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Lutter contre les pucerons

Lutter contre les pucerons

On ne les aime pas ces pucerons, et même souvent on les déteste. Il est vrai qu’ils forment de vraies gaines autour des boutons de rosiers, envahissent les fèves et les artichauts, nichent dans les feuilles recroquevillées et/ou boursouflées des cerisiers… Mais voyons comment les gérer au jardin, et ce, en 4 étapes.

Étape 1 : (Re)connaître les pucerons

Inutile de présenter les pucerons : tout le monde sait reconnaître ces insectes piqueurs-suceurs. Pucerons verts, bruns, noirs, cendrés… ils affichent différentes couleurs, mais se ressemblent tous. Mais saviez-vous qu’ils se déclinent en plusieurs dizaines d’espèces ?

Et qu’à l’exception de certaines d’entre elles qui sont polyphages (notamment le puceron noir de la fève, Aphis fabae, que l’on trouve sur cette dernière, mais aussi sur l’artichaut, l’épinard, les haricots…), chacune est souvent inféodée à une seule catégorie de plante ? Ainsi, le puceron rosé que l’on voit sur les rosiers, Macrosiphon rosae, n’ira jamais sur le cerisier qui accueille un puceron noir qui lui est spécifique : Myzus cerasi, etc.

Les pucerons ont un cycle de vie très original. Au printemps, les œufs hivernant éclosent fournissant des femelles pucerons dites fondatrices. Elles se reproduisent par parthénogenèse, c’est-à-dire sans fécondation. Elles donnent ainsi naissance à des femelles qui se multiplient sans pucerons mâles. Six à douze générations se succèdent ainsi. Les individus sexués apparaissent à l’automne dont les œufs permettront à l’insecte d’hiverner.

Étape 2 : Convoquer les prédateurs des pucerons

Les colonies de pucerons sont limitées par divers prédateurs et parasites. La coccinelle bien sûr, mais aussi des dizaines d’autres insectes et animaux (et même par un champignon). Voici le portrait des plus connus d’entre eux…

Les coccinelles

On ne présente plus cette « bête à bon Dieu », mais on reconnaît parfois plus difficilement sa larve, sorte de petit crocodile noir dont le dos est hérissé de piquants plus ou saillants et de taches oranges. Plus efficaces encore que les adultes, ces larves de coccinelle peuvent manger chacune plus de 2 000 pucerons durant leur développement.

Les coccinelles sortent d’hibernation dès que les températures extérieures s’élèvent à 12-15 °C. Les pucerons sont alors peu présents dans le jardin et ces coléoptères doivent rechercher d’autres proies. Les femelles commencent à pondre en avril-mai : elles déposent chacune des paquets de 500 à 1 000 petits œufs jaunes au milieu des pucerons. Ceux-ci feront le régal des larves dès leur éclosion. Plusieurs générations de coccinelles se succèdent jusqu’en automne où les jeunes adultes se rassemblent pour hiberner dans des abris divers : anfractuosités du sol ou des écorces, litières et bien sûr les rebords des fenêtres et autres recoins de la maison.

Le saviez-vous ? Outre que celle-ci est très difficile à reconnaître (il existe de nombreuses espèces de affichant diverses couleurs et nombre de points différents), la coccinelle asiatique est avant tout une coccinelle. Il y a plus de 20 ans, les coccinelles asiatiques ont malheureusement été introduites en Europe. Une catastrophe, car l’espèce s’est avérée invasive parce qu’elle se développait très vite et qu’elle n’avait pas de prédateurs, elle risquait de faire dangereusement baisser les populations de coccinelles européennes. Pas en les mangeant (toutes les espèces peuvent potentiellement se dévorer entre elles quand elles n’ont pas assez à manger et encore : ce n’est qu’une observation en laboratoire), mais en prenant trop de place. Mais aujourd’hui, les spécialistes ne s’inquiètent plus : Harmonia, la coccinelle asiatique (dite encore « coccinelle arlequin ») n’est plus considérée comme invasive. Elles sont limitées par des prédateurs et cohabitent parfaitement avec les espèces européennes dont elles n’ont finalement pas fait baisser les populations.

Les syrphes

Il s’agit de petites mouches qui prennent l’aspect de guêpes avec leur abdomen rayé de jaune et de noir. Vous les reconnaîtrez à leur vol stationnaire (le mouvement de leur aile est extrêmement rapide) au-dessus des fleurs que les adultes butinent. On les rencontre de mars à octobre, mais vous les observerez en grand nombre en juin-juillet.

Les femelles pondent des œufs blancs, allongés, en les collant par petits paquets sur les feuilles où sont installés des pucerons. Les larves se mettent en chasse immédiatement écloses et font un véritable carnage, car elles tuent plus de pucerons qu’elles n’en consomment : jusqu’à 700 pucerons durant leur stade de développement.

Comment favoriser leur présence ? Offrez-leur des fleurs et plus particulièrement celles de la famille des Apiacées (carotte, pais, coriandre…). Leurs larges ombelles plates servent de piste d’atterrissage aux syrphes qui viennent butiner le nectar. Or, plus les femelles ont une source de nourriture riche, plus les pontes sont importantes.

Les chrysopes

On reconnaît cet insecte à ses longues ailes nervurées, disposées en toit et d’un vert irisé. Il possède de longues antennes et des yeux jaunes saillants qui lui ont valu le surnom de « demoiselle aux yeux d’or ». Sa larve est quant à elle appelée « lion des pucerons ». C’est dire leur voracité. En effet, durant son développement, une larve de chrysope peut consommer jusqu’à 500 pucerons (et 10 000 acariens, des aleurodes, des larves de cochenilles…)

Comment favoriser leur présence ? Les chrysopes subissent une grande mortalité durant leur hivernage. Vous pouvez leur confectionner des abris simples : remplissez des bidons de 5 l de paille de bois (qui sert à l’emballage des produits fragiles) et placez-les dans un arbre en automne. Les femelles des chrysopes se réveillent dès la fin de l’hiver pour pondre.

Hypothèse à confirmer : il semblerait que lorsqu’une plante est attaquée par des pucerons, elle émette parfois une substance, une allomone, qui attirerait les parasites des pucerons.

Étape 3 : Utiliser les plantes « anti-pucerons »

Mais pas forcément comme vous pourriez le penser. En effet, et c’est bien dommage, il n’existe pas vraiment de plantes « anti-pucerons ». Les basilics, menthes, citronnelles, tanaisies et autres végétaux aromatiques dont l’odeur est censée les faire fuir ? Les pucerons se moquent de ces parfums. Ils n’ont pas notre odorat et ce sens ne joue pas du tout le même rôle chez les insectes que chez les humains. Bien que l’idée soit séduisante, il faut abandonner l’idée que des plantes soient des barrières contre les pucerons. En revanche, certaines sont fort utiles pour limiter leurs populations.

À rechercher : les « plantes-banques ». De quoi s’agit-il ? De plantes hôtes pour les auxiliaires. Orties, sureau, seringat, absinthe… certains végétaux se couvrent presque entièrement de pucerons. Et n’en souffrent absolument pas puisque, vivaces, ils continuent leur croissance, floraison et fructification comme si de rien n’était. Mais en accueillant ainsi une grande quantité de pucerons, ils deviennent de vrais et riches garde-mangers pour les coccinelles, syrphes et autres auxiliaires. Ceux-ci se repaissent sur ces plantes-banques puis vont s’attaquer aux colonies de pucerons qui vont visiter les plantes cultivées.

Et la capucine ? Installée au pied des rosiers, des cerisiers et des autres plantes, elle est censée détourner l’attention des pucerons de ces dernières en les attirant. Mais la capucine n’accueille qu’une espèce, le puceron noir de la fève. Les pucerons verts du pêcher, cendrés du pommier, jaunes du groseillier… ne manifestent aucun intérêt pour cette fleur. La capucine n’en est pas moins intéressante dans le jardin naturel puisque c’est une très bonne plante banque.

Étape 4 : Et pourquoi pas… les tolérer !

En permaculture, on essaie d’appliquer le principe « ne pas lutter contre la nature, mais faire avec ». La gestion des pucerons au jardin en est une bonne illustration. Car il est tout à fait possible d’accepter ces insectes sans intervenir. Voici quelques arguments pour tenter de vous convaincre de changer de regard sur ces pucerons honnis…

1– Les pucerons ne font pas de (vrais) dégâts

Difficile à croire lorsque l’on observe leur quantité. Et c’est vrai qu’ils entraînent parfois des crispations des feuilles qui donnent une drôle d’allure aux plantes. Mais ils piquent et sucent un tout petit peu de sève, une infime quantité face à la production totale de la plante. Contrairement à ce qu’il s’écrit et se dit, une plante n’est pas affaiblie par la présence des pucerons. Lorsque ceux-ci ont fini leur cycle de vie et s’éloignent de leur végétal hôte, celui-ci poursuit sa croissance comme si de rien n’était. Les bourgeons de rose pourtant gainés de pucerons s’épanouissent sans soucis, les cerisiers fructifient normalement, les pieds d’artichaut continuent à prospérer…

Quels sont les autres reproches que l’on fait aux pucerons ? Sur leur miellat peut se développer un champignon noir et poudreux, la fumagine. C’est rare. Il faut pour cela qu’il y ait une attaque exceptionnelle et qu’aucun amateur de miellat (les fourmis entre autres, mais parfois aussi les abeilles) ne soit venu le déguster. Les pucerons transmettent des virus et autres maladies. Cela peut être le cas dans des vergers, sous des serres maraîchères, bref dans des cultures intensives… mais pas dans des jardins amateurs.

2– Fourmis et pucerons à la rescousse des plantes

Les fourmis élèvent les pucerons pour consommer leur miellat (elles les défendent et peuvent même les déplacer d’une plante à l’autre). On en déduit généralement que, pour lutter contre les pucerons, il faut donc lutter contre les fourmis. Et si nous portions un regard différent sur cette drôle de relation entre les deux insectes ?

De nombreux arbres fruitiers (notamment les cerisiers, pêchers, pruniers) sont des arbres dits myrmécophytes : ils établissent une symbiose avec les fourmis. Ils ont en effet à l’aisselle de chaque feuille, de petites glandes qui émettent du suc, des nectaires. Et cela, pour attirer les fourmis. Pourquoi ? Parce que ces insectes se nourrissent de sucres, mais ils ont aussi besoin de protéines. Les fourmis les trouvent en attaquant les vers et autres parasites de l’arbre fruitier. Les fourmis sont les mercenaires des pruniers, pêchers…

Mais exsuder des glucides représente une certaine consommation d’énergie. On peut considérer qu’en fournissant un petit peu de sève aux pucerons qui excrètent leur miellat (car le sucre n’est pour eux qu’un déchet) le végétal économise cette énergie. La transformation de sève en miellat ne se fait alors plus via les nectaires de l’arbre, mais via les pucerons.

Des pucerons payés avec un peu de sève pour servir de cantinières aux fourmis qui sont les mercenaires des arbres. Voilà un joli exemple de mutualisme.

3– Des pucerons régulateurs et messagers

On le sait : une alimentation déséquilibrée de la plante, notamment avec un excès d’azote, favorise la prolifération de pucerons. Elle peut être causée par des évènements météorologiques et environnementaux (des pluies de printemps orageuses, certaines pollutions atmosphériques…) ou bien par un excès de fertilisation azotée : un apport trop important de fumier, de guano, etc.

Une plante est affaiblie par une très forte attaque de pucerons ? Nous vous proposons d’inverser votre regard : les pucerons prolifèrent sur des plantes déjà affaiblies. Ce sont donc des messagers : peut-être que les végétaux ont été trop fertilisés.

Une hypothèse se fait actuellement jour : en captant l’excès de sucre de la sève, les pucerons rééquilibreraient la composition nutritionnelle de la plante. Et si finalement les pucerons étaient fort utiles au jardinier ?

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