Comment et quand tailler une haie de laurier ?

Comment et quand tailler une haie de laurier ?

Dans le vaste choix que regroupe l’appellation “laurier“, plusieurs variétés pourront convenir à une conduite en haie. Laurier sauce, laurier cerise, laurier du Portugal ou encore laurier-tin, tous présenteront une belle silhouette persistante et des qualités esthétiques indéniables. Une fois votre arbuste choisi, vous n’aurez que quelques règles simples à suivre pour une taille réussie. Petit tour d’horizon.

Quelles variétés de laurier pour une haie ?

Ils sont nombreux, les lauriers, les vrais, ceux du genre Laurus et tous les autres, les apparentés,

les cousins lointains. Pour le sujet qui nous intéresse aujourd’hui, celui des haies, on retiendra plus particulièrement 4 variétés.

 

Le laurier sauce

 

On l’appelle aussi laurier noble ou laurier vrai. Il est le laurier de nos cuisines, ce feuillage si aromatique que l’on se plaît à mettre à toutes les sauces. Mais en plus de rejoindre vos bouquets garnis, il fera une haie parfaite, délicieusement odorante donc mais également bien élégante avec ses jolies feuilles luisantes, vert foncé, lancéolées, et qui plus est, persistantes, ce qui vous permettra de les récolter toute l’année.

Le laurier sauce s’installe en tout début d’automne ou au printemps en région froide, en situation ensoleillée ou mi-ombragée, dans un sol riche et léger.

Il s’adapte à tous les climats et demande peu d’entretien une fois installé. Un arrosage modéré en cas de sécheresse prolongée et un peu de compost au printemps feront l’affaire.

En région froide, une protection hivernale sera nécessaire les premières années.

 

Laissé libre, le laurier vrai atteindra à croissance moyenne une hauteur de 4 m pour une envergure d’environ 2,5 m.

Elle n’est pas obligatoire mais si vous souhaitez procéder à une taille, attendez la fin de la floraison – le laurier sauce se couvre de petites fleurs crème au printemps. Réitérez l’opération à l’automne si vous souhaitez suivre la silhouette de près.

 

Au-delà de la haie, le laurier sauce s’utilise en isolé, en topiaire et se peut se cultiver en pot.

Le laurier cerise

 

Il n’est certes pas membre du club très fermé des Laurus – et est en réalité un Prunus – mais il reste le laurier le plus présent dans nos jardins. Le laurier cerise aussi appelé laurier palme ou laurier du Caucase  a la réputation de former des haies persistantes et rustiques avec une résistance à -20°C, des protections efficaces et très décoratives contre le vent, le bruit ou une vue disgracieuse.

Car en plus d’être d’un beau vert plein de nuances, mat au verso et brillant au recto, le feuillage bien épais se couvre au cœur du printemps de longues grappes de fleurs blanches parfumées très mellifères. Et après ce festin proposé aux butineurs, ce sont les oiseaux qui pourront venir se régaler d’une fructification estivale, de petites baies rouges puis noires telles de petites cerises !

 

Les diverses variétés de laurier palme présentent des hauteurs variables, d’une cinquantaine de centimètres de haut pour les plus tapissantes à plus de 15 m pour 8 m d’envergure pour les variétés les plus vigoureuses laissées libres ou conduites en arbre.

 

Ce prunus s’installe de préférence à l’automne, au soleil ou de préférence à la mi-ombre dans tous les sols bien drainés. Pour une conduite en haie, la taille de cette arbuste à croissance rapide se réalise deux fois l’an, après la floraison, généralement fin mai, et au tout début de l’automne, en septembre.

Le laurier du Portugal

 

Appartenant également au genre Prunus, le laurier du Portugal ou prunier des Açores répond à peu près aux mêmes conditions que le laurier cerise. Sa silhouette conique le prédispose plus à une conduite en arbre mais son exploitation en haie est tout à fait envisageable.

Le laurier du Portugal s’installe lui aussi dans les sols bien drainés les plus variés, même les terres calcaires, et sous tous les climats même s’il affectionne particulièrement la chaleur humide et est un peu moins rustique que son cousin du Caucase (-15°C).

 

Sa croissance est également moins rapide et sa silhouette plus gracieuse. Son feuillage évolue dans le temps, allant du bronze au vert sombre et il produit lui aussi une floraison et une fructification au printemps.

 

Laissé libre, il atteindra une hauteur maximale de 12 m. En haie, il se conduira aisément et certaines variétés plus modestes permettront même une seule taille

par an. Ce sera par exemple le cas du laurier du Portugal ‘Variegata’ que le port plus compact

(de 3 à 5 m de haut pas plus) rendra très compatible avec une formation en haie. Son feuillage panaché sera une alternative très esthétique mais vous lui préfèrerez une exposition mi-ombragée.

Le laurier-tin

 

Nous finirons cette énumération de lauriers divers et variés par le laurier-tin ou viorne-tin – membre émérite du vaste genre Viburnum sur lequel nous revenons largement dans notre article Viorne : plantation, entretien et taille. Mais pour être clair, il n’a de laurier que le nom et reste très éloigné de l’espèce.

Malgré tout, le laurier-tin reste un candidat parfait pour une conduite en haie.

 

Sa croissance est assez lente, ce qui réduit l’entretien, ses dimensions sont parfaites puisque qu’il ne dépasse pas les 2.50 m pour 2 m d’envergure.

 

Son feuillage est persistant, d’un beau vert sombre, et s’habille d’une très longue floraison, de belles ombelles blanc mâtiné de rose pâle qui s’épanouissent dès le mois de décembre et jusqu’au cœur du printemps suivi d’une fructification de petites baies noires. Un couvert bien utile à la faune à des périodes peu généreuses.

 

Le laurier-tin s’installe sous tous les climats, se protège au pied lors d’hivers rudes (il est rustique à -10°C). Il aime le plein soleil et s’accommode de la mi-ombre. Il se satisfait de tous les sols bien drainés.

 

Il se taille une fois par an, juste après la floraison.

Quelle taille pour chaque variété ?

Bien sûr, dès lors qu’il s’agit de haie, certains points de règlementation sont à respecter. Il existe une contrainte de hauteur et de distance pour les haies mitoyennes et les haies situées en limite de propriété ainsi qu’une exigence d’entretien. Certaines de ces règles sont fixées à échelle locale, renseignez-vous auprès de votre mairie ou de votre communauté de communes.

De même, il existe une législation sur les périodes d’intervention. Ainsi, la taille des haies – interdite pour les agriculteurs du 1er avril au 31 juillet – est fortement déconseillée aux particuliers par les diverses services et associations de protection de l’environnement et de la biodiversité, entre le 15 mars et le 31 juillet,

période de nidification.

Des généralités

 

Ceci étant précisé, vous devrez adapter votre pratique de la taille aux spécificités de la variété de laurier que vous aurez choisie mais quelques généralités sont tout de même de mise.

 

Pour tous, vous vous assurez d’être bien installé(e) et bien équipé(e). En hauteur, utilisez un escabeau ou un petit échafaudage bien stable, ou mieux encore des outils à manche télescopique qui vous permettront de rester au sol. Votre matériel – cisaille à haie, taille-haie et sécateur – est révisé régulièrement, bien aiguisé et désinfecté entre chaque utilisation.

Commencez par supprimer branches mortes, abîmées ou allant à l’encontre de la silhouette.

 

Travaillez votre haie sur toute sa longueur en même temps. N’hésitez pas à vous interrompre régulièrement et à prendre du recul pour observer votre haie et réajuster par petites touches votre taille.

Pour la partie haute, n’hésitez pas à vous aider d’un cordeau que vous tendrez de part et d’autre. Cela vous permettra de tailler à la fois droit et à la bonne hauteur. La base de votre haie est laissée légèrement plus large que son sommet pour s’assurer que cette partie basse reçoive suffisamment de lumière.

Pour les côtés, procédez du bas vers le haut en vous aidant là encore, si nécessaire, d’un fil à plomb pour le niveau.

Quelques spécificités

 

Pour la taille du laurier cerise, du laurier du Portugal mais également pour le laurier sauce, on retiendra qu’une taille printanière (après les dernières fortes gelées) a tendance à dynamiser la pousse et accélérer la croissance du végétal alors qu’une taille automnale la ralentira. Elle survient sur un plant d’au moins 5 ans et n’excède pas le tiers de la tige. Ceci favorisera le renouvellement et la croissance des rameaux à la base et assurera la conservation d’une silhouette bien dense sur toute la hauteur.

 

Si les viornes en général nécessitent rarement une taille, le laurier-tin supportera lui une taille plus sévère s’il est conduit en haie. Il s’agira de permettre aux branches de produire de belles et nombreuses ramifications et d’étoffer ainsi la haie. Pour ce faire, coupez les rameaux ayant fleuri à la moitié de leur longueur. Procédez en mars, juste après la floraison.

Pour aller plus loin sur le thème des haies et de la taille, découvrez comment planter une haie et choisir ses arbustes, quelle haie choisir pour votre jardin, mais également quand et comment tailler une haie de thuyas, de pyracanthas ou de buis.

Notre sélection pour une belle haie de laurier

Laurier-Sauce

À partir de 9,50 €

Laurier Cerise

À partir de 4,75 €

Laurier Du Portugal

À partir de 4,50 €

Laurier Du Portugal 'Variegata'

À partir de 12,90 €

Sécateur - L.20 x l.5 x H.2 cm

Jardiland

9,95 €

Cisaille à haie traditionnelle 56cm

Bahco

48,50 €

Laurier-Tin 'Spirit'

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