses plates, longues, noires qui, en fin d’été, laisseront s’échapper de nombreuses graines.
Cette variété arbustive peut atteindre 2 m de haut mais existe également en version couvre-sol qui n’excèdera pas les 70 cm de haut mais s’étalera jusqu’à 2 m.
Astuces Jardiland : les variétés arbustives jaunes de genêts à balais peuvent être confondus avec le genêt d’Espagne (Spartium junceum) également semblable au jonc. L’allure est similaire. Feuillage clairsemé et floraison papilionacée habille, une silhouette érigée d’environ 2 m. Mais la floraison, très parfumée, toujours jaune et qui surviendra en toute fin de printemps sera bien plus longue et se prolongera jusqu’en septembre.
Veillez également au caractère assez invasif de cette espèce qui se ressème très facilement et s’enracine vigoureusement. L’ajonc (Ulex europaeus) que l’on trouve à profusion sur le littoral est également fréquemment confondu avec le genêt à balais.

Si vous êtes de nature impatiente, tournez-vous vers le genêt précoce (Cytisus praecox).
Variété arbustive dépassant à peine le mètre, elle aura également une grande palette de couleur à proposer, d’un blanc très pur à une jaune très vif en passant par tout un nuancer de rose. Mais c’est dès le mois de mars qu’elle fleurira le jardin.
Pour une floraison plus tardive (entre mai et juin) mais plus abondante encore et d’un blanc mâtiné de jaune pâle très élégant, optez pour le genêt rampant (Cytisus kewensis).
Sa silhouette prostrée de 30 à 50 cm de haut, son port étalé habillera avec charme vos talus et rocailles et donnera des accents délicieusement sauvages à votre jardin.
On citera également le genêt des Canaries (Cytisus racemosus) ‘Phebus’ pour une culture en pot. Son port très compact, ses dimensions raisonnables – 1.10 m de haut pour 1.20 m d’envergure – sa silhouette très ramifiée et naturellement équilibrée en font le candidat idéal pour être cultivé en contenant ; moins rustique que ces cousins (-7°C contre -15°C à -20°C pour la plupart des autres variétés), il appréciera en plus de pouvoir être facilement remisé en hiver.
D’un genre proche, Genista, souvent amalgamé avec Cytisus, vous pourrez choisir pour le genêt de Lydie (Genista lydia), couvre-sol ne dépassant pas les 70 cm, offrant une végétation très dense et une floraison jaune vif spectaculaire de mai à juin. À moins que vous ne préfériez le genêt des teinturiers (Genista tinctoria) à la floraison tout aussi étincelante et au port dressé n’atteignant pas 1 m. Sa floraison est plus longue (de mai à août ), bien parfumée, très nectarifère et ses appellations particulières – on la désigne également comme herbe-à-jaunir – tient au fait que l’on extrayait jadis une teinture jaune de ses racines.
Quand, où et comment le planter ?
C’est en automne que vous préfèrerez acheter votre plant de genêt. C’est en effet en le plantant à cette saison que vous lui permettrez de s’installer dans les meilleures conditions, de s’enraciner généreusement avant les rigueurs de l’hiver et d’être fin prêt à fleurir dès le printemps suivant. Selon le prix que vous pouvez y consacrer, vous trouverez dans votre jardinerie des plants plus ou moins grands, des sujets arbustifs ou rampants que vous placerez, selon la silhouette, en isolé, en haie, en massif, pour habiller un talus disgracieux, une pente difficile ou une rocaille un peu triste.
La plantation en pleine terre ou en pot

Choisissez-lui dans tous les cas un emplacement bien ensoleillé. Certes, il s’accommodera d’une ombre légère mais rien ne lui siéra mieux que les rayons même ardents du soleil.
Si les diverses variétés seront plus ou moins rustiques – de -20°C à -7°C – et plus ou moins résistantes à la sécheresse, toutes auront en commun de craindre les vents givrants, l’humidité froide, les terres détrempées ou trop lourdes. Vous lui offrirez donc un sol léger, bien drainé, pourquoi pas sableux voire caillouteux, une terre neutre, éventuellement un peu acide.
Anticipez son développement souvent généreux en le plantant à bonne distance de ces congénères ou d’autres végétaux ; laissez-lui ainsi un espace d’au moins 1.50 m en tous sens.
Ameublissez longuement le sol avant de creusez un trou 3 fois supérieur à la motte. Déposez un lit drainant composé de gravier ou de pouzzolane par exemple, placez la motte – que vous aurez laissée préalablement trempée puis égouttée – au centre du trou et remplissez le vide avec la terre du jardin. Selon le type de sol, amendez si nécessaire. En cas de terre lourde, mélangez à du sable. En présence de terre calcaire, ajoutez de la terre de bruyère. Arrosez généreusement et, en prévision de la rigueur hivernale, installez un paillage en couche épaisse.
Si vous optez pour une variété naine et compacte pour une culture en contenant, choisissez un pot, bac ou jardinière de généreuse dimension, d’un minimum de 70 cm de diamètre et de profondeur que vous ferez évoluer en taille tous les 2 ou 3 ans, lors du rempotage. Le substrat sera là aussi léger et neutre, une terre végétale mélangée à un peu de sable ou un terreau léger déversé sur un lit drainant de billes d’argile que vous pourrez également utiliser comme paillage de surface pour maintenir de la fraîcheur au pied. Arrosez.
Et le semis ?

Le genêt étant à pousse rapide, le semis (surtout d’espèces sauvages) peut s’avérer intéressant. Les graines sont mises à tremper pendant 48 heures puis épongées. Elles se sèment dans de petits godets individuels ou dans des caissettes assez profondes en les espaçant de 5 cm en tous sens. Le substrat est impérativement léger : mélangez un terreau semis avec du sable par exemple. Après avoir arrosé en pluie fine l’ensemble, installez sous châssis froid, dans une véranda ou une serre non chauffée. Dès la levée, aérez vos semis et arrosez-les légèrement régulièrement.
Les plantules peuvent être repiquées dans un contenant plus grand dès lors qu’elles mesurent une dizaine de centimètres de haut. Agissez avec précaution en laissant le plus de terre possible autour des racines. Procédez au printemps et placez vos plants en extérieur, dans un espace ensoleillé mais sans rayons ardents. Plantez en pleine terre à l’automne suivant.
Envie d'en savoir plus ? Découvrez comment réussir vos semis.
Quel entretien au fil des saisons ?
Toutes les variétés de genêt sont faciles de culture et peu exigeantes en terme de soin et d’entretien.

Arrosage
L’arrosage est régulier les deux premières années, et particulièrement généreux (1 à 2 fois par semaine) en été. Puis, au fil du temps, seules les longues périodes de sécheresse exigeront une surveillance de votre part et un apport éventuel d’eau. Un paillage, de préférence végétal, aidera à maintenir l’humidité au sol. Envie d’aller plus loin sur ce sujet, nous vous disons comment choisir son paillage. Pour un sujet en pot, maintenez un arrosage suivi, surtout l’été, en laissant tout de même le substrat sécher entre deux passages.
Fertilisation
Pour une plantation en pleine terre, l’apport en engrais est le plus souvent inutile car le genêt est réellement peu gourmand. En cas de floraison peu généreuse, assurez-vous que votre genêt bénéficie d’un ensoleillement suffisant et réalisez un apport en potassium. Dans tous les cas, n’utilisez pas d’engrais azotés et tournez-vous en priorité vers des solutions naturelles.
Un amendement du sol peut toutefois s’avérer utile en terrain calcaire ; il s’agira de l’acidifier.
Dans une terre légère, il suffira d’apporter une bonne quantité de matières organiques – de la tourbe, un compost de feuilles ou encore un mélange purin/compost – qui augmenteront l’acidité en se décomposant.
Dans une terre lourde, très argileuse, les choses seront un peu plus complexes. Des apports complémentaires seront nécessaires : du soufre si vous anticipez et fertiliser en amont de la plantation ou du sulfate de fer si vous souhaitez une action plus rapide.
Dans tous les cas, agissez avec parcimonie en vous référant aux indications disponibles sur le produit.
Envie d'en savoir plus ? Découvrez comment amender la terre de manière naturelle et comment avoir un sol équilibré et bien composé.

Maladies et traitements
À l’exception d’une forme de galle provoquée par une infestation parasitaire, le phytopte, le genêt n’est pas particulièrement sujet aux maladies ou ciblés par des ravageurs. La galle est repérable sur la pointe des rameaux. En prévention, pulvérisez de la prêle en décoction. Supprimez les branches atteintes à l'aide d'un coupe-branches et débarrassez-vous en en déchetterie. Ne mettez pas ces déchets dans votre compost.
Attention également au pourrissement des racines. Une solution incontournable : le drainage impeccable du sol !
Taille
Alors que les genêts nains et rampants ne demandent pas ou peu de taille, les variétés arbustives gagneront en esthétisme mais surtout en longévité en étant taillées régulièrement.
Rabattez systématiquement toutes les variétés de moitié la première année, en mars pour celles à floraison estivale, en juin pour les variétés à floraison précoce (printemps).
Sur des sujets bien installés, dès la fin de la floraison, vous pouvez rafraîchir un peu et rabattre de 15 à 30 cm. Ceci aura pour conséquences d’annuler la fructification et ainsi de permettre à l’arbuste de moins s’épuiser et de se mettre au repos plus rapidement. À cette occasion, supprimez également le bois mort.
Au tout début du printemps, pour les arbustes les plus grands ou ceux qui semblent épuisés, procédez à une taille plus courte : il s’agit de rabattre le genêt à 40 cm du sol. Cette coupe permettra à l’arbuste de s’étoffer et la floraison d’être de nouveau bien généreuse.
Comment multiplier Cytisus et Genista ?
Parce qu’il sera du meilleur effet dans nombre d’endroits du jardin et qu’il pourra être exploité de bien des manières, vous aurez certainement envie de posséder plusieurs pieds de genêt. Cela tombe bien, il se prête particulièrement bien au bouturage. Une aubaine car le genêt vieillit plutôt vite et gagne à être régulièrement renouvelé tout en gardant ses caractéristiques propres.
La multiplication par bouture herbacée

Également appelée bouture en vert, elle se réalise à la fin du printemps à partir de jeunes tiges, des rameaux latéraux de l’année encore bien verts et non fleuris.
Avec un sécateur aiguisé et propre, prélevez un tronçon de 10 à 15 cm qui devra comprendre a minima 3 yeux et quelques feuilles. Coupez celui-ci en biseau sous un œil. Ne conservez que les 3 ou 4 feuilles de l’extrémité supérieure. S’il inclut un bourgeon de fleur, supprimez-le.
La ou les boutures sont plantées dans un pot tapissé au fond d’une couche drainante de billes d’argile par exemple et rempli d’un substrat léger de type terreau de bouturage. Enfoncez sur environ 5 cm de profondeur. Arrosez légèrement par pulvérisation. Maintenez le substrat frais et l’ensemble à mi-ombre jusqu’à enracinement (généralement de 1 à 2 mois après).
À l’automne suivant, les boutures peuvent être repiquées en pots individuels ou plantées en pleine terre si le système racinaire est bien développé. Laissez de la terre autour des racines afin de ne pas les blesser.
La multiplication par bouture semi-ligneuse à l’étouffée

Cette méthode se pratique au mois d’août alors même que le genêt sort à peine de la torpeur estivale. Elle est par ailleurs très similaire à la bouture herbacée puisque le tronçon semi-ligneux (c’est-à-dire souple mais pas tendre) d’une quinzaine de centimètres ne conserve que quelques feuilles au sommet et est planté dans les mêmes conditions en pot.
Mais cette-fois-ci l’ensemble est placé à l’étouffée, dans un sac plastique ou dans une mini-serre, pour générer une atmosphère chaude et humide et accélérer ainsi le processus.
Astuces Jardiland : vous pouvez optimiser vos chances de réussite en enduisant la base de la bouture d’une poudre d’hormones de bouturage naturelle.
Quelles associations au jardin ?

L’esthétisme des genêts et leurs conditions culturales peu exigeantes permet de les intégrer à bien des mises en scènes paysagères. À vous de lui trouver le meilleur des emplacements, la plus belle des compagnies…
Vous aimez les genêts pour leur aspect sauvage, les accents de liberté qu’ils instillent au jardin. Installez-les dans une haie champêtre, en compagnie d’arbustes à feuillage graphique qui compenseront la faible feuillaison du genêt. Faites le choix d’une harmonie colorimétrique entre la floraison de votre genêt et les teintes de ses partenaires.
Composez un nuancier de rose en associant votre genêt précoce ‘Hollandia » à un abelia ‘Pinky Bells’ – feuillage pourpre et floraison mauve pâle – et à un luxuriant deutzia ‘Kalmiiflora’.
Inspirez-vous de la naturalité d’un genêt précoce ‘Albus’ et dessinez un jardin blanc. En terrain pauvre, il s’accompagnera à merveille de bulbes à fleurs blanches comme l’agapanthe, de la floraison immaculée délicieusement parfumée d’un seringat. Couvez-le sol d’une céraiste ultra-florifère ou d’une surprenante lavande blanche.
Jouez avec une palette de jaune et dessinez un massif de plantes de terre de bruyère. Associez le beau port arqué d’un genêt précoce jaune vif à la floraison complexe d’un azalée jaune paille, un azalée de Chine plus précisément pour une exposition ensoleillée ou mi-ombragée. Tapissez le pied de bruyère d’hiver et de bruyère d’été aux feuillages et floraisons dorés.
Osez les contrastes sans faire de faute goût. Associez vos variétés jaunes à des arbustes à fleurs violette répondant aux mêmes conditions culturales (sol neutre ou acide, exposition ensoleillée ou mi- ombragée…). Faites votre choix parmi les hortensias, lilas et autres rhododendrons mauve. Complétez votre nuancier avec des vivaces, de l’aubriète au printemps, des lavandes et géraniums vivaces pour l’été, des asters en automne, des pensées et violettes au sortir de l’hiver.
Utilisez ce jaune vif pour apporter du dynamisme à des feuillages gris : de petits conifères comme le genévrier nain ou rampant, des caryoptéris, de la sauge vivace, du séneçon gris, de l’armoise, des cinéraires maritimes.
Astuces Jardiland : si de jolies branches encore fleuries viendront agrémenter de belles manières vos bouquets champêtres, vous pourrez également en faire usage au potager. Le purin issu de la macération des branches préalablement découpées et mis à tremper une vingtaine de jours dans de l’eau de pluie aurait une efficacité certaine dans la lutte contre la piéride du chou.