Quelles plantes aquatiques pour un bassin de jardin ?

Quelles plantes aquatiques pour un bassin de jardin ?

Fleurir un bassin, le végétaliser, c’est instaurer un lien avec son environnement. Le choix de plantes aquatiques participera bien sûr de l’embellissement du lieu mais également de la naissance et de l’équilibre de tout un écosystème. Facteurs à prendre en compte, conseils d’installation et petites sélection de végétaux… on vous en dit un peu plus !

Quand et comment installer les plantes dans le bassin ?

C’est de mi-mars à mi-octobre que vous allez procéder à l’installation de vos plantes aquatiques. Le choix étant infini, vous devrez procéder à une sélection en fonction de plusieurs critères. L’idéal sera de faire un croquis ou de tracer un plan de votre projet qui reprendra tous ces points.

 

La superficie de votre bassin

Pour que les plantes aient un réel impact sur le bon fonctionnement de votre bassin, son oxygénation et sa filtration, quelques règles sont à suivre. Ainsi, 20% du bassin seront occupés par des plantes submergées oxygénantes et au maximum 30% de la surface par des plantes émergentes et flottantes.

Astuces Jardiland : Plus facile qu’un calcul de pourcentage, référez-vous à ce nombre de plants conseillé au m2.

pour 5m2 : 2 à 3 plantes oxygénantes / 3 à 4 plantes émergentes / 1 à 2 plantes flottantes ;

pour 10m2 : 2 à 3 plantes oxygénantes / 4 à 6 plantes émergentes / 1 à 2 plantes flottantes ;

pour 15m2 : 3 à 5 plantes oxygénantes / 5 à 7 plantes émergentes / 2 à 3 plantes flottantes ;

pour 20m2 : 6 à 8 plantes oxygénantes / 8 à 10 plantes émergentes / 3 à 4 plantes flottantes.

La dimension décorative de l’ensemble

Influence japonaise, accent exotique, atmosphère sauvage… succession de petits bassins ou vaste jardin aquatique… le type de pièce d’eau et vos choix de végétalisation seront fonction de l’espace disponible et de votre budget bien sûr. Mais ils seront aussi le reflet de vos goûts esthétiques et de votre rapport intime au jardin et à la nature.

 

La destination et les exigences de chaque végétal

Outre l’exposition, la profondeur du bassin conditionnera votre choix. Organiserez vos plantations en zones.

Certaines plantes n’auront besoin que de quelques centimètres d’eau et seront parfaites pour habiller les berges, les stabiliser et servir de refuge aux batraciens. De nombreuses variétés se satisferont d’une eau peu profonde, l’épureront, y fleuriront avec bonheur et serviront de zone de repos pour les insectes volants. Dès 20 cm de profondeur, on retrouvera les plantes flottantes non enracinées mais également de grands classiques à feuillage flottant – comme le nénuphar dont certaines variétés se plairont aussi en eau profonde.

Les techniques d’installation des plantes

Si les plantes de faibles profondeur se plantent directement en terre, les plantes immergées ou semi-immergées pourront, elles, être plantées dans des paniers prévus à cet effet.

 

Dressez une liste de plantes par zone et type et organisez en amont les étapes de la plantation.

– les plantes oxygénantes sont les premières à être installées ;

– les plantes immergées à feuillage flottant sont installées au centre du bassin ;

– les plantes flottantes ne sont pas plantées mais déposées à la surface ;

– les plantes semi-aquatiques s’épanouissent près du bord et dans les zones très peu profondes ;

– les plantes de berge habillent les abords humides de la pièce d’eau.

Plantation directe

Il s’agit d’installer des zones terreuses pour accueillir les divers végétaux. Cette technique s’applique à faible profondeur, en-deçà de 30 cm généralement.

– placez un feutre épais sur la bâche pour ne pas qu’elle soit fragilisée ;

– apportez 20 à 30 cm de terreau aquatique ;

– après avoir humidifié la motte de vos plants, dépotez-les, plantez et tassez ;

– recouvrez de pierre de lave ou de gravier pour maintenir le substrat en place et empêcher les poissons de fouiller les lieux !

 

Installation flottante

Les plantes concernées peuvent être directement posées à la surface. Vous pouvez également simuler la flottaison en installant certains sujets dans des paniers flottants.

Plantation en panier

Cette technique permet de pouvoir accéder facilement aux végétaux des zones profondes et semi-profondes et donc d’apporter entretien et soins aisément mais également de modifier leur emplacement si nécessaire, de permettre un hivernage pour certains sujets. Elle permet aussi de contenir certaines plantes envahissantes. Enfin, elle présente également moins de risque pour le liner.

– humidifiez la motte de vos plants et dépotez ;

– placez-le plant dans le panier que vous aurez préalablement rempli d’une terre pour plantes aquatiques. Tassez bien. Recouvrez d’un peu de gravier ou de pierre de lave.

– plongez votre panier dans une bassine pour éliminer air et déchets puis placez-le délicatement dans le bassin.

– selon la taille et la portance des végétaux, lestez ou caler le panier si nécessaire.

Conseil Jardiland : Au moment d’acquérir vos plantes et de choisir leur mode de plantation, renseignez-vous sur leur rusticité et anticipez un éventuel hivernage nécessairement à l’abri. Car si certaines plantes passeront l’hiver en place sans souci pour peu que vous vous assuriez que l’eau circule et n’est pas totalement gelée –, d’autres nécessiteront d’être plantées bien en profondeur pour résister alors qu’un certain nombre exigeront d’être sorties du bassin. Ces dernières seront placées dans un local hors gel bien sûr et lumineux, dans leur pot ou panier initial ou dans de grands contenants remplis d’eau.

Quelles plantes aquatiques pour un bassin de jardin ?

Les plantes oxygénantes

immergées et semi-immergées

La Pesse d’eauHippuris vulgaris, est une vivace pleine de ressources. Outre son esthétisme séduisant avec ses allures de petits sapins émergeant à fleur d’eau, elle oxygène et épure l’eau en se délectant des nitrates et phosphates présents dans le bassin. En-dessous ou au-dessus de la surface, elle est l’abri préféré de nombre d’insectes et de larves. Elle se plante dans une profondeur de 5 à 30 cm d’eau.

 

Dans la série des plantes fleuries, Hottonia palustris, aussi appelée Millefeuille aquatique, vous séduira par son feuillage submergé vaporeux et sa délicate floraison. Elle s’installe à faible profondeur et de préférence à l’ombre. Quant à la Renoncule flottante (Ranunculus fluitans), elle s’installera de 5 à 60 cm de profondeur et formera un beau tapis de fleurs blanches à fleur d’eau.

On choisira Potamot natans pour sa grande capacité oxygénante et son utilité pour les poissons qui s’abritent sous ses feuilles ovales posées sur l’eau et les petits insectes qui s’y reposent en surface. Peut être installé jusqu’à 90 cm de profondeur dans la vase ou en panier dans une terre pauvre.

 

Totalement immergée, le Ceratophyllum demersum est surprenant d’efficacité et de simplicité. Sans racine, le Cornifle nageant ne se plante pas mais se dépose dans l’eau. Il rejoindra à son gré le fond du bassin. Ainsi installé, il luttera contre la prolifération d’algues en privant ses dernières de nourriture et alimentera avec bonheur les poissons herbivores.

Le Callitriche des marais – ou Étoile d’eau – s’installe à une profondeur de 5 à 50 cm. Il vit immergé et habille la surface d’un beau tapis de petites rosettes de feuilles. Rustique à -15°C, il offrira une décoration hivernale dans la plupart de nos régions.

 

Vivace immergée également, Elodea canadensis s’installe, elle, jusqu’à 1m50 de profondeur.

Les plantes flottantes

Elles sont installées au centre du bassin.

On les classe en deux types distincts : les flottantes enracinées qui s’enracinent dans le fond du bassin et les flottantes dont les racines restent à la surface de l’eau.

 

Pour les secondes, leur utilisation prête à débat. Jugées envahissantes, voire invasives, parfois interdites, souvent problématiques, elles ne sont pas recommandées.

Les plus connues, les lentilles d’eau et Trapa natans – la châtaigne d’eau –, Pistia stratiotes – la laitue d’eau, plus facilement gérable et moins risquée pour la nature car gélive –  ou encore les azollas, de minuscules fougères aquatiques, restent ultra-décoratives en plus d’être très épuratrices.

 

Mais il vous faudra faire preuve d’une extrême vigilance si vous décidez malgré tout de les installer au bassin, les éliminer régulièrement et ne surtout pas vous en débarrasser en les jetant dans la nature qu’elles ne manqueraient pas de coloniser !

Préférez les flottantes enracinées qui seront tout aussi décoratives et apporteront abri à la petite faune.

Comment ne pas citer en tout premier lieu, le nénuphar. Selon la superficie et la profondeur de votre bassin, choisissez parmi la cinquantaine d’espèces de Nymphea, de formes, tailles et couleurs variées (blanc, jaune, rose, rouge, orange, etc.).

 

Dans le registre du beau, on évoquera bien sûr Nelumbo, le lotus tout aussi spectaculaire avec ses larges feuilles délicatement posées sur la surface et ses fleurs époustouflantes. Il se plaira en situation très ensoleillée et à un minimum de 50 cm de profondeur. Il sera à protéger du froid hivernal.

 

Avec sa floraison aux allures d’orchidées délicatement parfumées, Aponogeton distachyos, également appelée vanille d’eau, habillera avec élégance la surface de votre bassin. Elle a la particularité de fleurir en décalé par rapport à la plupart des autres espèces fleuries à savoir de mars à avril puis tout l’automne. Une bonne profondeur la protégera du gel (50 à 60 cm idéalement).

Les plantes semi-aquatiques et plantes de berge

Elles participent du décor mais également de la vie du jardin aquatique. Souvent très dépuratrices, toujours accueillantes pour la faune semi-aquatique, elles contribuent très largement à l’équilibre du bassin. Quant au choix esthétique, il est large.

 

Au printemps, profitez de la superbe floraison étoilée de Menyanthes trifoliata. Ce trèfle d’eau a besoin de peu d’eau – plantation entre 10 et 30 cm de profondeur – est peu envahissant et apporte une belle verticalité en se dressant avec grâce à 30 cm au-dessus de la surface : il est le candidat parfait des petits bassins.

 

Dans le registre des belles fleurs, l’iris des marais (Iris pseudacorus) s’installe à fleur de berges jusqu’à 20 cm de profondeur. Très bonne épuratrice, elle stabilise les pentes douces et offre en plus d’un long feuillage vert franc une floraison remarquable le plus souvent blanche ou jaune.

La Sagittaria sagitifolia doit son nom à ses feuilles en forme de fer de lance. Optez pour la Sagittaire ‘Flore Peno’ pour ses grandes qualités déphosphatantes mais également pour sa très belle floraison estivale avec ses gros pompons blancs. Elle se plante à 20 cm de profondeur.

 

Pour vos bordures, pensez à l’étrange Primula vialii, primevère aux allures d’orchidée et ses inflorescences allant du rouge carmin au mauve.

Ou encore optez pour les jolies clochettes pourpre de Fritillaria meleagris, la fritillaire pintade.

 

Pour apporter un contraste saisissant aux végétaux à grands branchages et feuillages graphiques, osez l’arum. Plantés en bouquet, ils apporteront pureté et élégance.

Si vous aimez les feuillages graphiques justement, optez pour Cyperus papyrus. Il peut être planté jusqu’à 50 cm de profondeur ou dans un pot immergé dans 5 cm d’eau, cette dernière solution étant préférable car gélif, il sera à rentrer l’hiver. Sa silhouette s’élancera à près de 1.50 m de haut.

 

Dans son ombre, plantez Equisetum japonicum, la prêle japonaise et ses belles tiges très décoratives.

 

Dans la grande famille des Juncus, choisissez le jonc bleu ; sa belle teinte et son port droit feront des merveilles au bord de votre pièce d’eau, ou encore le tortueux Juncus effusus spiralis et ses drôles de tiges tire-bouchonnées.

De même, avec ses grandes tiges installées dans à peine quelques centimètres d’eau, le roseau, grand dépolluant, habillera votre jardin aquatique de sa silhouette aérienne et gracieuse.

Choisissez le roseau à massette – Typha angustifolia – pour son feuillage fin et ses longues inflorescences marron. Cette graminée supportera les fortes chaleurs, les rayons ardents et les vents violents. Il sera un formidable protecteur de son habitat.

 

Conseil Jardiland : Les espèces végétales aquatiques ont été ces dernières années au cœur des débats sur les espèces exotiques envahissantes. Devant les dégâts causés et les risques pour la biodiversité, nombre d’entre elles ont été soumises à restriction ou interdites. C’est le cas de la plupart des variétés du célèbre Myriophyllum par exemple ou encore de certaines fougères aquatiques comme la Salvinia molesta. Soyez vigilants au moment de vos achats !

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