Comment créer un jardin sec ?

Comment créer un jardin sec ?

En matière d’aménagement extérieur, le jardin sec c’est un peu le tiercé gagnant : économique/écologique/pratique ! Des plantes économes en eau, peu d’entretien, une adaptabilité optimale… En faisant ce choix paysager, vous répondez à des problématiques environnementales et financières évidentes, et ce sans sacrifier à l’esthétisme tant les possibilités végétales et minérales sont nombreuses et enthousiasmantes. Suivez le guide !

Les caractéristiques du jardin sec

Le principe premier du jardin sec est son faible besoin en eau. Il s’articule autour de la présence de matières minérales et de plantes xérophytes c’est-à-dire particulièrement adaptées aux milieux arides.

 

Son impact écologique et économique est multiple. Le besoin d’eau donc est minimal : 1 fois par semaine voire toutes les 2 semaines la première année, puis seulement en cas de flétrissement persistant une fois l’enracinement bien établi.  Cette rareté de l’arrosage entraîne une baisse générale des intrants. Les végétaux appropriés nécessitent en effet moins de fertilisants. Par ailleurs, la sécheresse du sol entraîne la réduction du risque de maladies cryptogamiques – la survenue de champignons souvent provoquée par l’excès d’arrosage ou la présence d’eau stagnante – et donc la réduction de traitements. De même, le recours au désherbant sera inutile. Au final, moins de pollution, moins de dépenses et que de temps gagné !

D’un point de vue paysager, outre la diversité des mises en scène et des styles possibles, le jardin sec s’avèrera un perpétuel allié esthétique. L’impression de verdure persiste tout au long de l’année, les possibilités graphiques sont infinies, les floraisons souvent spectaculaires. Pour le plaisir des yeux mais également pour le plus grand bonheur des insectes butineurs et pollinisateurs.

Quelques pré-requis

Le bassin méditerranéen a longtemps été la terre d’accueil privilégié du jardin sec. Mais bien des régions peuvent en réalité lui convenir. Dans tous les cas, il est important de suivre quelques règles de base :

– la nature du sol en premier lieu. S’il est sableux ou caillouteux, il sera un terrain d’implantation idéal. Si, en revanche, celui-ci est humide, vous devrez impérativement faire un apport en matériaux drainants comme du sable de rivière et du gravier ; le paillage minéral sera également une solution complémentaire.

– un emplacement bien ensoleillé, pas de zone d’ombre persistante, un désherbage appliqué en amont, la pose d’un géotextile si l’apport de gravier est considérable afin de limiter le retour des mauvaises herbes.

– une installation de préférence en automne. L’implantation des plantes s’en verra grandement favorisée. Le terrain encore chaud permettra un meilleur enracinement. Les pluies favoriseront un meilleur épanouissement au printemps suivant.

Les différents types de jardins secs

Issue de traditions ancestrales diverses, de contrées plus ou moins lointaines ou d’impératifs environnementaux plus récents, cette forme de paysagisme se décline en plusieurs grands styles.

 

Pour l’éveil des sens, le jardin sec méditerranéen. Odorant et coloré, il puise son essence dans l’équilibre des végétaux choisis – aromatiques, vivaces xérophytes, arbrisseaux fleuris, arbres emblématiques. L’ensemble, bien structuré, s’articule autour de quelques zones caillouteuses, rocailles et autres murs de pierre.

 

Pour la contemplation et la méditation, le jardin minéral japonais. Il nous vient d’Asie, d’une philosophie bouddhiste et d’un impératif d’harmonie entre la nature et l’humain. Il suit des principes esthétiques très établis : de l’asymétrie, des courbes, des pierres, du sable, du gravier, des mousses, des plantes basses, graphiques et des incontournables – bambou, conifère, érable…

Pour un dépaysement graphique exotique, le jardin désertique et son hommage appuyé aux grandes étendues de l’Ouest américain. Il est composé essentiellement de pierres, de sable et d’Agavoideae, Cactaceae et autres succulentes. Et contrairement aux idées reçues, il pourra proposer des sélections végétales aux floraisons spectaculaires, qui ajouteront encore à l’impression de chaleur et de lumière.

 

Pour une liberté de ton, le jardin de gravier contemporain. Librement inspiré des traditionnels Gravel Gardens britanniques, le gravier est ici bien plus qu’un habillage de circonstance ; il devient un élément de décor à part entière, bien visible et mis en scène. Le jardin accueille une sélection végétale bien sûr peu gourmande en eau mais également propre au climat et à l’esthétique du territoire. Et il propose des aménagements très raccord avec le style et le mode de vie des propriétaires.

Quelles plantes pour un jardin sec ?

Souvent exceptionnellement beaux, parfois très graphiques, toujours peu exigeants, les végétaux adaptés aux situations arides et aux sols pauvres sont nombreux. Ici classés par style de jardin, quelques incontournables.

 

Pour un jardin sec méditerranéen

Des succulentes : quelques Crassulacées et leur choux déclinés à l’infini. Choisissez une Echeveria ‘Cerise’ pour l’originalité de son feuillage rougeoyant ; une coriace joubarbe (Sempervivum) et ses fleurs étoilées ;  des Sedum comme l’orpin brûlant ou le ‘spathul cape blanco’ qui composeront un couvre-sol très dense ; l’arbustive Aeonium arboretum également appelé chou en arbre et ses potentiels 2 m de hauteur ; la Carpobrotus, dite griffe de sorcière, une ficoïde proposant une floraison fuschia ultra-généreuse. Enfin, un agave, bien sûr, pour sa silhouette graphique : choisissez ‘havardiana’ par exemple, le plus rustique d’entre tous !

Des aromatiques : les délicieux thym, romarin, sarriette, origan, sauge ou laurier-sauce, l’emblématique lavande, l’étonnante ciste marine et ses effluves de fenouil.

 

Des arbres emblématiques : l’olivier, son tronc noueux et son beau feuillage argenté persistant ; l’antique figuier et ses grandes feuilles coriaces ; le cyprès de Florence, grand conifère au port colonnaire bien étroit qui marquera les entrées avec élégance ; un palmier bien sûr à choisir parmi les espèces les plus rustiques comme Trachicarpus fortunei, le palmier chanvre .

Si vous avez de l’espace, osez le pin parasol, sa silhouette bien distinctive et ses dimensions généreuses avec à maturité une hauteur de 20 m pour une dizaine de mètres d’envergure !

 

Pour un jardin minéral japonais

Implantez quelques grands sujets, des symboles : un bambou comme ‘Distichus’ qui supporte la sècheresse, un conifère formé en nuage de type if ou pin, cyprès ou Juniperus, un feuillus comme les incontournables érables du Japon et leur incomparable feuillage.

 

Des plantes graphiques comme les fougères ; optez pour les plus économes en eau : Cheilanthes tomentosa ou encore Asplenium trichomanes, une petite Capillaire des murailles. Les Eryngiums bien sûr, chardons ornementaux à la silhouette bleue, élancée et épineuse.

Des mousses qui viendront souligner un cheminement ou tapisser par touche un espace très minéral.

 

Des plantes basses, de préférence argentées comme la Santolina chamaecyparissus et son feuillage ciselé délicatement odorant mais également des thyms ou des origans.

 

Des graminées xérophytes comme les stipas et en particulier Stipa tenuifolia et ses graciles cheveux d’ange ; dans la grande famille des Festuca, préférez la fétuque bleue pour sa résistance et son étonnante couleur ; parmi les herbes aux écouvillons, optez pour Pennisetum alopecuroïdes ‘Moudry’, et sa souche compacte très structurante.

Pour un jardin désertique

Des cactus à profusion. Le très design Opuntia egelmannii ‘Linguiformis’ et ses incomparables “feuilles raquettes”, longues et étroites, chapeautées de beaux fruits couleur figue.

Toujours dans la même famille, le Cylindropuntia imbricata. Ces raquettes cylindriques se couvrent d’épines blanches et proposent, en fin de printemps, une floraison fuchsia délicate.

Bien évidemment, en sujet unique ou mieux encore, en grand groupe, le Coussin de belle-mère ou cactus oursin, belle boule recouverte d’épines dorées.

 

Des palmiers au premier rang desquels le très décoratif palmier bleu du Mexique (Brahea armata).

Des yuccas, que ce soit sous la forme plante vivace ou arbustive. Si vous avez de l’espace, osez l’arbre de Josué, très emblématique des déserts américains, Yucca brevifolia est doté d’un beau tronc imposant dont les ramifications s’ornent de touffes de feuilles acérées ; il dépasse aisément les 10 m. Pour les versions acaules (sans tronc), choisissez le Yucca filamentosa à feuilles filamenteuses ou un Yucca flaccida ‘Golden Sword’ au feuillage très panaché.

 

Des agaves bien sûr. Du classique Americana variegata et sa silhouette panachée monumentale à l’original agave à cou de cygne et ses rosettes de feuilles vert pâle légèrement argenté surplombant de courtes tiges épaisses, en passant par le très esthétique agave Blue Glow aux feuilles bleu vert bordées d’un liseré rouge.

 

Et enfin, en habillage de sol, découvrez l’azorelle, commune dans les déserts andins, qui formera un coussin très dense, résistant, persistant, parsemé en été de petites fleurs jaunes.

Gravier, sable, galets, cailloux, paillis : choix et installation du minéral dans un jardin sec

Une fois le lieu de développement de votre jardin sec défini, l’espace bien désherbé et le feutre ou géotextile posé, les trous de plantation prévus et les sujets végétaux installés, au moins pour les plus fragiles, vous êtes fin prêts à poser le couvre-sol minéral.

Pour de multiples raisons (économie locale, cohérence paysagère, considération écologique), le minéral commun local est fortement conseillé.

Parmi les choix récurrents, on citera…

 

Les graviers et les gravillons roulés ou concassés. Ce matériau se déposera en couche d’au moins 5 cm, en lieu et place d’un gazon, en délimitation d’espace aux côtés d’autres minéraux, comme paillage ou encore comme unique couverture de sol. Choisissez-le assez fin (les versions plus épaisses étant généralement dédiées aux allées carrossables) et plutôt clair.

De quartz, de marbre ou de granit, il existe en plusieurs teintes, des camaïeux de beige ou de gris, des bruns de type graviers de rivière ou encore des graviers noir, rose, bleu ou vert.

Tout sera affaire de goût mais les tons neutres sont recommandés pour les grands volumes tout en évitant le blanc, pénible pour les yeux par temps très ensoleillé !

Les galets roulés ou polis. Ils sont généralement de silice, de marbre ou encore de rivières. On le choisit blanc cassé, gris plus ou moins foncé jusqu’au noir, beige mais également veiné. Placés en délimitation d’espace, au pied d’un arbre ou mis en scène façon Feng-Shui, ils seront en plus utiles dans les régions les moins douces en protégeant le sol du froid. Quant à la version galets de basalte, elle présente un double avantage, son esthétisme avec son allure de roche volcanique sombre et sa forte propension à protéger les plantes en cas de très fortes chaleurs puisque le basalte refroidit très rapidement !

 

Le sable. Très utilisé dans les jardins japonais où il représente l’Eau, le sable y est agrémenté de motifs dessinés au râteau. Dans ce contexte, il est souvent très clair, voire blanc, et fin. On trouvera également dans le commerce des alternatives ocre, rosé ou grise, des sables lavés et stabilisés, plus ou moins fins, de marbre, de schiste ou de basalte

Les paillis minéraux qui outre leur esthétisme souvent hors pair apportent au jardin d’autres qualités. L’ardoise et le schiste, par exemple, en plus d’être dotée d’un look très contemporain, est très riche en oxyde ferreux ; elle servira ainsi avantageusement certaines plantes.

La pouzzolane et les billes d’argile, toutes deux championnes de la rétention d’eau viendront quant à elles à l’aide des végétaux un peu moins résistants à la sécheresse. On appréciera également le fait que de par leur structure, ces paillis compliqueront sérieusement l’accès à un certain nombre d’indésirables, en particulier les gastéropodes !

 

Conseil Jardiland : Pour un look impeccable, surveillez l’apparition des mauvaises herbes – largement freinée par la mise en place d’un géotextile en amont. Nettoyez les plantes souvent pour que les salissures, végétaux fanés et autres déchets ne viennent encombrer les habillages minéraux. Renouvelez les paillis si leur niveau n’est pas suffisant. Enfin ratissez régulièrement les surfaces.

Enfin, pour renforcer encore l’impression minérale, vous pouvez avoir recours à d’autres éléments d’aménagement et de décoration.

 

Les gabions par exemple, des casiers en fils de fer tressés que vous remplirez des pierres et cailloux de votre choix. Ils pourront s’aligner ou s’empiler pour composer murets et bordures.

 

Pierres et roches naturelles de beau volume vous permettront de composer de belles rocailles en volume prêtes à accueillir vos vivaces et couvre-sols.

 

Pour vos délimitations d’allées, vos bordures de massifs et vos tours d’arbre, le pavé sera une solution simple à mettre en œuvre et élégante. Quant au pas japonais, il sera une belle alternative à l’allée classique.

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