Comment pailler le potager en hiver ?

Comment pailler le potager en hiver ?

Pailler le potager en hiver est primordial. Protéger les cultures en place, nourrir le sol, préparer les plantations futures sont autant de bonnes raisons. Pour comprendre les objectifs, choisir votre méthode et le matériau de paillage à installer sur vos parcelles potagères, suivez le guide…

Pourquoi pailler son potager ?

On le sait, la Nature a horreur du vide. Et l’adage s’applique bien sûr aux planches de votre potager, celles encore occupées par quelques légumes d’hiver et toutes les autres parcelles, qu’il faut, en cette fin d’automne, préparées sans tarder à affronter l’hiver.

Inenvisageable donc de se contenter d’un simple nettoyage et de laisser nus vos lignes et carrés… Car le paillage d’hiver est essentiel à bien des titres !

 

La protection

Le paillage d’hiver a un effet protecteur bien sûr.

Contre les grands froids et les gelées qui peuvent en résulter. Il s’agit là de protéger certains légumes perpétuels plus sensibles à un gel trop fort ou trop persistant comme le cardon, les cardes (appelées aussi bettes), l’artichaut mais également de faciliter la récolte des poireaux ou des légumes racines comme les carottes, les betteraves, les panais ou encore les topinambours plus difficiles à arracher dans un sol gelé.

Plus globalement, en maintenant à l’automne une terre chaude, le paillage d’hiver favorise le développement et la générosité des cultures en place ; en permettant un réchauffement plus rapide de la terre à l’arrivée du printemps, il encouragera les cultures à venir.

 

Contre les fortes pluies qui lessivent les sols. Ces averses auront bien sûr pour effet de priver les organismes vivants d’éléments nutritifs essentiels. Elles auront aussi pour conséquence de favoriser une humidité persistante préjudiciable aux légumes racines en place.

A contrario, en cas d’hiver particulièrement sec, le paillage permettra d’optimiser les bénéfices de la pluie en permettant une infiltration lente, maîtrisée et optimisée.

 

Contre les grands écarts de température enfin. En jouant ce rôle de régulateur, il assurera un cycle de vie plus équilibré aux micro-organismes et à la faune peuplant le sol, une biodiversité nécessaire à la mise en place d’un terrain de culture fertile, d’un humus de qualité.

La fertilisation

Conserver un sol vivant, c’est assurer la présence d’eau, d’air mais c’est également encourager le bon équilibre entre carbone et azote.

Nous le verrons plus loin, si tous les paillages n’offrent pas la même protection, ils ne proposent pas non plus les mêmes apports. À cette époque de l’année, on favorisera tout composant permettant de protéger mais également de dynamiser le vivant et d’améliorer le sol en prévision des plantations futures. C’est donc de matières organiques, de paillages végétaux dont il sera question.

 

L’utile et l’agréable

Outre les points évoqués plus haut, le paillage d’un potager non cultivé en hiver présentent d’autres avantages. L’un est esthétique ; la plantation d’engrais verts rustiques – luzerne, trèfle ou seigle par exemple – ou amoncellement de paille ou de fougères – habilleront le paysage. L’autre est pratique ; en limitant la prolifération des adventices, le paillage diminuera considérablement le temps de désherbage au moment de la reprise.

Dernier point auquel certains seront sensibles : en plus de préserver la structure du sol,  ces couvertures provisoires offriront le gîte à tout une petite faune, parfois auxiliaire, et encourageront la biodiversité au jardin.

Comment pailler le sol du potager ?

Quand on attend d’un paillage qu’il soit efficace en termes de protection mais également de nutrition, c’est sur un sol ameubli, humide et suffisamment chaud qu’il s’installe. C’est donc en automne qu’un paillage d’hiver s’installe.

 

Pas de labour en profondeur mais un bêchage de surface qui permettra d’arracher les végétaux prêts à l’être, de supprimer les adventices et d’aérer la terre afin qu’elle absorbe mieux ce que le paillage aura à lui proposer. Juste ce qu’il faut d’humidité, n’attendez pas que les pluies soient trop prononcées et les sols détrempés ; à l’inverse arrosez légèrement en cas de terre très sèche en profondeur. Enfin, n’attendez pas que les températures soient trop basses, la vie du sol perdrait tout le bénéfice d’une chaleur que le paillage aurait pu contribuer à conserver. Et au contraire, vous pourriez même emprisonner le froid !

Bien entendu, l’épaisseur dépendra de la matière choisie mais elle devra être conséquente pour que le paillage soit efficace (au moins 10 cm). Ce dernier devra être stabilisé au sol et/ou renouvelé en cours de saison dans certains cas.

Avec quels matériaux pailler le sol du potager ?

Selon le climat, la nature du sol, le type de culture pratiquée, les ressources à votre disposition et le résultat recherché, il vous faudra choisir un des nombreux matériaux utilisables comme paillage.

 

Nous l’avons vu, l’hiver, le paillage doit être à la fois protecteur – et résistant donc – ainsi que nourricier.

 

Plusieurs matériaux mais également plusieurs méthodes s’offrent à vous, chacune présentant avantages et inconvénients.

 

En réalité, l’enjeu sera de trouver de bons équilibres – entre matériaux “verts“ se décomposant rapidement et matériaux “bruns” plus lents, entre action flash et décomposition plus durable.

Le choix de la méthode

Il s’exerce dès la mise en œuvre du paillage.

 

Vous pourrez opter pour une intervention limitée, auquel cas vous vous contenterez, en termes de préparation, d’arracher les restes de cultures, les adventices volumineuses en considérant que cet arrachage ameublira suffisamment la terre. Vous pourrez poursuivre la démarche en effectuant sur cette parcelle un compostage de surface, c’est-à-dire que vous amènerez là les déchets verts du jardin – tonte, feuilles mortes, tiges, feuilles et fanes de légumes, etc. Afin d’équilibrer la matière organique en présence – et de cacher l’amas de déchet si cette vision vous dérange – couvrez l’ensemble d’une matière sèche “brune” comme de la paille par exemple. Non seulement les adventices seront dans l’incapacité de pousser mais la décomposition donnera un sol nourri et équilibré.

 

Vous pourrez choisir de faire place nette en nettoyant vos parcelles avec minutie et en binant en surface avant d’installer la couverture hivernale.

Astuces Jardiland : dans le cas d’un compostage de surface, veillez à ne pas laisser sur place des restes de végétaux malades. Déposez ces déchets contaminés en déchetterie.

Le choix du matériau

Il s’agira bien souvent d’un mélange de matériaux.

 

Sous des cieux peu cléments aux intempéries marquées, optez pour des matières plus “résistantes”, des composés ligneux…

 

Les feuilles mortes – que vous aurez préalablement hachées au broyeur ou avec la tondeuse, seront bien isolantes mais peu nourricières. Vous leur apporterez alors en complément un amendement de type fumier peu fermenté ou compost pas trop mûr qui diffuseront lentement des éléments nutritifs.

 

Le BRF – bois raméal fragmenté – est un broyat de jeunes rameaux donc de bois vert plein de nutriment. En plus d’être couvrant et isolant, il produit, en se décomposant, une grande quantité d’un humus bien équilibré.

Malheureusement difficile à produire soi-même en grand volume et plutôt coûteux à l’achat, le BRF est à réserver aux petites parcelles ou à des cultures et futures cultures exigeantes (jeunes fruitiers, légumes-fruits, etc.) ou pour dynamiser une année sur deux ou trois, des parcelles très sollicitées ou fatiguées. Il s’incorpore à la couche superficielle pour optimiser ses qualités fertilisantes et on l’associe à un déchet vert pour contrebalancer sa consommation d’azote.

En associant également avec des déchets verts, la paille reste un matériau populaire et commun. Couvrante, résistante, peu coûteuse, facile à manipuler, elle est un très bon isolant mais reste peu nutritive et peut présenter des résidus de fongicides – préoccupant lorsque l’on parle de potager – si elle n’est pas issue d’une culture bio. Vous pourrez lui préférer pour cette dernière raison un paillis végétal du commerce de type lin, chanvre ou miscanthus qui restent à réserver à des zones peu ventées et raisonnablement pluvieuses tant ces matériaux sont légers.

 

Préférez le foin. Ce matériau est en effet obtenu en coupant l’herbe de prairie et de pâtures. À ce titre, il comporte deux avantages. Étant destiné à l’alimentation des troupeaux, il n’est généralement pas traité. De plus, étant coupée verte, l’herbe et donc le foin renferment un grand nombre de nutriments. Il est à installer en couche très épaisse. En plus d’asphyxier les adventices, il retiendra l’eau, apportera un peu de chaleur et décomposera la matière organique de manière efficace grâce à un équilibre carbone/azote excellent.

On citera bien sûr les toiles et films de paillage. Il en existe en plusieurs matières et dimensions. Pratiques, faciles à poser, elles empêchent la pousse des mauvaises herbes et réchauffent le sol. Elles s’appliquent sur une parcelle vide ou au pied des cultures. Elles restent peu esthétiques et ne présentent aucun avantage nutritionnel. Si cette solution vous tente, préférez les toiles de paillage biodégradables. Elles ne durent qu’une saison, mais restent bien plus écologiques.

 

Une dernière solution : le semis d’engrais vert. Il s’agit là ni d’utiliser une parcelle libre comme zone de compostage ni de pailler un espace, mais de semer un végétal qui protègera le sol en période de culture, décompactera celui-ci grâce à ses racines puis lui apportera de l’humus en étant enfoui par vos soins dans le sol et en se décomposant.

Chaque engrais vert propose des apports différents. Vous le choisirez donc en fonction des besoins de votre sol et des cultures envisagées. S’agissant de l’hiver, vous préfèrerez également une espèce non gélive comme le lupin, la luzerne ou encore le trèfle.

Notre sélection

Graines de Luzerne

Caillard

8,50 €

Paillis miscanthus 50l

Jardiland

9,95 €

Paillis de lin 50l

Jardiland

9,95 €

Paillis de chanvre 50L

Jardiland

9,95 €

Ryobi - Broyeur 3000W RSH3045U - L.67 x l.62 x H.57 cm

Ryobi

299,95 €

Toile de paillage naturel Box Chanvrelin 500 - 0,75 x 5 m

Nortène

25,95 €

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