Aubergine : variétés, plantation et culture

Aubergine : variétés, plantation et culture

Avec sa belle robe et sa joyeuse brillance, ce légume-fruit préhistorique venu d’Asie rejoindra avec bonheur vos plantations de Solanacées. Faible en calorie mais riche en goût, violette mais également verte ou blanche, l’aubergine se consomme cuite, de maintes manières et est au cœur d’innombrables recettes méditerranéennes !

Principales variétés d’aubergine et caractéristiques

L’aubergine est le fruit du périple. Née il y a près de 3000 ans au cœur de la région indo-birmane – réputée encore aujourd’hui pour sa biodiversité hors du commun – elle s’est implantée en Chine quelques siècles plus tard, puis a conquis les rives méditerranéennes, transportées là par les navigateurs arabes. Si les Espagnols furent les premiers Européens à être séduits, le sud de l’Europe développa sa culture à partir du XVe siècle.

 

Cette doyenne de la grande famille des Solanacées, la Solanum melongena compte de nombreuses variétés. Plus de 341 ont été recensées comme étant cultivables et commercialisables ! Si leur goût reste somme toute assez proche, leur taille, leur forme et leur couleur peuvent beaucoup différer d’une variété à l’autre. Les plus communes en France sont de taille moyenne, à la robe violette presque noire et à la chair blanc crème. Même si quelques variétés atypiques, vertes, blanches ou encore zébrées investissent nos étals l’été venu.

De BarbentaneVariété très hâtive et productive. Fruits allongés, d’un violet presque noir. Chair épaisse. Variété la plus connue en France, elle porte le nom de la première ville française où l’aubergine a été cultivée. Du même type, Baluroi F1: variété vigoureuse. Fruits allongés, très brillant, violet foncé. Chair très savoureuse. Elle offre une grande résistance aux maladies.

 

Black Beauty – Variété semi-précoce. Très gros fruits, d’un violet bien foncé presque noir. Chair tendre. Variété originaire des États-Unis, cette aubergine ancienne est l’une des plus généreuses avec sa forme de grosse poire pouvant atteindre le kilo. Également originaire des États-Unis et productrice de très gros fruits, Monstrueuse de New York. Variété tardive, très vigoureuse. Fruits violet foncé vernissé. Chair ferme et goûteuse. Elle peut produire des sujets allant jusqu’à 4 kg !

Violetta ‘di Firenze’ ou Violette de Florence – Variété italienne bien productive. Beaux et gros fruits ronds, légèrement côtelés, violet clair strié de blanc. Chair savoureuse. Cette variété très originale est parfaite pour les farcis. Autre variété italienne, la tardive Rosa Bianca. Fruits rose pâle, dodus et fermes. Chair douce. Son absence totale d’amertume en fait la candidate parfaite pour la moussaka.

 

Ronde de ValenceVariété précoce et productive. Fruits ronds, charnus, de taille moyenne. Peau lisse, brillante, violet soutenu. Elle est réputée pour sa bonne résistance aux maladies.

 

Sultane F1 Variété vigoureuse et très productive. Fruits allongés de taille moyenne d’un violet très foncé. Chair blanche et douce. Particulièrement fondante, elle fera merveille en gratin ou préparée à la crème.

Bonica F1 – Variété précoce, très productive. Fruits ovales, violet foncé. Chair très savoureuse. Cette variété se prête particulièrement aux gratins et tians.

 

Dourga – Variété française très précoce. Fruits courts, oblongs d’un blanc lumineux. Chair blanche, très douce à la saveur particulièrement fine. Très rustique et résistante aux maladies, elle s’accommode également d’un climat frais.

 

Blanche Ronde à œufs – Variété ancienne, très décorative. Fruits ovoïdes blancs, ressemblants à des œufs. Peau coriace. Chair douce pour les très jeunes sujets. Très adaptée à la culture en pot, on pourra choisir cette espèce pour son originalité esthétique.

 

Thai Long Green – Variété tardive et productive. Fruits longs d’un élégant vert clair. Chair douce. Cette variété ultra-résistante tant au froid qu’à la sécheresse serait, dit-on, l’une des meilleures d’un point de vue gustatif !

Utilisation et bienfaits de l’aubergine

À l’instar de sa sœur la pomme de terre, l’aubergine fait partie des quelques légumes dont la consommation crue n’est pas recommandée en raison de la présence de solanine. Il est vrai que cette molécule ne sera toxique que consommée en grande quantité mais il reste que l’aubergine crue sera tout de même hautement indigeste.

Et puis les choix de cuisson adaptée à l’aubergine sont tellement nombreux et les perspectives culinaires tellement réjouissantes : blanchie et mixée, grillée et simplement assaisonnée, farcie, rôtie, mijotée, gratinée, crémée…

On profitera ainsi pleinement de tous ses bienfaits. Car en plus d’être peu calorique, l’aubergine est riche en saponine qui limite l’absorption des graisses, en fibres qui facilitent le transit et qui apporte rapidement un sentiment de satiété, en minéraux et en antioxydants (vitamines C et E, sélénium et caroténoïdes).

Cuisinée avec légèreté, l’aubergine sera un allié diététique de grande valeur. Pour profiter au mieux de ses qualités nutritionnelles, quelques conseils

Cuisinez votre légume-fruit avec la peau puisque c’est elle qui contient en grande partie les antioxydants !

Limitez l’absorption de la graisse par la chair en la passant à la vapeur ou en la pochant dans de l’eau salée puis en la séchant avant de la cuisiner de nouveau.

De même, si vous devez la poêler, badigeonnez d’huile une face de la tranche uniquement, cela suffira pour cuire et dorer votre tranche tout entière.

Quand et comment semer ou planter l’aubergine ?

S’il est un légume qui a besoin de beaucoup de chaleur pour pousser, c’est l’aubergine. Vous lui choisirez donc un emplacement lumineux et ensoleillé, protégé des vents froids, dans une exposition Sud/Sud-Ouest. N’hésitez pas à la cultiver sous abri si vous savez que la chaleur ne sera pas suffisamment au rendez-vous ou encore en pot.

 

Quelle que soit la variété que vous choisirez, elles se cultivent toutes de la même manière. Vous pouvez opter pour l’achat d’un plant en jardinerie que vous forcerez au chaud avant de le repiquer si le temps n’est pas encore assez clément ou que vous planterez directement au jardin.

Vous pouvez également tenter le semis maison sachant tout de même que l’aubergine prendra de 4 à 6 mois pour donner ses fruits.

Le semis se fait à la fin de l’hiver, en mars, dans un espace chauffé à 20°C environ, 25°C idéalement.

– remplissez un godet de terreau pour semis ;

– semez 2 ou 3 graines par godet ;

– couvrez finement les graines et vaporisez d’eau ;

– placez en situation lumineuse.

Vous pouvez choisir la caissette ou une plaque alvéolée à la place du godet.

 

La germination prend de 5 à 8 jours. À l’apparition des premières feuilles :

– sélectionnez le plus beau plant par godet ;

– replantez-le dans un godet plus grand rempli d’un mélange de terreau de repiquage, de compost et de terre de jardin et arrosez copieusement.

 

Avant de replanter définitivement au jardin, offrez une phase d’acclimatation et d’endurcissement à vos plants : sortez-les en journée par temps doux, à l’ombre dans un premier temps puis au soleil.

La plantation ne pourra survenir qu’une fois le risque de gelées écarté. Vous lui avez donc choisi une situation chaude, ensoleillée, abritée des vents.

 

Une fois l’endroit choisi et de préférence deux ou trois semaines avant la plantation :

– désherbez, décompactez, ameublissez en profondeur ;

– assurez-vous d’un sol riche et fertile. Si nécessaire, enrichissez avec un compost bien mûr ;

– veillez à ce que le sol soit bien drainé. Si nécessaire, apportez du sable.

 

Le jour de la plantation venu, le plus souvent fin mai ou en juin :

– plantez profondément vos plants et à au moins 50 cm de distance les uns des autres ;

– tassez la terre et arrosez copieusement ;

– paillez, mais seulement si la terre est bien chaude.

Dans le cadre d’un potager, vous installerez les aubergines près des légumineuses – haricots et pois –, des aromatiques comme l’estragon, le thym, le basilic ou le persil. Proscrivez un voisinage avec la pomme de terre. Associez-lui des fleurs qui attireront de concert les insectes pollinisateurs ; choisissez l’œillet d’Inde, le souci, la bourrache et la capucine.

Comment réussir la culture de l’aubergine ?

Dès que le sol est bien chaud, installez un paillage au pied de votre plant d’aubergine. En plus de vous éviter désherbage et binage, il vous permettra également de réduire l’apport en eau.

 

L’arrosage ne devra de toute façon pas être trop fréquent. Il sera par contre copieux, réalisé de préférence le matin – l’aubergine, frileuse, appréciera que le sol puisse se réchauffer rapidement – et au pied du plant, sans toucher le feuillage.

 

Profitez de celui-ci pour faire un apport régulier en potasse. Choisissez pour cela :

– le purin d’ortie que vous pouvez facilement faire vous-même ;

– la consoude, précieuse pour aider à la fructification ;

– la potasse organique.

Pour l’aubergine, la taille n’est pas obligatoire. Vous pouvez choisir d’intervenir a minima pour ne pas provoquer de cicatrices et ainsi favoriser, parfois, la survenue des maladies.

Vous pouvez par contre vouloir hâter la production ou obtenir des fruits plus gros.

Dans ce cas :

– supprimer les gourmands au pied du plant, ceux-ci épuisent inutilement votre plante ;

– à l’apparition de la deuxième fleur, pincez le plant afin d’encourager sa ramification ;

– sur chaque pousse latérale, pincez pour ne conserver qu’une ou deux fleurs par étage.

 

La production moyenne par plant est de 5 à 10 aubergines selon les variétés.

Vous pourrez récolter dès juillet et jusqu’en octobre, au fur et à mesure de vos besoins.

Le fruit se cueille sans trop attendre, dès que la couleur est uniforme et qu’il se détache facilement. N’attendez pas que celui-ci soit trop grand, perde sa brillance ou vire au brun. Dans ce cas, il sera amer et plein de graines !

Conseils Jardiland : Attention, certaines variétés ne se taillent pas. Vérifiez toujours sur l’étiquette les recommandations apportées par le producteur.

Comment lutter contre les maladies et parasites de l’aubergine ?

L’aubergine est une plante potagère assez sensible, pouvant être attaquées à la fois par des parasites et des maladies.

 

Une observation régulière des feuilles permettra de repérer le problème. Une intervention rapide est souvent la clé.

 

Ainsi, concernant les ravageurs, repérez rapidement, ils pourront être tout simplement éliminés manuellement, au fur et à mesure. Vous pourrez également, une fois alerté, intervenir sur l’environnement de votre plant et anticiper un traitement futur, biologique, en prenant toujours en compte que l’utilisation d’insecticides, même bio, à des conséquences sur l’ensemble des populations d’insectes !

Le doryphore, petit coléoptère jaune rayé de noir – sa larve rouge à pois noirs ressemble un peu à la coccinelle – dévore le bord des feuilles. Il est l’ennemi juré de la pomme de terre mais s’attaque à d’autre Solanacées comme l’aubergine ou même la tomate. Il prolifère très rapidement et est un ravageur redoutable. La rotation et la bonne association des cultures prend ici tout son sens, le doryphore ne s’installera pas en présence d’ail, de souci ou de haricots entre autres. De même la présence de prédateurs naturels comme la coccinelle et les oiseaux sera d’une aide précieuse. Si cela est possible, ramassez larves et insectes manuellement dès apparition. Optez pour un traitement par pulvérisation de purin d’ortie, de raifort ou de tanaisie.

 

Le puceron est moins fréquent. Mais tout comme l’aleurode, minuscule mouche blanche, il provoquera des dégâts sur vos plants sans intervention de votre part. Pulvérisez avec une eau savonneuse (savon noir), ce qui empêchera les insectes d’adhérer au feuillage. Traitez au purin de menthe poivrée, ortie, rhubarbe ou fougère. Là encore, invitez des coccinelles !

En ce qui concerne les maladies, l’aubergine, comme toutes les Solanacées, est sensible au mildiou. Ce champignon attaque les feuilles y laissant des taches sur le dessus et une pellicule duveteuse blanche sur le revers.

Comme pour toutes les maladies cryptogamiques, c’est le cocktail chaleur/humidité qui rend possible la survenue du mildiou. Veillez à ce que le sol soit bien drainé et que l’humidité ne stagne pas. Réduisez un peu l’arrosage et veillez à ne pas détremper le feuillage. Évitez les engrais trop azotés et le fumier. Optez plutôt pour des composts bien équilibrés. Et par anticipation pulvérisez du purin d’ortie ou de prêle. Un traitement à la bouillie bordelaise est possible en tout dernier lieu. À éviter tout de même car il n’est pas anodin pour l’environnement.

 

Tous ces conseils valent pour la pourriture grise et la verticilliose, toutes deux également causées par une humidité trop importante.

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