Potiron : variétés, plantation, culture et dégustation

Potiron : variétés, plantation, culture et dégustation

Le potiron appartient à une belle et grande famille très diversifiée, celle des cucurbitacées.

Pas moins de 800 espèces regroupées en 130 genres, aux origines géographiques variées, mais ayant peu ou prou toutes en commun d’être des fruits charnus poussant sur des plantes rampantes ou grimpantes. Pour des récoltes gourmandes en automne et jusqu’aux portes de l’hiver, suivez le guide pour faire votre choix de variétés et réussir vos plantations

Principales variétés de potiron et caractéristiques

Ce sont les Conquistadors qui, au début du XVIe siècle, ramènent en Europe différentes variétés de courges d’Amérique du Sud. Celles-ci s’adaptent, se diversifient pour former de grandes familles

 Nous connaissons bien Cucurbita pepo, un genre qui englobe notamment, la citrouille, la courgette, le pâtisson, la courge spaghetti ou encore la courge d’Halloween…  Mais c’est à Cucurbita maxima que nous nous intéressons aujourd’hui ou, autrement dit, à la grande famille du potiron et de ses nombreuses sous-variétés !

 

Jaune gros de Paris, Potimarron, Rouge vif d’Étampes, Giraumon turban, Bleu de Hongrie, Vert Hokkaido, Atlantic Giant… autant de noms évocateurs pour désigner ces fruits aux couleurs vives, aux formes généreuses et arrondies, plus ou moins côtelés et sphériques, aux tailles variées – le plus gros potiron jamais cultivé pesait près de 1 200 kg !

Leur chair est aussi une source de textures et de goûts variés, s’adaptant à de multiples recettes, se mariant facilement avec d’autres légumes, recettes salées, sucrées, sans parler de leurs apports nutritionnels, les potirons sont vraiment incontournables pour égayer nos potagers et nos plats d’hiver.

Petites précisions sur la différence Citrouille/Potiron

 

D’un point de vue botanique, si les plants de ces deux grandes familles se ressemblent, elles présentent tout de même quelques différences esthétiques, culturales et surtout gustatives.

 

Entre autres, et pour résumer, on retiendra que les potirons et consorts ont une peau dure dont la couleur varie selon la variété, un pédoncule souple (la queue qui le relie à la tige), une forme allant de l’arrondi à l’aplati, une chair fondante et goûteuse.

Ils se récoltent entre septembre et décembre et se conservent plusieurs semaines.

 

La citrouille, elle, comme tous les représentants du genre Cucurbita pepo, nécessite des températures plus douces et se récolte un peu plus tôt dans la saison, elle est invariablement orange, relativement ronde, a une chair généralement plus filandreuse, plus fade ; son pédoncule est anguleux, dur et fibreux.

Pour l’anecdote, dans son conte, c’est bien une citrouille que Charles Perrault envoie Cendrillon chercher au potager ; une belle citrouille, oblongue et ventrue ! Et pourtant, lorsque, sur nos écrans, le carrosse se retransforme à minuit, il a la forme d’un magnifique potiron ! Monsieur Walt Disney aura sans doute trouvé la forme du potiron plus esthétique à représenter dans son dessin animé, mais il a du coup participé à la confusion des genres.

Les variétés de potirons

 

Le Jaune gros de Paris avec des fruits pouvant peser de 15 à 50 kg, mesurant jusqu’à 65 cm de diamètre et d’une belle couleur saumonée ne passe certainement pas inaperçu dans les potagers. Sa chair jaune et tendre, sucrée lorsqu’il est à maturité s’accommode fort bien en potage, soufflé ou confiture. Il se sème au chaud, en godet, en avril et se repique en place, au soleil, à la mi-mai. La plante produit de 1 à 4 fruits maximum par saison, récoltés en septembre et octobre.

 

Le Rouge vif d’Étampes plus modeste en taille avec des fruits pesant entre 8 et 10 kg pour un diamètre de 50 cm maximum, se fait remarquer par sa belle couleur orange vif qui égaye les jardins en hiver et les potages, gratins ou purées avec sa chair orangée bien tendre. Semez en mini-serre, au chaud, dès mars ou en place dès lors que les températures ne descendent plus en-dessous des 12°C. Un plant peut porter de 1 à 4 fruits qui se récoltent au moins jusqu’en novembre.

Pour mettre une touche d’originalité dans votre potager il faut y inviter le Giraumon turban.

 

Sa base sphérique et orangée ressemble à un rouge vif d’Étampes mais, à mi-hauteur, c’est comme si une autre variété s’invitait et chapeautait le haut du Giraumon avec d’autres couleurs, vert, crème, orange. Et voilà notre potiron portant turban.

 

Plus petit que les précédents, 5 kg maximum par fruit pour un diamètre de 15 cm, il peut en pousser jusqu’à 6 par pied.

 

Bien connu aux Antilles, cette courge coureuse est appréciée pour sa chair ferme et sucrée, un peu farineuse que l’on cuisine en potage, purée ou soufflé, en confiture et même en pain. Et sa forme originale permet même de le farcir.

 

Il se sème à 12°C minimum en godet au mois d’avril, se repique en place à la mi-mai, se récolte dès septembre et jusqu’à fin octobre.

Avec le Bleu de Hongrie, vous apportez une touche plus nuancée à votre jardin car sa peau, comme son nom l’indique, tire plus sur le bleu pâle ou sur le gris perle. Mais sa chair est tout aussi orangée que celle des autres. Très épaisse et dense, elle est également particulièrement douce et sucrée. Variété coureuse, elle produit 2 à 4 fruits par pied pouvant peser jusqu’à 8 kg et mesurer quelques 35 cm de diamètre. Ce potiron se sème dès mars, se plante jusqu’en juin et se récolte au début de l’automne.

 

Le Marina di Chioggia est lui bien original et ce à plusieurs titres. Son apparence peut surprendre : une teinte vert profond avec des reflets gris bleuté, une peau très épaisse, extrêmement granuleuse. Et dedans, surprise, une chair presque rouge, sucrée à souhait, idéale en beignet, parfaite pour les confitures. Il se sème dès avril ou se plante en place jusqu’en juin. Généreux avec ses 5 fruits potentiels par pied pouvant atteindre 35 cm de diamètre et une dizaine de kilos, il est aussi plus précoce et se récolte dès le mois d’août.

Le Potiron potimarron, voici là une bien belle courge à cultiver ! Non content de montrer une belle peau fine orange foncé pour le plaisir des yeux, d’offrir à nos papilles une chair tendre ayant un goût délicat de châtaigne, le potimarron est le champion des potirons en apport d’oligo-éléments, de vitamines, notamment A et E… Il est plus riche en bêta-carotène que la carotte. Plus petit que les précédents, 3 kg maximum pour un diamètre de 22 cm, il se sème et se repique dans les mêmes conditions. Il se récolte en automne et se conserve très bien à température ambiante.

 

On pourrait encore citer l’Atlantic Giant, la variété détentrice du record du monde du plus gros potiron avec un petit 481 kg enregistré aux États-Unis en 1996. Sa qualité gustative est assez moyenne et elle est à réserver aux potages et confitures, mélangés avec d’autres fruits ou légumes. Le Doux Vert d’Hokkaïdo, et ses petits fruits – 2 à 4 par pied – à conserver facilement. Mais également la Buttercup, la Hubbard, le Vert olive, ou la Banana Blue et la liste est loin d’être terminée !

Utilisation et bienfaits du potiron

Les potirons se ramassent à l’automne et au début de l’hiver et se conservent pendant des semaines s’ils ont été ramassés à maturité et entreposés dans une pièce aérée à température ambiante.

Une fois entamés, les potirons ne se conservent que quelques jours dans le bac à légumes du réfrigérateur, protégés par un film plastique.

 

On peut également les détailler en morceaux et les congeler.

 

Ils apportent à notre cuisine, saveurs, couleurs et vitamines au moment où les légumes de l’été ont disparu et que demeurent les légumes racines et discrètes légumineuses.

 

Les potirons se cuisinent de bien des manières, en recettes salées ou sucrées, s’adaptent à de multiples recettes éprouvées et créations culinaires.

 

Certains se mangent avec leur peau.

 

Même les graines sont utilisées, pour faire de la farine et de l’huile.

Comme la plupart des fruits, les courges sont riches en vitamines, C, B9, D, E, avec une mention spéciale pour le potimarron, gorgé de bêta-carotène.

La provitamine A, indispensable au renouvellement des cellules de la peau et des muqueuses, aide au bon fonctionnement de nos yeux et freine l’apparition des maladies de la rétine. Et accessoirement donne cette belle couleur orangée à leur chair.

 

Également riches en oligo-éléments, potassium, zinc, manganèse, cuivre, fer et en fibres, elles sont peu caloriques et pauvres en sucre, contrairement à ce que peut laisser croire leur goût.

 

Et ce n’est pas tout ; l’huile extraite des pépins, qui est riche en protéines et lipides, possède des vertus vermifuges, laxatives, prévient l’hypertrophie de la prostate et l’hypertension.

 

Il n’y a décidément plus à hésiter pour faire de la place dans votre potager à ces fruits plantureux.

Quand et comment semer ou planter le potiron ?

De la place il en faut pour ces plantes annuelles rampantes aux tiges dites coureuses qui peuvent pour certaines variétés atteindre 10 m de long. Réservez lui donc une place conséquente au potager…

Les graines de potiron se sèment de mars à juin, une graine par godet rempli de terreau pour semis, les godets placés à l’intérieur. Bien arrosées et gardées à une température de 20°C, les premières feuilles apparaissent au bout d’une semaine.

 

Si vous optez pour le semis en pleine terre, il faudra attendre que la saison des gelées soit terminée et que le sol se soit bien réchauffé, donc plutôt en mai ou dès que la température ne descend plus en-deçà de 12°C.

 

C’est à peu près à la même période que vous repiquerez les plants, dans une terre enrichie de compost.

 

Cette plante prend ses aises, il faut prévoir environ 4m² par pied, dans un endroit ensoleillé, dans une terre bien drainée.

 

Pensez à pailler chaque pied afin d’éviter de trop arroser.

Au bout de cinq à six mois les courges atteignent leur taille optimale, les tiges se dessèchent, les feuilles jaunissent et découvrent les fruits qui en profitent pour finir de mûrir au soleil automnal.

 

Si le temps est humide il est conseillé d’isoler les fruits du sol mouillé en les posant des planches, des cagettes retournées ou des tuiles pour que la peau ne s’abîme pas au contact de la terre et leur permettre de finir de mûrir.

 

Soyez patients, il est très important de laisser les potirons arriver à maturité si vous souhaitez les conserver tout l’hiver.

Et puis il est temps de les ramasser ; fiez-vous à la couleur mais vérifiez aussi que le pédoncule (la tige) est sec, signe qu’il est mature.

 

Si la saison offre encore de belles journées vous pouvez les entreposer en extérieur sur une table au soleil avant de les rentrer.

Comment lutter contre les maladies et parasites du potiron ?

Bien que la plante du potiron soit vigoureuse et facile à faire pousser, elle peut subir les attaques de nuisibles et être sujette aux parasites !

Au printemps les feuilles tendres des jeunes plants sont tentantes pour les limaces et autres escargots, ou encore les pucerons qui en sucent la sève. Privilégiez une élimination manuelle de ces nuisibles, afin de préserver les insectes pollinisateurs attirés par les belles fleurs jaunes du potiron.

 

Au printemps mais également à l’automne peut apparaître la pourriture grise. Ce champignon microscopique, le botrytis, très résistant, aime l’humidité et la chaleur, se répand en duvet grisâtre sur les feuilles, les tiges et les fruits et peut tuer vos plants.

 

Pour prévenir son apparition, quelques précautions peuvent suffire ; ne pas arroser les feuilles, privilégier l’arrosage tôt le matin pour que les plantes puissent sécher dans la journée, répandre avec parcimonie

de la cendre de bois au pied des plants pour un apport de potasse, garder les plants bien aérés

en enlevant quelques feuilles si nécessaires afin de laisser circuler l’air.

Si malgré toutes ces précautions, les premiers signes de pourriture grise apparaissent traitez à la bouillie bordelaise (en respectant les dosages indiqués sur la boite du produit, pour une utilisation respectueuse de l’environnement). Vous pouvez même, si la saison est très humide la pulvériser préventivement.

 

L’oïdium, un autre champignon particulièrement actif dans les potagers, aime lui aussi les atmosphères humides et les écarts de température.

Il provoque l’apparition de taches blanches sur les feuilles. S’il se développe au printemps il faut enrayer sa progression en traitant à la bouillie bordelaise ou au soufre avant qu’il n’affaiblisse les plants. Vous pouvez également appliquer une décoction de feuilles de prêles. Enlevez les feuilles contaminées avant d’entamer quel que traitement que ce soit.

Si l’attaque survient à l’automne, les fruits sont presque à maturité, les feuilles vont de toute façon tomber et le plant mourir puisque le potiron est une herbacée annuelle. Ne traitez pas. Débarrassez-vous des déchets contaminés.

Différentes façon de cuisiner le potiron

En potage, seule ou mariée à d’autres légumes, en purée, en frites ou beignets, en gratin, flan ou soufflé, en cake sucré ou salé, en confiture, la chair de potiron s’accommode de multiples façons

Privilégiez la cuisson vapeur pour conserver au mieux ses vitamines.

Découpez le potiron en cubes avec sa peau, retirez les graines, et placez-les dans le panier de l’autocuiseur pour 10 minutes. La chair se détache alors facilement de la peau.

 

Vous pouvez la déguster tel quel, en la relevant d’un filet d’huile d’olive et d’un assaisonnement de votre choix. Si vous voulez en atténuer le petit côté sucré, n’hésitez pas, le potiron supporte très bien les épices, curry ou paprika par exemple et les herbes, thym, sauge… À noter que le potimarron peut se manger avec sa peau.

 

Vous pouvez également l’ajouter à une préparation de flan, de gratin, de gâteau.

 

Vous préférez la faire rôtir au four ? Toujours en cubes avec sa peau, salez, poivrez, épicez et c’est parti pour 40 minutes environ.

Au four toujours, placez un potimarron évidé mais entier pour 15 minutes. Pendant ce temps, mixez champignons et oignons. Remplissez votre fruit avec cette farce agrémentée d’un peu de crème et de comté râpé, couvrez avec son chapeau et enfournez de nouveau pour 30 à 40 minutes. Servez ainsi, en portion individuelle, le potimarron étant à la fois récipient et délice à déguster. Vous pouvez appliquer le même principe à un potiron plus gros que vous farcirez comme vous le souhaitez et que vous placerez, une fois, prêt, au centre de la table, tel une soupière.

 

Vous désirez rajouter une touche de couleur à vos frites ? Vous épluchez le potiron et le découpez en frites que vous salez et poivrez avant de les plonger dans la friteuse.

 

Et surtout, ne jetez pas les graines ! Nettoyez-les et passez-les au four pendant 20 minutes, saupoudrées d’épices et vous pourrez les servir en apéritif, ou en agrémenter vos salades.

Notre sélection de potirons à cultiver dans votre potager

Graines de Potiron marina di Chioggia

Fourche & Compagnie

5,00 €

Graines de Potiron jaune gros de paris

Fourche & Compagnie

3,00 €

Graines de Potiron Atlantic giant

Fourche & Compagnie

4,00 €

Graines de Potiron bleu de Hongrie

La Ferme de Sainte Marthe

5,50 €

Graines de Potiron doux vert hokkaido

La Ferme de Sainte Marthe

4,95 €

Graines de Potiron potimarron

La Ferme de Sainte Marthe

4,95 €

Graines de Potiron Rouge Vif D'Étampes

Caillard

4,50 €

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