Vigne à raisin : variétés, plantation et culture

Vigne à raisin : variétés, plantation et culture

En plus d’être extrêmement ornementale comme sa cousine la vigne vierge, Vitis vinifera, la vigne à raisin, vous régalera de ses fruits d’août à novembre selon la variété. Cultivable sous tous les cieux, cette belle liane sarmenteuse saura vous séduire et comblera les palais fins si tant est que vous lui apportiez un peu d’attention et quelques soins.

Principales variétés de vignes et caractéristiques

Un beau tronc noueux qui s’ancre profondément dans le terroir. Des ceps vigoureux et fertiles qui courent sur un mur, que l’on expose en treille. Des sarments prometteurs qui annoncent le printemps et le début d’une aventure. Le raisin qui vient en grappes d’or, en grappes vertes, en grappes noires, parfois pour la table parfois promis au fût et au verre. Et ce feuillage, si reconnaissable

Vitis vinifera est une antiquité. Cultivée depuis toujours presque partout, elle a traversé les siècles, les continents, les océans et l’Histoire.

Membre de la grande famille des Vitacées qu’elle partage avec d’autres genres de vignes  (appelées communément ‘vignes vierges’) – Parthenocissus ou Ampelopsisla vigne à vin a connu une évolution constante au fil du temps. Sauvage, il y a 7000 ans, cet arbrisseau grimpant a fait son chemin jusqu’à nos coteaux et nos plaines, a bouleversé nos paysages et marqué nos traditions culinaires.

Participez, vous aussi, à son aventure séculaire en installant au jardin l’un de ses nombreux cultivars ; il en existe des milliers…

 

Les cépages de table sont destinés à la production de raisin à déguster. Les cépages de cuve sont eux dédiés à la vinification même si certains – comme le ‘Merlot’ – donneront également d’excellents fruits de table.

Votre choix de cépage, et de couleur de grain – noir, rose ou blanc – dépendra de vos goûts mais vous devrez également tenir compte de votre terroir et du climat local pour mettre de votre côté toutes les chances de réussite.

 

Pour les régions bénéficiant d’étés chauds et longs et d’une arrière-saison très douce, vous pourrez choisir des cépages tardifs qui se récoltent jusqu’en octobre voire novembre.

Pour les régions tempérées, un cépage dit de saison sera parfait.

Enfin les cépages précoces, avec une récolte dès la fin du mois d’août, s’adapteront à tous les climats.

Les cépages précoces

 

Parmi les premiers grains récoltés, le Chasselas Rose, un raisin de table très ancien, très vigoureux et très fertile. Une peau fine, une chair juteuse, une saveur sucrée, un parfum gouleyant…  vous allez adorer ses grains d’un rose intense et son beau feuillage découpé qui se borde de rouge l’automne venu. À moins que vous ne préfériez, dans la même famille, la rareté du Chasselas Violet et ses dégradés de couleur hors du commun.

 

Les petites grappes de ‘Perle de Csaba’, ses grains ronds, dorés au goût musqué aussi fin que sa peau est délicate vous offrira une récolte encore plus hâtive puisque dans les régions les plus clémentes, elle surviendra dès la fin du mois de juillet.

 

La Vigne ‘Perdin’ sera elle à maturité dans les premiers jours d’août sous des climats chauds. Ce sujet très résistant aux maladies et très fertile offre un raisin blanc à la peau dorée et à la chair savoureuse, de délicieux petits grains sucrés, extrêmement goûteux.

À la mi-août viendra le ‘Chasselas Doré’, ses grosses grappes aux grains moyens, à la peau fine et dorée. Un raisin de table blanc, fondant et parfumé, parmi les plus populaires en France. Pour ne rien gâcher, son cep tortueux à souhait et son beau feuillage vert tendre mâtiné d’or à l’automne en fait aussi l’une des variétés les plus ornementales.

‘Cardinal’ propose de grosses grappes coniques et des grains tout aussi gros, rose foncé à la peau très fine. La chair, ferme, bénéficie d’un arôme très marqué, légèrement musqué.

À mois que vous ne préfériez la saveur bien sucrée et la chair fine de l’angevine blanche ‘Madeleine Royale’.

 

Enfin, débutez le mois de septembre en beauté avec une récolte de ‘Noir hâtif de Marseille’, des grains très sucrés au parfum fortement musqué. Petit sujet un peu frileux et assez peu productif, on l’aime pourtant pour son goût affirmé, sa rareté et sa très grande valeur décorative avec, en particulier, un feuillage d’automne flamboyant.

Les cépages de saison

 

Variétés hybrides développées par l’INRA, les cultivars Ampelia® sont vigoureux – productifs et résistants aux maladies cryptogamiques. Ampelia Aladin se récoltera à la mi-septembre jusque tard en octobre et offrira de beaux grains bleu foncé à chair rouge, très croquants, bien sucrés. Un peu plus tardif, Ampelia Candin est, lui, un raisin blanc aux grains subtilement muscatés, charnus et juteux et à la peau un peu épaisse. Les ‘Ampelia®’ sont des arbustes sarmenteux de grande ampleur – ils peuvent atteindre jusqu’à 5 m – qui se parent d’un beau feuillage doré en automne.

 

Parmi les raisins noirs remarquables, optez pour ‘Muscat de Hambourg’, ses gros grains pourpre très foncé à la chair ferme, bien sucrée et délicatement musquée. Les sarments grimpants pourront atteindre 7 m et seront particulièrement productifs à condition que l’été soit long et chaud et que l’hiver soit peu rigoureux. Le tronc particulièrement torturé de cette variété en fera également un arbuste très ornemental.

En version blanc-rosé, dégustez ‘Admirable de Courtiller’ et ses gros grains ovoïdes à la chair fondante et particulièrement juteuse ou le Muscat hybride ‘Reine des Vignes’, sa pulpe tout aussi juteuse et son parfum bien affirmé.

 

Pour les plus aventureux, tentez ‘Fragola Nera’ aussi appelé Raisin Fraise en raison de la saveur particulière de ces grains, un parfum de fraise des bois !

Le pourpre de ses grappes fonce au fil des mois pour atteindre aux premières heures de l’automne un noir aussi profond que ses arômes.

Vous surprendrez vos invités en le proposant nature ou en jus.

Vigne Ampelia®

À partir de 18,50 €

Vigne 'Cardinal'

À partir de 11,90 €

Vigne Muscat 'Reine Des Vignes'

À partir de 24,53 €

Les cépages tardifs

 

Si ce sont les grains très gros qui vous séduisent, choisissez ‘Autumn royal’, certainement le calibre le plus imposant ! Une peau fine presque noire, une chair très croquante et une variété quasiment sans pépins. Également de gros calibre et avec peu de pépins, ‘Red Globe’ propose une fructification d’un rose spectaculaire. Ses grains bien ronds et juteux seront un ingrédient de choix en cuisine !

 

Mais vous vous tournerez plutôt peut-être vers l’une des variétés tardives les plus connues en France, ‘Italia’, Comment ne pas reconnaître ses grains presque ovales, blanc mâtiné de jaune, sa peau épaisse qui cache une chair très croquante. On la récolte au jardin dans le courant du mois d’octobre.

Toujours dans les raisins de table blancs, ‘Dattier de Beyrouth’ qui doit son nom à la forme allongée de ses grains.  Comme ‘Italia’, la peau est épaisse mais la chair est bien plus juteuse et sucrée. Cette variété propose une belle vigueur mais reste très sensible au mildiou. À réserver au milieu sec et au sol bien drainé !

Astuce Jardiland : si les pépins sont un frein à sa consommation, sachez que plusieurs variétés en possèdent très peu. Nous pouvons citer ‘Centennial seedless’ aux petits fruits ronds blancs, ‘Perlette’ à la chaire musquée et pouvant être séchés et ‘Crimson’ ou ‘Somerset’ en grains rouges.

Utilisation et bienfaits de la vigne

Gorgé du soleil d’un été tout en entier, le raisin – et plus particulièrement le raisin rouge – est un cocktail d’énergie, à forte teneur en sucre. Il présente de nombreuses qualités nutritionnelles selon qu’il est frais, en jus ou sec.

 

Il est riche en vitamines B et C, en flavonoïdes, de précieux antioxydants, en resvératrol, un polyphénol antioxydant et anti-inflammatoire, mais également en fibres. Il est source de manganèse, de fer et de potassium.

 

Le grain de ce fruit entre dans la composition de nombreuses préparations phytothérapiques tout comme les feuilles de vigne et la sève. Les pépins sont eux utilisés pour la fabrication d’une huile très riche en oméga-6, un acide gras essentiel.

Le raisin se consomme idéalement dans les heures qui suivent sa cueillette. Il se conserve quelques jours au frais.

Selon le cépage, la couleur de ses grains ira d’un vert presque blanc à un bleu presque noir en passant par une palette subtile de jaunes ou de rouges. La peau sera plus ou moins fine. La saveur plus ou moins sucrée, souvent complexe parfois surprenante avec ses arômes d’épices, de sous-bois et parfois de chocolat !

 

Le raisin se déguste bien évidemment frais et nature, seul, comme ingrédient croquant et juteux d’une salade composée, en accompagnement d’un fromage ou dans une salade de fruits.

 

En solo ou accompagnés d’autres fruits, il offre de merveilleuses compotées, confitures, gelées et autres purées.

Il est l’indispensable ingrédient d’un raisiné réussi, ce mijoté de fruits et légumes sans sucre ajouté qui nourrissait nos campagnes jusqu’au début du siècle dernier.

Il se broche, se grille et se rôtit à la perfection. Il se hache, se mixe, s’assaisonne et rejoint sauces, farces et marinades.

 

Il se consomme sous bien des formes liquides évidemment : jus, vin, eau-de-vie. Il donne un excellent vinaigre et ses pépins une huile très protectrice.

Dans sa version sèche, il se consomme brut pour ses valeurs énergétiques et nutritionnelles et entre dans la composition de nombreux mets sucrés et salés.

 

Enfin, ses feuilles aussi se consomment. Blanchies puis farcies avec du riz que l’on agrémente parfois d’un peu de viande – elles composent les Dolmades, met phare de la cuisine grecque. Au Levant, sous à peu près la même forme, les Wara’ariche font partie des célèbres mezzés et on mange également la feuille crue, encore jeune et tendre, en accompagnement du fameux taboulé libanais.

Astuce Jardiland : les fruits rouges font du jus blanc, mais alors comment fait-on du vin rouge ? Tout simplement en laissant la peau du fruit, macérer quelques jours dans le jus !

Quand et comment planter la vigne ?

Vitis vinifera s’installe idéalement en automne, éventuellement au printemps dans les régions les plus froides, dans tous les cas en dehors des périodes de gel.

 

Elle aime les situations bien ensoleillées, à l’abri des vents froids mais bien aérées. Si elle résiste à des températures basses pouvant avoisiner les -20°C, ce qu’elle affectionne par-dessus tout, c’est la chaleur.

 

Installez-la dans une terre sèche, caillouteuse, de préférence argilo-calcaire mais au moins et toujours bien drainée.

Préparez un trou d’environ 40 cm x 40 cm x 40 cm dont vous tapisserez le fond d’un lit drainant.

Mélangez la terre de rebouchage avec un compost bien mûr et un peu d’engrais pour fruitiers.

Plantez le sujet en laissant le point de greffe à 5 cm au-dessus de la surface.

Rebouchez, tassez, arrosez.

 

N’hésitez pas à installer plusieurs cépages pour profiter de saveurs différentes et de récoltes échelonnées.

Dans ce cas, pour une plantation en rang, espacez les plants de 1 m au moins. Pour une installation contre un mur, prévoyez 2 m de distance mais également de l’espace entre le pied et le bâti afin d’assurer une bonne circulation de l’air.

 

Selon l’endroit choisi, anticipez la nécessité d’un palissage dès l’installation en terre.

Comment réussir la culture de la vigne ?

La qualité du palissage – et les principes de taille qui en découleront – restent des éléments fondamentaux dans le cas de la vigne.

Plusieurs solutions s’offrent à vous, le plus important est d’en décider en amont de l’installation et de la mettre en œuvre dès la plantation.

 

Une première taille s’effectue dès la plantation au-delà des deux premiers yeux dans l’optique de favoriser la pousse de deux rameaux sains et bien vigoureux. Puis vient le temps de la formation…

 

Palissage et formation d’un cordon

 

Si vous voulez habiller un mur, couvrir une pergola, créer une tonnelle, optez pour le palissage en cordon vertical.

Dans cette configuration, placez un piquet qui sera le tuteur central et qui supportera le cep. De chaque côté de celui-ci, à la parallèle, tendez des supports – cordon, filin, câble… – sur lesquels s’accrocheront les sarments.

 

Les trois premières années seront consacrées à une taille de formation.

En deuxième année, des deux sarments sélectionnés durant l’été, seul le plus vigoureux est conservé. Il est fixé au tuteur central et taillé l’hiver suivant en-deçà des 4 derniers bourgeons.

Au printemps suivant, ébourgeonnez la base pour ne laisser que les 5 bourgeons les plus hauts.

Le tronc poursuit son développement et les sarments leur pousse.

 

Au fil des ans, les sarments sont palissés sur les filins ou le treillis. Régulièrement taillés et éclaircis, les ceps finissent par épouser la forme voulue et orner avec élégance et gourmandise leur support.

Si vous choisissez un palissage en cordon horizontal, outre le piquet qui servira de tuteur au tronc, tendez des supports, cette fois-ci à l’horizontale, parallèles au sol. Le premier sera situé à 80 cm de la surface, les deux suivants à 30 cm les uns des autres.

Le rameau principal est conduit à l’horizontale sur le premier filin. À partir de lui, les rameaux secondaires sont eux conduits à la verticale sur les deux supports les plus hauts.

Le cordon bilatéral suit ce même principe mais il n’y a pas un mais deux rameaux principaux partant chacun à l’horizontale de part et d’autre du tronc.

 

Plus simple, plus libre mais tout aussi intéressante, la taille en gobelet est une taille courte qui s’adresse à des vignes basses et qui ne requiert pas de support de palissage.

La taille va consister en la suppression progressive des sarments pour ne laisser au final que le tronc central, des bras en vieux bois porteurs d’un ou deux sarments eux-mêmes habillés de quelques bourgeons (deux ou trois pas plus).

Conseil Jardiland : la taille en gobelet est judicieuse pour les terrains difficiles et les ensoleillements excessifs. La forme finale permet un entretien manuel simple puisque le pied est ramassé et bas. La densité du feuillage confère également à cette technique une résistance supérieure au soleil ardent et à la sécheresse.  

Les tailles d’entretien

 

Quel que soit le mode de palissage choisi, il vous faudra, une fois votre sujet productif, assurer des tailles annuelles.

La taille de fructification surviendra à la fin de l’hiver. Elle consiste en :

– la suppression des rameaux ayant déjà donné des fruits, des rameaux faibles et de ceux placés à la base du cep ;

– la taille des sarments de remplacement ;

– l’ébourgeonnement des jeunes rameaux.

La taille de rendement dite taille en vert survient à la fin du printemps. Elle consiste en :

– la suppression des gourmands et des très petites grappes ;

– le pincement des sarments deux feuilles après la grappe ;

– la taille des branches exemptes de fruit.

Conseil Jardiland : pour les vieux ceps, vous pouvez leur donner un coup de pousse et les redynamiser en taillant sévèrement dès la fin de l’hiver.

Maladies et parasites

 

Outre les considérations esthétiques et les impératifs culturaux, le treillage a aussi un grand intérêt quand il faut lutter contre les maladies pour la vigne.

 

Le principal ennemi de celle-ci étant l’humidité, on comprendra l’intérêt d’une bonne circulation de l’air et donc d’un palissage efficace.

 

Un traitement naturel préventif sera souvent indispensable surtout si l’été s’annonce très chaud et humide.

Pensez à la bouillie bordelaise pour le mildiou et au soufre pour l’oïdium à pulvériser sur et sous le feuillage. Procédez par temps sec, non venté, à plus de 18°c mais à moins de 30°C. Protégez-vous car il s’agit de produit irritant et nettoyez bien votre matériel après utilisation.

Vous pourrez choisir des traitements plus doux comme la décoction de prêle, le purin d’ortie ou les infusions d’écorce de saule.

 

Un traitement préventif ou dès les premiers signes du mildiou empêchera souvent par anticipation l’apparition de l’oïdium.

 

En ce qui concerne les prédateurs comme le puceron, outre les pulvérisations d’eau savonneuse qui l’empêcheront de se fixer sur le végétal, le marc de café qui, déposé au pied des ceps, les repousseront, les divers purins (ortie, rue ou menthe) qui les feront fuir après pulvérisation, pensez à vous allouer les services de quelques alliés comme la coccinelle ou de planter des plantes compagnes et protectrices comme l’ail des vignes, l’hysope officinale et l’origan.

Comment planter les arbres et arbustes fruitiers ?

Lire la suite

Quels arbres fruitiers choisir pour un balcon ?

Lire la suite