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Modifié le 28/05/2025
Il est de ces arbustes qui ornent le jardin en toute saison. L'arbre de Judée a tout pour plaire. Des dimensions raisonnables qui lui permettent d'être installé partout, dans les plus petits extérieurs, en pleine terre comme en pot. Une silhouette tortueuse qui s'orne deux mois durant, entièrement, d'une floraison aussi généreuse que lumineuse. Une feuillaison qui dévoile sa palette de couleurs au fil des saisons avant de disparaître en hiver et de laisser toute la place à des gousses elles-aussi ornementales. Bref, les Cercis sont un choix sûr que vous cultiverez sans peine presque partout en France...

Présentation de l'arbre de Judée et de ses variétés
Originaire du sud de l'Europe et de l'Asie occidentale, l'arbre de Judée est ancré dans l'histoire de la Méditerranée. Il devrait son nom à Judas qui se serait pendu à l'un de ses représentants après avoir trahi Jésus alors que les Ibères préfèrent y voir “l'arbre de l'amour”. Il faut dire qu'avec sa ramure tortueuse dès la base, ses petites feuilles en forme de cœur et son extraordinaire floraison qui vient habiller, au sortir de l'hiver, des branches encore nues mais également le tronc, ce petit arbre ornera avec un romantisme certain le jardin tout au long de l'année.
Chez Cercis siliquastrum, l'originale floraison printanière ne durera que deux mois environ. Selon les variétés, les fleurs de l'arbre de Judée seront de blanc pur à rose presque rouge en passant par un camaïeu de violet. Intervenant tôt dans l'année, elle sera d'autant plus précieuse pour les butineurs qui viendront la visiter en nombre. Le feuillage, caduc, parfaitement découpé, apportera lui aussi de la couleur avec ses bourgeons rouge vif et son vert franc à l'âge adulte avant de disparaître en automne. Quant aux fruits, ils resteront en place une bonne partie de l'hiver. Évoluant du vert au brun en passant par le rouge, ces gousses plates et longues nous rappellent que l'arbre est de la famille des Fabacées, celles des légumineuses. Leur forme donne à l'arbre son autre nom, “Gainier”. Cette espèce d'arbre de Judée, de croissance plutôt lente, atteint le plus souvent 6 m de haut pour 4 m d'envergure à taille adulte et est rustique à -15°C.
Son cousin, Cercis canadensis ou Gainier du Canada, pourra lui supporter des températures plus basses, jusqu'à -28°C. Cet arbre de Judée-là propose une grande variété de port, d'érigé à pleureur. Plus petit avec ses 3.50 m de haut maximum, parfois nain, il sera également parfait pour une culture en pot. Le spectacle sera dans tous les cas au rendez-vous avec une diversité de feuillage hors norme, de vert bleuté à jaune d'or en passant par le rouge et le pourpre selon la saison et la variété.
Feuillage remarquable également chez Cercis chinensis ou Gainier de Chine, grand arbuste de 4.50 m, avec un dégradé de vert profond allant jusqu'à un jaune d'or en automne. La floraison sera peut-être plus généreuse encore que pour les autres espèces avec une couverture quasi-totale du tronc !
À noter : le phénomène de floraison du tronc est spectaculaire et relativement rare. Il porte le nom de cauliflorie dans l'univers botanique et vous promet un effet ornemental inimitable.
Quand, où et comment le planter ?

Avec sa rusticité allant de -15°C à -28°C selon l'espèce, l'arbre de Judée se cultive partout en France ou presque. Il apprécie une exposition bien ensoleillée, à l'abri des vents froids qui, au printemps, pourrait nuire à sa floraison.
Offrez-lui un sol plutôt calcaire, de préférence riche et profond, plutôt sec et, dans tous les cas, bien drainé.
Quand faut-il le planter ? Installez vos sujets à racines nues ou en motte en automne dans une terre encore chaude. Pour les sujets en conteneur, vous pouvez procéder à la plantation toute l'année, hors gel et canicule, mais l'automne reste dans tous les cas la période à privilégier pour une meilleure acclimatation et une reprise facilitée à l'exception des climats rudes où une plantation au printemps est recommandée.
La plantation en pleine terre
En arrière-plan d'un massif, en isolé au cœur d'une prairie ou en lisière de bosquet, ou même en haie, l'arbre de Judée trouvera sa place partout pour peu qu'il soit installé dans de bonnes conditions. Pour sa plantation en pleine terre :
creusez un trou de 50 cm en tous sens et tapissez-en le fond d'un lit drainant de gravier d'une dizaine de centimètres d'épaisseur ;
en présence d'une terre pauvre, ajoutez au fond du compost bien décomposé ou un peu de fumier et recouvrez d'un peu de terre du jardin pour éviter le contact direct de la fumure avec les racines ;
placez la motte que vous aurez préalablement fait tremper puis égoutter ;
rebouchez avec un mélange de terre du jardin et de terreau enrichi à parts égales en tassant légèrement au fur et à mesure ;
arrosez généreusement ;
paillez pour maintenir la fraîcheur au pied mais également pour protéger les racines des espèces les moins rustiques en climat froid (envie d'en savoir plus ? Découvrez comment choisir votre paillage).
Conseil Jardiland : en situation ventée, pensez à tuteurer votre arbuste. Placez un tuteur solide en amont de la plantation pour ne pas blesser les racines et attachez votre arbuste avec des liens également solides mais souples. Envie d'en savoir plus ? Découvrez comment bien tuteurer vos arbres, arbustes et fleurs.
La plantation en pot
Les variétés les plus petites et les formes pleureuses seront particulièrement adaptées à la culture en pot d'autant plus que l'arbre de Judée ne pousse pas vite. Offrez à votre arbuste un contenant assez grand dont vous tapisserez le fond d'une couche drainante de billes d'argile. Choisissez un terreau pour arbustes à fleurs et, là encore, paillez en surface. Prévoyez un rempotage tous les deux ans au printemps puis un surfaçage tous les ans c'est-à-dire un renouvellement du substrat sur 4 ou 5 cm de profondeur dès lors que l'arbuste est trop grand pour être manipulé et rempoté.
Conseil Jardiland : les Cercis redoutent l'humidité stagnante, offrez-leur un pot en terre cuite ou en bois qui permettra, grâce à la porosité de la matière, une meilleure aération de la motte. Envie d'en savoir plus ? Découvrez comment bien choisir un pot pour vos plantes d'extérieur.
Comment l'entretenir ?

D'installation facile, l'arbre de Judée est une plante d'extérieur tout aussi simple d'entretien.
L'arrosage
Il est régulier et généreux, surtout en période estivale, les trois premières années suivant l'installation. Puis, l'arbre de Judée saura se passer d'apport d'eau même en période de sécheresse ce qui en fait un arbuste particulièrement intéressant dans ces temps où l'eau vient à manquer de plus en plus.
Bien sûr, l'apport d'eau est plus régulier pour les plantations en pot, surtout en été. Laissez alors la motte sécher sur 1 ou 2 cm entre chaque arrosage. Pensez à systématiquement vider l'éventuelle soucoupe quelques minutes après l'arrosage et après chaque averse de pluie.
La fertilisation
Installés en pleine terre, les Cercis apprécieront un apport d'engrais organique, de compost au printemps et en automne. Cette fertilisation soutiendra le développement de l'arbre dans les premières années et assurera une floraison généreuse.
La taille
L'arbre de Judée a une silhouette naturellement belle que vous pourrez laisser libre de se développer en vous contentant de supprimer périodiquement les branches abîmées ou mortes et celles qui se croisent à l'aide d'un coupe-branche.
Si vous souhaitez imposer une forme, c'est en hiver que vous interviendrez, juste avant la floraison (hors période de gel). Vous pourrez alors choisir de ne laisser que quelques branches charpentières pour alléger la silhouette ou encore en sélectionner une seule pour conduire votre arbre sur tige. Supprimez alors régulièrement les rameaux qui apparaissent sur les tiges sélectionnées ou dans le cas d'une conduite en arbre, supprimez systématiquement les branches les plus basses jusqu'à ce que le houppier atteigne la hauteur et la silhouette espérée.
Si vous souhaitez contenir les dimensions de votre arbuste, en limiter le développement entre autres pour les cultures en pot, procédez après la floraison, généralement en fin de printemps.

L'hivernage
Nous l'avons vu, les diverses espèces de Cercis bénéficient d'une bonne rusticité même si celle-ci varie selon les variétés. Pour les plus frileuses d'entre elles ou celles installées sous les climats un peu rudes, prévoyez d'épaissir le paillage au pied en période hivernale et d'éventuellement protéger les parties aériennes des arbustes cultivés en pot avec un voile d'hivernage en cas de gros coup de froid passager. Dans ce cas, pensez également à surélever le contenant et à le protéger avec de la paille ou du carton.
Les maladies et ravageurs des Cercis
Rares sont les maladies ou ravageurs qui viendront à bout de cet arbuste facile à vivre. On surveillera tout de même l'éventuelle apparition de la maladie du corail, un champignon qui prend l'apparence d'un dépôt orange qui envahit peu à peu l'arbre jusqu'à provoquer son dépérissement. Prévenez son apparition ou sa propagation par pulvérisation de bouillie bordelaise en respectant scrupuleusement les doses conseillées et en l'utilisant avec parcimonie car bien que naturelle, elle reste dommageable à l'environnement.
Attention également aux attaques de psylle, un insecte piqueur-suceur microscopique qui apparaît avec le début de l'été et tend à dessécher l'arbre et à le couvrir d'un miellat puis d'une suie appelée fumagine qui à terme empêche la photosynthèse. Dès l'apparition des insectes, douchez votre arbuste. Si le miellat est déjà installé, pulvérisez une solution de savon noir dilué. Renouvelez tous les 15 jours.
Comment le multiplier ?

Dans le cas de l'arbre de Judée, le bouturage de rameaux semi-aoûtés est la multiplication la plus facile à réaliser et la plus prometteuse. À la fin du mois d'août :
sélectionnez des tronçons de rameaux de 7 à 10 cm situés en dessous d'un nœud ;
supprimez les feuilles situées à la base pour n'en garder que 2 ou 4 que vous couperez de moitié ;
trempez la base des tronçons dans une hormone de bouturage ;
plantez-les aux 2/3 dans un pot rempli d'un mélange de terreau et de sable ou d'un terreau spécial bouturage ;
assurez-vous que les boutures ne se touchent pas l'une l'autre ;
couvrez l'ensemble avec un couvercle hermétique ou un sac plastique transparent (méthode du bouturage à l'étouffée) et placez à la lumière mais à l'ombre en maintenant légèrement humide ;
à l'apparition de nouvelles pousses, découvrez et replantez chaque bouture dans un pot individuel ou, mieux encore, en place car l'arbre de Judée n'apprécie guère les transplantations.
À noter : la multiplication est un processus simple mais l'issue demande de la patience. Il vous faudra attendre de 5 à 6 ans avant de profiter de la première floraison !
Intérêt écologique et ornemental

Outre le caractère mellifère des fleurs, les gousses sont appréciées des oiseaux en période de disette hivernale. Malgré leur ressemblance évidente avec celles des pois et haricots qui appartiennent à la même famille botanique, les gousses de l'arbre de Judée présentent une toxicité légère pour l'homme.
Par contre, les bourgeons macérés produisent un extrait qui a la réputation d'agir sur les troubles de la circulation sanguine alors que les fleurs fraîches sont utilisées, particulièrement en Orient, pour colorer et parfumer les salades.
Enfin, outre son apport ornemental indiscutable au jardin, on notera que l'arbre de Judée comme toutes les membre de la famille des Fabacées (ou légumineuses) permet de fixer l'azote au sol. Il sera donc un compagnon précieux au potager mais également au verger, les arbres fruitiers appréciant particulièrement les environnements azotés.
Vous l'aurez ainsi compris, l'arbre de Judée est un essentiel du jardin. Aussi ornemental qu'utile et facile à vivre, il fera le bonheur des jardinières, des jardiniers et de tous les esthètes.